Argent : si vous pensez que les primes actuelles sont élevées, attendez...

Argent : si vous pensez que les primes actuelles sont élevées, attendez la suite selon Holter

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Article de Bill Holter publié sur JSMineSet.com (Jim Sinclair) le 4 septembre 2015 : 

Durant ces dernières semaines, les primes sur l’argent ont explosé. En général, des primes de 10 à 25 % semblent la norme tandis que les délais de livraison s’étalent de 2 à 6 semaines. Nous avons parlé de la dichotomie des « ventes » dans la panique et la pénurie qui se manifestent simultanément. Dans un marché libre, c’est impossible.

Aujourd’hui, je voudrais vous faire réfléchir à la situation pour voir au-delà. S’il y a aujourd’hui des primes importantes dans un marché en déclin, que se passera-t-il dans un marché qui a le vent en poupe ?

Si nous examinons le mouvement de 1980 lorsque l’argent a grimpé jusqu’à 50 $ l’once, quel était le contexte ? Il y avait des stocks d’argent bien supérieurs (le projet Manhattan continuait de fournir du métal) tandis que les utilisations du métal étaient bien moindres qu’aujourd’hui. La dette de l’époque, la masse monétaire, le public ayant les moyens d’acheter de l’argent étaient inférieurs à aujourd’hui. Maintenant la dette et la masse monétaire ont peut-être augmenté de 10 fois tandis que le nombre de personnes ayant les moyens d’acheter de l’argent à travers le monde a au moins doublé, peut-être triplé.

Des primes si élevées pour le métal physique sont-elles la conséquence d’un cours bas ? La réponse est oui et non. La prime est la conséquence d’une demande réelle supérieure à l’offre réelle. Les primes auraient augmenté en raison de l’écart entre l’offre et la demande qui grandit, poussant les vendeurs à être de moins en moins enclins à se séparer de leur métal alors que le prix se rapproche de zéro.

Cela dit, que se passerait-il avec ces primes si les mêmes dynamiques de demande avaient lieu tandis que le cours augmente au lieu de baisser ? Dans un marché haussier, les acheteurs paieront une prime à cause de la peur. Cette peur ne sera pas uniquement le fruit de l’effondrement de la valeur des autres actifs. Elle découlera aussi du fait que ceux qui possèdent de l’argent papier ne veulent pas se retrouver coincés avec des billets ayant perdu toute valeur. Le revers de la médaille, l’offre, sera également une source de peur. La peur qu’aucune offre en métal ne soit disponible (ce qui arrivera) ce qui signifie aucune échappatoire.

Nous assisterons très bientôt à l’émergence de nouveaux régimes de devises et même de nouvelles devises pour remplacer les anciennes, fatiguées. Toute nouvelle devise doit avoir la confiance du public pour être acceptée. Pour moi, le meilleur test de cette confiance consiste à voir si les détenteurs d’or et d’argent seront prêts à céder leur métal en échange de cette devise papier.

Il se peut que vous soyez choqué par ces primes de 25 % sur l’argent, mais vous ne devriez pas l’être. Vous devriez plutôt vous demander : « combien vaut l’argent » ? Est-ce le cours affiché par le COMEX et le LBMA ou le prix final que vous devez payer pour acquérir le métal ? Vous pourriez dire par erreur qu’il s’agit du « cours papier ». Mais dans un future proche vous n’aurez plus aucun doute quant à ce sujet. Dans cet exercice, les requins (Goldman) se dévorent entre eux. Sur le marché de l’argent, les petits poissons ont disparu tandis que même certains requins ont été éliminés.

Le jour où ceux qui possèdent de l’argent physique choisiront de ne plus vendre est proche. Ce sont alors ceux qui possèdent le métal qui détermineront son prix. Et à ce moment-là, on ne parlera plus de « prime sur le métal physique » mais de « réduction sur le papier ». »