Comme se plaît à le répéter Olivier Delamarche, un peu moins de 70 % du PIB des États-Unis dépend de la consommation des ménages. Or, une nouvelle étude de l’Urban Institute vient de révéler une information choquante : environ 77 millions d’Américains font l’objet d’une procédure de recouvrement de créance. D’où viendra alors la croissance ?

Même ZeroHedge, qui affirme depuis des années que les Américains vivent au-dessus de leurs moyens et ne maintiennent leur niveau de vie d’antan qu’en grande partie grâce au crédit, a été surpris par l’étendue du problème.

77 millions, cela correspond à 35 % des consommateurs américains qui ont un dossier dans une institution de crédit, d’après l’étude publiée par L’Urban Institute et Encore Capital Group’s Consumer Credit Research Institute le 29 juillet 2014. Caroline Ratcliffe, auteure du rapport, a été littéralement abasourdie par ce qu’elle a découvert, précisant au Washington Post « que la tendance se retrouve quasi partout ».

Extrait de l’article :

« Le rapport a analysé les données 2013 de Transunion afin de déterminer combien d’Américains sont en retard sur leurs factures. Il a analysé le nombre de payements en retard de tout ce qui ne concerne pas les crédits hypothécaires, que ce soient les factures de cartes de crédit, les pensions alimentaires ou les factures d’hôpital, et qui ont entraîné la fermeture du compte et une procédure de recouvrement. L’étude s’est basée sur un échantillon de 7 millions de consommateurs tirés au sort. »

Il faut préciser que certaines procédures ont été engagées pour des montants de moins de 25 $, ce qui signifie qu’il s’agit probablement plus de litiges que d’incapacité de payer. Cependant, 90 % de ces dossiers sont supérieurs à 125 $, tandis que la somme due moyenne est tout de même de 1350 $, ce qui n’est pas rien.

Dans certains états, le pourcentage du nombre d’emprunteurs sous le coup d’une procédure de recouvrement est supérieur à de 40 %. L’Urban Institute estime que le coupable de la situation est la stagnation des revenus.

De quoi tordre une nouvelle fois le coup au mythe du retour de la croissance, le peu obtenu l’ayant été uniquement via la dette.