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Les réserves des banques centrales du monde ont baissé, passant de 12,032 trillions de dollars, leur pic du 2 août 2014, à 10,814 trillions de dollars le 13 janvier de cette année, selon les statistiques compilées par Bloomberg. Il s’agit d’une baisse d’environ 10,12 %.

déclin des réserves mondiales

Durant ces 29 derniers mois, cette baisse des réserves a eu lieu à hauteur de 42 milliards par mois. À ce rythme, les réserves internationales pourraient décliner d’ici la fin 2017 de 504 milliards de dollars supplémentaires, pour un total de 10,31 trillions. Par rapport au record de 2014, cela correspondrait à un déclin de 14,31 %.

Cependant, le rythme de cette baisse va plus que probablement s’accélérer car le moteur qui a alimenté les réserves internationales depuis 1971, le déficit commercial américain, est au centre des attentions de Monsieur Donald Trump. Celui-ci a exprimé son intention de couper ce moteur en réduisant ou en éliminant le déficit commercial américain, qui alimente les réserves des banques centrales du reste du monde.

La baisse des réserves mondiales est un signe clair de la contraction internationale du crédit

La baisse des réserves mondiales est un signe clair de la contraction internationale du crédit. La conséquence économique, pour un monde qui a été construit sur la promesse de l’expansion sans fin du crédit, sera la liquidation de plus en plus désespérée des investissements des entreprises et des particuliers du reste du monde afin de payer la dette existante en dollars. Cette liquidation sera très compliquée à exécuter en raison de la pénurie grandissante de dollars.

Ludwig von Mises l’avait mis en évidence il y a de nombreuses années : lorsqu’une banque centrale succombe à la tentation de faciliter l’expansion du crédit en baissant les taux, elle ne peut plus faire marche arrière. Elle doit faciliter l’accumulation de dette en baissant encore plus les taux. Ensuite, la vague d’expansion précédente se mue en vague de liquidation générale afin de purger les mauvais investissements générés par l’expansion provoquée artificiellement. Si la banque centrale ne laisse pas le marché fixer les taux, l’expansion du crédit se poursuit jusqu’à ce que les fissures provoquent l’effondrement, qui débouche ensuite sur la liquidation massive de la dette.

Le monde a démarré une orgie d’expansion du crédit en 1971. Les États-Unis, en tant que banquier central principal de la planète (libéré de la restriction de devoir échanger les dollars en or), sont entrés dans une longue période d’expansion du crédit qui a alimenté le monde en dollars, en échange de produits. Grâce à ces flux de dollars, les banques centrales du monde ont pu à leur tour lancer leur propre vague de crédit, qui a débouché sur l’augmentation de la prospérité alimentée par la dette, aux 4 coins de la planète.

Le graphique fait à partir des données de Bloomberg nous dit que la planète a atteint la date du début de la liquidation, à savoir en août 2014.

Le protectionnisme américain va tuer le statut de monnaie de réserve du dollar

Aujourd’hui, Monsieur Trump va définir à quel rythme le reste de la planète, qui souhaite liquider sa dette en dollars, va agir vu qu’il va éteindre le moteur, le déficit commercial américain, qui alimente en dollars les banques centrales du reste du monde.

Je suis donc enclin à penser que 2017 sera une année de chaos économique pour la planète. La contraction du crédit que nous allons vivre se manifestera sous la forme de faillites à tous les niveaux, de la destruction des actifs financiers, de l’effondrement des prix, de chômage massif, de dévaluations à gauche et à droite et, bien entendu, d’instabilité politique mondiale.

Tout le monde aime les gens qui dépensent ostensiblement. L’homme qui dépense sans compter est écouté avec respect, chacun de ses mots est noté. Il est le centre de l’attention d’une grande coterie, tout le monde cherche à lui plaire. Mais lorsqu’il n’a plus d’argent, il se retrouve seul dans le froid. Ses amis sont aux abonnés absents, plus personne ne se soucie de ses avis. Il embarrasse même ses anciens amis.

En rejetant les produits créés par le monde, à l’exception du pétrole, bien entendu, Monsieur Trump se met à dos les amis des États-Unis. (…) En coupant les biens étrangers qui entrent aux États-Unis, ce pays perdra son influence aux quatre coins de la planète. Pourquoi écouter les USA lorsqu’ils ne souhaitent plus acheter vos produits ? Le reste du monde tracera sa propre route, indifférent aux intérêts des États-Unis et à la valeur négligeable de sa culture superficielle.

Le mot-clé est : abandon. Le protectionnisme américain signifie que les États-Unis abandonnent leur rôle de leader du monde ainsi que leur droit d’émettre la monnaie mondiale.

