La France et l’Allemagne vacillent ; Draghi va devoir bouger

La France et l’Allemagne vacillent ; Draghi va devoir bouger

Article de James Titcomb, du Telegraph :

La zone euro ouvre la porte à un QE alors que la France et l’Allemagne vacillent

Les économistes s’attendent à une action plus radicale de la BCE alors que les locomatives de la zone euro patinent

La zone euro se rapproche du moment où elle devra adopter des mesures plus radicales afin d’éviter une seconde récession et une spirale de déflation après que ses 2 plus grosses économies se soient enfoncés davantage dans les difficultés.

Le double choc du remaniement gouvernemental en France et des statistiques économiques moins bonnes que prévues en Allemagne ont renforcé le malaise européen, où le chômage reste obstinément élevé et où la croissance est au point mort.

Et paradoxalement, cette situation a permis aux marchés européens de grimper et aux taux obligataires de baisser alors que Mario Draghi indiquait qu’il pourrait s’engager dans un programme important d’achats d’actifs et baisser à nouveau les taux d’intérêt.

L’indicateur allemand IFO, le baromètre du climat économique tel que perçu par les entreprises, qui a commencé sur une base 100 en 2005, s’élevait à 106,3 en août. Mis à part les 106,2 de juillet 2013, il s’agit du chiffre le plus bas depuis 2010, alors que la crise ukrainienne continue de peser sur la locomotive économique européenne.

Les incertitudes planent encore plus sur la France depuis que les critiques de l’austérité d’Arnaud Montebourg ont forcé le président Hollande à demander à son premier ministre Manuel Valls de former un nouveau gouvernement. Le remaniement, provoqué par Montebourg qui a mené la révolte contre ce qu’il a qualifié « l’orthodoxie la plus extrême de la droite allemande », devrait déboucher sur un gouvernement plus conservateur en ce qui concerne le budget, mais celui-ci aura-t-il le soutien du Parlement ?

L’accumulation des mauvaises nouvelles ne fait que renforcer les commentaires émis par Draghi vendredi, lorsqu’il a suggéré que la situation était désormais peut-être mûre pour que la BCE s’engage, à l’instar de la Fed et de la Bank of England, dans un QE.

La zone euro ne cesse de se diriger lentement mais sûrement vers la déflation, les prix n’ayant augmenté que de 0,4 % en juillet, attisant les craintes de stagnation économique, d’une décennie perdue à la japonaise.

Dans le discours qu’il a donné à Jackson Hole vendredi soir, Draghi a reconnu que même les prévisions à long terme d’inflation sont désormais en dessous des objectifs de la BCE (2 %). Il a déclaré que la banque centrale utiliserait « tous les instruments disponibles et nécessaires pour assurer la stabilité des prix à moyen terme. »

Il s’agit d’un gros changement par rapport à ses déclarations précédentes, lorsqu’il disait que les prévisions d’inflation étaient « fermement ancrées » autour ou au-dessus des 2 %.

Après avoir entendu ces nouvelles, les marchés obligataires ont baissé, tandis que les marchés actions ont augmenté, anticipant l’arrivée d’argent frais dans le circuit. (…) »