« Je me débrouillais sans toi avant de te connaître — désormais, je me débrouillerai sans toi. »

Article de Hugo Salinas Price, publié le 16 janvier 2017 sur Plata.com.mx

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lingot d'or

« Le dollar a grimpé en flèche après l’élection, tout comme le Dow Jones et le S&P 500. Ce mouvement n’est basé sur aucun facteur fondamental. Ce fut plutôt un petit effet de mode alimenté par la promesse vide de l’espoir. Si l’espoir est une émotion valide pour ceux qui croient à la vie après la mort, l’espoir en l’absence de raisons concrètes peut rapidement se muer en peur, la peur de perdre de l’argent.

Bank of America a publié un sondage, fait auprès de « professionnels » de Wall Street, dans lequel les interrogés ont indiqué que la hausse du dollar est de loin l’investissement le plus encombré. Le Dollar Index a déjà reculé d’environ 3,5 % depuis le 1er janvier. Si l’Index passe en dessous de la barre des 100, l’exode actuel du dollar pourrait rapidement se muer en sauve-qui-peut vers la sortie.

Côté face on retrouve l’or, qui a augmenté de presque 6 % depuis la fin décembre, et l’argent, qui a grimpé de 7,8 % depuis son plus bas de la fin décembre. Les facteurs fondamentaux qui alimentent la hausse de l’or par rapport au dollar est :

  • l’augmentation continue de l’émission d’obligations américaines, qui ont doublé durant les huit dernières années ;
  • la contraction de l’activité économique malgré la pléthore de « fausses nouvelles économiques » ;
  • le déficit du gouvernement qui ne cesse de se creuser, ainsi que le déficit commercial.

La solution rapide, de fortune, que Trump va implémenter sera une politique visant à faire baisser le dollar. Il l’a tweeté pas plus tard qu’aujourd’hui. Le bond de l’or est attribué à ce tweet.

Ce qui alimente vraiment la hausse récente de l’or

Mais minute papillon, vous qui appréciez les « fausses nouvelles ». 50 % de cette hausse de l’or a eu lieu ce lundi, alors que c’était jour férié aux États-Unis, bien avant le tweet de Trump. Les actions minières au Canada ont largement grimpé hier. Cela nous dit qu’il y a d’autres facteurs derrière la hausse de l’or que la simple attente d’une baisse du dollar.

Lael Brainard, un des gouverneurs de la FED, a donné un discours aujourd’hui dans lequel elle a en quelque sorte fait marche arrière par rapport à la menace de la FED de relever quatre fois son taux directeur en 2017. Nous savions que cela allait se produire. L’or va commencer à anticiper la posture plus mesurée de la FED sur sa politique monétaire, qui deviendra probablement officielle à l’occasion de sa prochaine réunion, surtout au vu des chiffres des ventes de détail et de la consommation de décembre qui furent catastrophiques.

Alors que le Dollar Index passe en dessous de 100, les algorithmes des hedge funds passeront de l’achat à la vente de dollars, et de la vente d’or à l’achat. Mais il ne s’agit que de zakouski. L’initiative de démonétisation de Modi n’a pas réussi à entraver les importations d’or en Inde, alors que la Chine et les États-Unis continuent d’engloutir de grandes quantités d’or physique. Ces facteurs permettront de donner de la substance aux actions des hedge funds sur les marchés papier or et argent. »

Interview de Dave Kranzler, ancien collaborateur de Paul Craig Roberts au Trésor américain, publiée le 17 janvier 2017 sur KWN

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brexit

Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

Hier, je vous parlais du Donald, le Trump souverainiste. Certains m’ont encore dit que j’étais trop « pro-Trump », que « Trump » était aussi un traître, qu’il servait le système, que je me trompais.

Je peux évidemment me tromper. Me « trumper » même oserais-je dire pour faire un calembour. Je ne prétends jamais donner LA vérité seule et unique. D’ailleurs, les choses sont infiniment complexes. Essayer de les décortiquer et de les simplifier n’est pas un exercice aisé ni dénué de risques ! M’étant mal fait comprendre, et avant de parler du Brexit qui participe du même mouvement souverainiste à l’œuvre dans le monde, je souhaitais apporter une précision sur Trump.

Évidemment Trump n’est pas un inconnu. Évidemment Trump dispose de soutiens très forts de ce que l’on appelle l’État profond américain. Pas de tout l’État profond d’ailleurs, disons de la frange la plus patriote et la plus… souverainiste ! Non Trump ne sera pas un miracle. Non Trump ne nous sauvera pas. Oui de sa présidence pourra sortir le meilleur comme le pire.

Néanmoins, encore une fois, quel changement de discours ! Quels changements idéologiques. De la toute mondialisation débridée nous passons à la mise au pas de certaines entreprises et c’est une grande première depuis 30 ans ! Trump, donc, ne changera pas le monde en une journée. Il l’a déjà changé ! Car avant, dans ce monde, seul les mondialistes pouvaient s’exprimer. Désormais, les mondialistes sont isolés. Il s’agit essentiellement de Merkel, en Allemagne, prise en étau entre la Russie et les États-Unis. Hollande est insignifiant. Le Royaume-Uni a choisi le même chemin que les USA.

Certains diront que ce n’est que du « marketing », que Trump dit ce que nous voulons entendre, pourtant, Trump veut réformer l’Otan et c’est dur d’y être opposé tant l’Otan a été source de guerres dans les 10 dernières années. Trump ne veut pas des traités de libre-échange ! On ne parle plus du Tafta… Bref, Trump est vraisemblablement une véritable rupture et l’hystérie autour de son élection plaide pour le fait que Trump représente bien la frange souverainiste de l’élite américaine.

Le Brexit est un autre élément essentiel de ce changement rapide idéologique où vous voyez que nous sommes en train de passer du tout mondialisation à la reprise en main par les États de leurs destins… Jusqu’où ira le retour de balancier ? Difficile de le dire. Mais il est indéniable qu’il se passe quelque chose de fondamental, là, maintenant, sous vos yeux.

Marché unique, immigration… : Theresa May dévoile son plan pour le Brexit

« La Première ministre britannique a détaillé sa feuille de route pour la sortie du pays de l’Union européenne. Mais le flou demeure sur la contenance des accords qu’elle souhaite conclure.

Enfin, Theresa May a prouvé qu’elle le peut. Longtemps accusée de rester floue sur le processus menant à une sortie de l’Union européenne, la Première ministre britannique a dévoilé ce mardi ses objectifs tant attendus. Elle met ainsi fin à une incertitude politique qui plaçait la livre britannique sous pression ces derniers mois. »

« Comme pour contrecarrer l’idée largement répandue par les partisans du « Remain » qu’un Brexit signait l’enfermement certain de la perfide Albion. Le mot « global » sera utilisé plus de quinze fois par la Première ministre : « Je veux que nous soyons une Grande-Bretagne globale, la meilleure amie et voisine de nos partenaires européens, mais un pays qui va au-delà des frontières de l’Europe. » (…)

Theresa May persiste désormais, et signe : le Brexit sera un « Hard Brexit ». Près de sept mois après le vote surprise pour une sortie de l’Union européenne, Theresa May annonce dans son plan une sortie du marché unique. « Nous poursuivrons un accord de libre-échange audacieux et ambitieux avec l’Union européenne (…) Mais je veux être claire. Ce que je propose ne peut pas signifier une appartenance au marché unique », a-t-elle déclaré. Au lieu de cela, la Première ministre dit vouloir chercher un accord nouveau et « complet ».

Theresa May dit également vouloir tout refaire concernant l’union douanière, quitte à reprendre un peu ce qui existe déjà : « J’ai un esprit ouvert sur la manière de procéder. Ce n’est pas le moyen qui importe mais la finalité. »

« En tant que secrétaire d’État à l’Intérieur pendant six ans, je sais qu’on ne peut pas contrôler l’immigration globale quand il y a une libre-circulation depuis l’Europe. » La priorité numéro une de Londres sera dès lors la maîtrise de l’immigration européenne qui passe par la fin de ce principe de libre-circulation des travailleurs européens. « Le Royaume-Uni est un pays ouvert et tolérant mais le message du peuple a été très clair : le Brexit doit permettre de contrôler le nombre d’Européens qui viennent au Royaume-Uni. »

Theresa May vient d’exprimer que l’on peut être un pays moderne, ouvert, ne pas être la Corée du Nord, et ne pas plus accepter des hordes migratoires qui ne servent que les intérêts de quelques mondialistes psychopathes qui veulent dissoudre les nations pour leur profit uniquement, et non par humanisme.

Il existe d’autres voies de développement ! Nous avons laissé quelques grands malades nous emmener sur la pire des routes, celle de la confrontation entre les communautés, ce qui n’est évidemment de l’intérêt de personne, ni des « déjà-là », ni des « tout-juste-arrivés ».

Le point d’achoppement essentiel est évidemment ce sujet de l’immigration. C’est un point de cristallisation terrible et c’est en très grande partie la cause du Brexit.

Bref, je pense, au risque de me tromper, que nous sommes à un moment de bascule idéologique fondamental et que notre pays va devoir, dans quelques mois, se positionner aussi pour son avenir. Il sera difficile d’ignorer la direction que prend le monde autour de nous. Comme tout basculement idéologiquement, il s’agit de périodes forcément complexes, difficiles et risquées.

Il est déjà trop tard. Préparez-vous !

Charles SANNAT

Crédit photo : Flikcr

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inégalités

À Davos, les élites se grattent la tête : mais pourquoi diable la populace est-elle mécontente alors que leur télévision leur permet de zapper des centaines de chaînes ? Peut-être par ce que la richesse de 8 milliardaires équivaut à celle possédée par la moitié la plus pauvre de la planète, d’après un nouveau rapport de l’association caritative internationale Oxfam publié ce lundi ? Article de SputnikNews.com, publié le 16 janvier 2017 :

« 8 milliardaires possèdent un patrimoine cumulé équivalant à celui des 3,6 milliards de citoyens les plus pauvres de la planète, d’après un nouveau rapport de l’association caritative internationale Oxfam. Dans un communiqué publié sur le site web de l’organisation, la directrice d’Oxfam international Winnie Byanyima a insisté sur le fait que les salaires des gens ordinaires stagnent alors que les patrons des grandes entreprises augmentent leur patrimoine en contournant la fiscalité.

Oxfam a lancé un appel aux leaders du monde « afin qu’ils remplissent leur rôle dans la construction d’une économie humaine. »

Le report a été publié à l’aube du forum économique mondial, qui a lieu chaque année vers la fin janvier début février dans la ville suisse de Davos pour un sommet qui rassemble les élites politiques et économiques du monde. La cérémonie d’ouverture aura lieu ce 17 janvier.

Mais d’après Mark Littlewood, de l’Institute of Economic Affairs, ce rapport est trompeur en raison de la méthodologie utilisée :

« Leur affirmation que 8 personnes possèdent autant de richesse que la moitié de la planète est aussi fallacieuse que leur méthodologie, qui se base sur la richesse nette (actif – dette) et qui fait que les plus pauvres du monde sont les plus endettés. Il est trompeur, pour ne pas dire plus, de cataloguer le diplômé moyen d’université qui a accumulé 50 000 € de dette parmi les plus pauvres de la planète, sans prendre en considération sa capacité future à gagner de l’argent, » a déclaré Littlewood sur le site de son institut.

Il a ajouté que le rapport « diaboliser le capitalisme », qui a permis à 100 millions de gens de sortir de la pauvreté rien que l’année dernière. Il a également suggéré qu’Oxfam se concentre davantage sur les pauvres que sur les riches. »

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or physique

Tensions géopolitiques ? Trump ? Cette courte vidéo affirme que l’or devrait atteindre un plus haut en 2017, et pour d’autres raisons que celles avancées habituellement… tout simplement si l’histoire se répète.

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or

Comme chaque année, le World Gold Council publie en janvier son rapport sur les perspectives du marché de l’or durant l’année à venir (source ; traduction partielle des passages essentiels). Pour 2017, l’organisme dédié au métal jaune prédit une belle année en raison de 6 facteurs principaux.

En 2016, les investisseurs du monde entier sont revenus en masse sur le marché de l’or alors qu’une combinaison de facteurs macro-économiques et le retour de la demande ont dopé l’intérêt pour le métal jaune. Alors que nous commençons la nouvelle année, une crainte émerge : la vigueur du dollar pourrait limiter l’attrait de l’or. Nous pensons, au contraire, que non seulement l’or restera un élément stratégique de tout portefeuille mais que 6 tendances majeures vont soutenir la demande d’or tout au long de 2017.

Les tendances majeures de 2017

Le cours de l’or a affiché une forte performance en 2016, progressant de près de 10 % en dollars (et encore plus dans les autres devises) tandis que les acquisitions d’or des ETF furent les plus élevées de ces dernières années, ce qui a fait de l’or l’un des actifs les plus performants de 2016, malgré son recul enregistré après l’élection américaine. De plus, depuis la hausse des taux de décembre de la FED, l’or a grimpé de plus de 5 %. Mais que réserve l’année 2017 au marché de l’or ? Sur la base des perspectives économiques des spécialistes qui ont contribué à ce rapport, nous pensons que 6 tendances majeures de l’économie mondiale soutiendront la demande d’or et influenceront son comportement cette année :

  1. Des risques politiques et géopolitiques revus à la hausse ;
  2. La dépréciation des devises ;
  3. Le retour de l’inflation ;
  4. Des marchés actions surévalués ;
  5. La croissance asiatique à long terme ;
  6. L’ouverture de nouveaux marchés.

Risques politiques et géopolitiques plus importants

Le risque politique augmente. L’Europe connaîtra des élections cruciales aux Pays-Bas, en France et en Allemagne en 2017. Comme John Nugée l’a déclaré, ce cycle électoral arrivera « dans un contexte de mécontentement populaire continu alimenté par le creusement de la distribution inégale du produit économique ». De plus, la Grande-Bretagne doit négocier sa sortie de l’UE.

Si l’économie britannique poursuit son expansion, la livre sterling a fortement chuté suite au résultat du référendum. Cette tendance se poursuit à chaque fois que le marché pressent la probabilité d’un Brexit « à la dure ».

Aux États-Unis, des attentes positives ont émergé des propositions économiques du président élu Donald Trump et de son équipe, mais il y a aussi des craintes. Le dollar a progressé depuis la victoire de Trump en novembre dernier, mais les incertitudes vont bon train. Jim Sullivan voit « un risque significatif que les négociations sur le commerce tournent au vinaigre », et il suggère que « la confiance dans les marchés pourrait être affectée par les tensions géopolitiques déclenchées par la nouvelle administration ».

En tant qu’actif liquide de haute qualité, l’or profite de la recherche des valeurs refuges. (…)

Dépréciation des devises

Les politiques monétaires vont probablement diverger entre les États-Unis et d’autres zones du monde. Le consensus s’attend à voir la FED serrer la vis, mais il est loin d’être acquis que les autres banques centrales souhaitent, ou soient en mesure, de l’imiter.

La situation en Europe est à ce sujet emblématique. Comme John Nugée l’a dit, « les économies européennes vont probablement vivre sous le même régime de ces cinq dernières années, à savoir de politiques fiscales strictes et de politiques monétaires expansionnistes ». Depuis que la BCE a annoncé de nouvelles mesures de type QE en janvier 2015, son bilan a augmenté d’environ 1,5 trillion d’euros, pour une augmentation de 70 % et un bilan total de plus de 3,6 trillions d’euros. Cela va inévitablement mener à des craintes concernant la dépréciation des devises.

En fait, tout au long du siècle dernier, l’or a largement surperformé toutes les autres devises majeures. Cela s’explique notamment par le fait que l’offre d’or n’évolue que très peu, connaissant une croissance de seulement 2 % par an à travers la production minière, alors que l’argent papier peut être créé en quantité illimitée pour soutenir les politiques monétaires. (…) Les banques centrales continuent d’acquérir de l’or en tant que stratégie de diversification de leurs réserves. Nous nous attendons à ce qu’elles poursuivent leurs achats de métal en 2017.

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Retour de l’inflation

Le consensus voit les taux d’intérêt nominaux augmenter aux États-Unis cette année, mais tous les économistes à qui nous avons parlé anticipent également une hausse de l’inflation.

Ces tendances inflationnistes devraient soutenir la demande d’or pour trois raisons :

  • tout d’abord, l’or est perçu historiquement en tant que protection contre l’inflation ;
  • deuxièmement, une inflation en hausse maintiendra les taux d’intérêt réels à des niveaux bas, ce qui rendra l’or encore plus attractif ;
  • troisièmement, l’inflation rend les obligations et les autres actifs à rendement fixe moins attrayants aux yeux des investisseurs à long terme.

Jim O’Sullivan s’attend à une inflation des prix américains la consommation de 2,6 % en 2017. « Même si ce chiffre n’est pas élevé d’un point de vue historique, il signalerait l’émergence d’une tendance haussière. » (…)

Des marchés actions surévalués

Les marchés actions ont connu un rebond significatif sur la fin 2016. Si certains marchés actions ne font que se redresser après des années de performance morose, les marchés actions américains ont atteint de nouveaux records. Dans de nombreux cas, les valorisations ont grimpé alors que les investisseurs ont augmenté leur exposition au risque dans leur quête de rendement dans un environnement de taux très bas.

Jusqu’à présent, les investisseurs ont utilisé les obligations pour protéger leur capital en cas de correction de la bourse. Tandis que les taux augmentent, cette option est moins viable alors que, simultanément, le risque de correction pourrait augmenter. L’interconnexion des marchés financiers mondiaux a débouché sur un risque systémique devenu plus fréquent et plus important. Et comme John O’Sullivan l’a dit, « l’expansion de l’économie américaine ne durera pas éternellement ». Dans un tel environnement, l’or en tant qu’élément de diversification d’un portefeuille et d’assurance contre le risque est particulièrement attractif.

Croissance asiatique à long terme

Les tendances macro-économiques en Asie supporteront la croissance économique dans les années à venir et, selon nous, ce facteur alimentera la demande d’or. Dans les économies asiatiques, la demande d’or est habituellement fortement corrélée à l’augmentation de la richesse personnelle. Et vu que les pays asiatiques s’enrichissent, leur demande pour l’or a augmenté. La quote-part combinée de la Chine et de l’Inde dans la demande mondiale d’or a augmenté, passant de 25 % au début des années 90 à plus de 50 % en 2016. D’autres pays comme le Vietnam, la Thaïlande et la Corée du Sud possèdent également des marchés de l’or dynamiques.

Comme David Mann le note, « l’Asie a réduit son exposition économique à l’Occident. Ce continent a enregistré une croissance relativement forte depuis la crise financière, malgré une croissance obstinément faible en Occident. (…) L’Asie alimentera environ 60 % de la croissance mondiale en 2017. »

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Si la demande de bijoux en Chine a souffert des changements de goût des consommateurs, le marché d’investissement a connu une période de développement remarquable. En un peu plus de 10 ans, le marché des lingots et des pièces d’or est devenu en Chine l’un des plus importants du monde. (…) Les volumes échangés à la Bourse d’or de Shanghai ne cessent d’augmenter. (…)

Ouverture de nouveaux marchés

L’or se démocratise. Les ETF ont permis à des millions d’investisseurs d’accéder à l’or durant la dernière décennie, principalement en Occident, mais d’autres marchés continuent de croître. En Chine notamment, grâce aux plans d’accumulation d’or, aux contrats or avec livraison de métal physique de la Bourse de Shanghai.

Au Japon, les caisses de pension ont augmenté leur exposition à l’or durant ces dernières années. Dans le secteur privé, plus de 200 caisses de pension ont investi dans l’or. De plus, plus de 160 plans d’assurance vie ont ajouté l’or parmi la liste de leurs investissements.

Nous nous attendons à la poursuite de cette tendance, qui devrait se propager aux marchés occidentaux où les assurances vie doivent repenser leur stratégie d’allocation des actifs dans un contexte d’exposition prolongée à des taux bas (voire même négatifs). (…)

L’innovation se manifeste sur tous les marchés, mais à la fin de l’année dernière une nouvelle s’est particulièrement démarquée. L’Accounting and Auditing Organisation of Islamic Financial Institutions (AAOIFI), avec le soutien du World Gold Council, a lancé le « standard or charia », offrant au monde musulman la possibilité d’investir dans l’or. Selon Mark Mobius, de Frank Templeton, ce standard or charia va « bouleverser le marché ». Ce standard fixe enfin des règles qui étaient auparavant floues ou non-existantes, permettant ainsi à des millions de musulmans d’investir désormais dans l’or. De plus, la finance islamique a connu une forte croissance durant ces dernières années, de nombreux pays promouvant ce secteur dans le cadre de leur stratégie de développement économique et de diversification. Ces facteurs ont le potentiel de doper la demande d’or sur de nombreux marchés musulmans comment Malaisie, aux Émirats arabes unis et en Arabie Saoudite, où la finance islamique est bien établie, ou encore dans des pays comme l’Indonésie et le Pakistan, nations qui poussent pour que la finance joue un plus grand rôle dans leur infrastructure économique. (…) »

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Le dollar a arrêté sa hausse, il baisse même.

Une note arrive sur mon écran : « l’actuelle force du dollar est-elle une conséquence de la faiblesse du yuan ou bien est-ce l’inverse », se demande l’auteur ?
Mmmmmmmm… Heu, attendez, mais pourquoi fichtre se poser cette question ?

L’économie consiste à échanger quelque chose contre autre chose. Nous partons du principe que lorsqu’acheteur et vendeur ont conclu librement, les deux sont satisfaits et l’économie tourne de façon optimale.

A l’origine, la monnaie a été inventée pour faciliter les échanges. Après beaucoup de tâtonnements dont il reste des traces depuis la nuit des temps, les « monnaies marchandises » se sont imposées comme plus fiables face aux promesses et autres reconnaissances de dettes. Les monnaies marchandises permettent d’échanger quelque chose contre un bien que tout le monde reconnaît et accepte. Ensuite, le vendeur peut contracter un autre échange avec sa monnaie marchandise. Le système s’est avéré bien supérieur à l’échange de quelque chose contre rien (la violence) ou une reconnaissance de dette.

Aristote défendait les monnaies marchandises, contrairement à Platon qui ne voyait dans la monnaie qu’une « convention sociale », tout comme Janet Yellen ou Mario Draghi.  L’or et l’argent se sont finalement imposés comme monnaies marchandises (des essais avec du bétail n’ont pas été concluants) et, à partir de -600 avant JC – le commerce mondial s’est développé à une vitesse jamais vue auparavant.

Personne ne se posait de questions sur la valeur de l’or ou de l’argent car la question était stérile, inutile. La seule question qui se posait de temps à autre était de savoir si on avait intérêt à négocier plutôt avec de l’or ou plutôt avec de l’argent.

Aujourd’hui, la monnaie est redevenue, comme à la nuit des temps, de la dette. Là où, il y a des millénaires, les registres de dettes étaient tenus par des autorités religieuses ou politiques, ils sont désormais tenus par des banques centrales, le FMI et des instances auxquelles personne ne comprend rien comme la Banque des règlements internationaux. L’habillage est différent, mais le fond est le même. Les Etats ont confisqué le choix de la monnaie aux contractants d’un marché. Ce que la Parasitocratie appelle le progrès est en réalité une régression.

Evidemment, chaque pays, chaque gouvernement cherche à tricher sur sa monnaie. Tous les honnêtes bipèdes qui aimeraient simplement commercer paisiblement se prennent donc la tête.

Et figurez-vous que depuis le début de la « guerre des devises », le commerce mondial ralentit. Après son effondrement de 2008, il s’est redressé mais depuis 2014, il s’étouffe…

commerce des pays du G20

Le « commerce équitable » commence par une « monnaie équitable » – et ce n’est pas celle que nos gouvernements nous imposent. En fait, ce n’est jamais celle que nos gouvernements nous imposent.

La monnaie équitable serait celle sur laquelle acheteur et vendeur se mettraient d’accord spontanément sans menace de « cours légal », contrôle des changes, change forcé, contrôle des capitaux et autres manoeuvres étatiques.

Nous constatons donc que le dollar « baisse » depuis le début de l’année mais que l’or et l’argent exprimés en dollar remontent. Le bitcoin, la monnaie purement électronique non-étatique, monte aussi…

Les monnaies non-étatiques – l’or, l’argent, le bitcoin – semblent retrouver la faveur des investisseurs lassés des manipulations monétaires.
D’autres notes qui me sont parvenues ces derniers jours montrent un revirement des analystes spécialistes de l’or et des minières. Il semblerait que le point bas ait été touché et que la reprise de la hausse entamée début 2016 soit à l’ordre du jour.

Peut-être retrouverons-nous un jour le secret d’une monnaie vraiment équitable ?

Pour plus d’informations et de conseils de ce genre, c’est ici et c’est gratuit.

Article de Simone Wapler, des éditions Agora. 

simone_waplerSimone Wapler est directrice éditoriale des publications Agora, spécialisées dans les analyses et conseils financiers. Ingénieur de formation, elle a quitté les laboratoires pour les marchés financiers et vécu l’éclatement de la bulle internet. Grâce à son expertise, elle sert aujourd’hui, non pas la cause des multinationales ou des banquiers, mais celle des particuliers.

Elle a publié « Pourquoi la France va faire faillite » (2012), « Comment l’État va faire main basse sur votre argent » (2013), « Pouvez-vous faire confiance à votre banque ? » (2014) et “La fabrique de pauvres” (2015) aux Éditions Ixelles.

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bunker datant de la guerre froide

Après le candidat à la présidentielle qui avait promis de « drainer le marécage », puis qui nomme des créatures de ces mêmes marécages, et que l’on annonçait comme un isolationniste qui allait permettre de détendre les tensions géopolitiques grandissantes à travers la planète, les relations bilatérales américaines avec la Russie mais surtout la Chine se détériorent alors que Donald Trump n’a même pas encore pris ses quartiers à la Maison Blanche.

Si nous préférons encore attendre les actes, ceux-ci étant plus importants que les paroles, la présidence de Trump s’annonce être une arnaque de la même ampleur que celle d’Obama. D’un point de vue français ou européen pour la paix et le multilatéralisme, le milliardaire américain semblait être un meilleur choix que la va-t-en-guerre Clinton. Mais au vu des déclarations du futur secrétaire d’État Rex Tillerson, qui a déclaré ceci durant son audition, il est légitime d’en douter :

« Nous allons devoir envoyer un signal fort à la Chine. Tout d’abord, la construction des îles artificielles doit s’arrêter, ensuite l’accès aux îles existantes ne sera pas permis. »

Malcolm Davis, analyste senior à l’Australian Strategic Policy Institute de Canberra, a déclaré à Bloomberg : « Il s’agit d’une remarque débridée tel un tweet, qui met de l’huile sur le feu et pourrait faire dégénérer les choses. À part déclarer la guerre à la Chine, les Américains ne peuvent rien y faire. » Pour rappel, les Chinois avaient déjà bondi lorsque Trump a déclaré qu’il fallait remettre en question le principe même d’une seule Chine.

La Russie en prend également pour son grade via le Général Mattis

Hier, c’était au tour du Général Mattis, choisi par la colombe Trump pour prendre la tête de la Défense, de s’attaquer cette fois à la Russie en déclarant « qu’elle est la menace principale pour la sécurité américaine ». Un néoconservateur n’aurait pas fait mieux. La Russie est plus dangereuse que les groupes terroristes qui sèment la mort à travers le monde, selon « Mad Dog », qui n’aura jamais aussi bien porté son nom. Il a également épinglé la Chine pour son action en Mer de Chine du Sud. Trump devrait rencontrer Poutine en Islande prochainement… pour clarifier notamment ces déclarations ?

L’administration Trump est-elle en train de créer un nouvel « axe du mal » ? Cela y ressemble. Car nous voyons mal comment ces deux figures majeures de la future équipe de Trump pourraient se fendre de telles déclarations pour plaire à leur auditoire (il s’agit d’auditions préliminaires à leur nomination officielle) et ensuite faire marche arrière. Ces tensions géopolitiques devraient se multiplier tout au long de 2017 et profiter aux métaux précieux au gré des tweets de Trump et des déclarations fracassantes de son équipe.

Sources : ZeroHedge ici et ici

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règles enfreintes

Pas plus de 3 % de déficit annuel : l’Europe accepte volontiers que les États soient dans le rouge de 3 % chaque année (sans expliquer comment c’est financièrement viable). Il s’agit d’une limite qui fait partie des piliers des critères fiscaux de l’Union. Pourtant, comme le montre Constantin Gurdgiev dans ce billet, on dirait que cette règle a été créée uniquement pour être bafouée alors que certains pays l’ont enfreinte à répétition, voire systématiquement, tels de vulgaires multirécidivistes que l’on relâche larcin après larcin.

classement des pays ayant enfreint la règle européenne des 3 % de déficit

Les champions européens du déficit de plus de 3 %

Dans le tableau préparé par l’auteur, on retrouve le nombre de déficits supérieurs à 3 % enregistrés par pays, chiffre qui est ensuite décortiqué en faisant le compte des déficits « autorisés » (à savoir lorsqu’un pays est en récession), et les déficits non-autorisés… qui ont de toute façon lieu.

Si la Grèce trône sans surprise en tête du classement des nations qui ont accumulé le plus grand nombre de déficits annuels supérieurs à 3 % (18, soit un sans-faute vu que les statistiques remontent à 1999, ou à l’année d’accession de chaque pays), c’est la France, cocorico, qui accumule le plus grand nombre de « déficits non-autorisés ». Comme quoi, Bruxelles ne prend pas (encore) toutes les décisions en lieu et place du Parlement ! Autre intrus en tête du classement, mais pour qui cet honneur sera bientôt de l’histoire ancienne Brexit oblige, la Grande-Bretagne talonne la France en s’offrant le luxe d’égaler la Grèce (véritable référence-étalon en la matière vu sa régularité de métronome à être dans le rouge) en nombre de déficits non-autorisés.

Le cancre qui se cache bien derrière les trublions

L’Allemagne, toujours prompte à donner des leçons d’orthodoxie budgétaire à qui veut l’entendre (ou ne veut pas), ne fait pas mieux que le milieu de classement avec 7 déficits, dont 5 non-autorisés. On m’a toujours dit que, pour se permettre de donner des leçons aux autres, il fallait être irréprochable soi-même. Ce concept semble étranger à la classe politique allemande. À quand des remontrances du ministre des Finances bulgare ou estonien à l’adresse de la Germanie ? Avouez que ce serait cocasse.

Les bons élèves

Seuls trois pays peuvent se vanter d’avoir strictement suivi cette fameuse règle des 3 % : le Luxembourg, la Suède et l’Estonie. On peut aussi mettre dans le panier des bons élèves le Danemark et la Finlande en vertu de ce que l’on peut considérer comme un petit accident de parcours.

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Pshhhh !

Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

Je ne sais pas pour vous, mais en ce qui me concerne, mon « pifomètre » frétille, que dis-je, il s’affole… Bon, je vous l’accorde bien volontiers, le « pifomètre » n’est pas un instrument très « scientifique », pourtant c’est comme le « louchomètre », c’est parfois très efficace. Bref, et vous, que vous disent vos « pifomètres » ?

Je sens que les marchés ont beaucoup monté, trop monté même. Depuis quelques jours, l’or qui consolidait repart à la hausse avec une belle dynamique… une dynamique trop belle pour être « honnête », et mon « pifomètre » me souffle que quelques « grosses mains » (comprendre « des riches qui ont les bonnes informations parce qu’ils connaissent les bonnes personnes ») sont en train de vendre des actions pour acheter de l’or.

Mon pifomètre me susurre également aux oreilles que le combat de titan qui se joue entre les nationalistes à la Trump et les mondialistes à la Clinton est une bataille à mort et qu’elle ne va pas tarder à dégénérer sur le front économique sans doute lorsque Trump aura été investi et sera le locataire officiel de la Maison Blanche.

Voilà donc ce que me souffle l’instinct, rien de scientifique donc, pourtant les raisons pour une grande secousse ne manquent pas, et aujourd’hui je voulais revenir sur le dernier rapport accablant du FMI concernant la dette mondiale.

Au pays merveilleux du « tout va très bien », vous penserez donc à prendre quelques précautions et à sortir couverts par quelques actifs tangibles et onces de métaux précieux.

Rapport alarmiste du FMI…

Quand je dis à ma femme que le monde croule sous les dettes et que l’épargne, c’est la dette et la contrepartie à l’endettement généralisé – ce qui veut dire peu ou prou que si l’on ne rembourse pas les dettes, on ne rembourse pas l’épargne –, elle a du mal à me croire. Quand c’est le FMI qui le dit, cela va mieux. C’est sérieux le FMI. Ce sont des « zexperts » aux FMI. Tenez, regardez donc leurs résultats en Grèce. C’est brillant n’est-ce pas !

« Le 4 janvier 2017, le rapport semestriel alarmiste du FMI (Fiscal Monitor) fait froid dans le dos : huit ans après la détonation de la bulle immobilière qui avait enfanté la pire crise financière depuis la Grande Dépression du Jeudi Noir 1929, la dette n’a fait que continuer de s’enfler. En effet, la dette du secteur non-financier de l’économie mondiale (dette mondiale) a doublé (à prix courants) et atteint son apogée avec le montant record de 152 000 milliards de dollars, soit plus du double (2,25) de la richesse mondiale.

Ce phénomène a été facilité par les taux d’intérêt très bas, voire négatifs, imposés par plusieurs grandes banques centrales. Beaucoup de gouvernements se sont en effet endettés à travers des programmes de relance via des politiques d’assouplissement monétaire des grandes banques centrales pour tenter de relancer les économies nationales atones.

La plus grande partie de la dette est polarisée dans les pays nantis, mais la Chine demeure le pays qui a le plus emprunté qu’auparavant sur les dernières années. En effet, la dette chinoise a quadruplé depuis 2007 : alimentée par le secteur de l’immobilier et le shadow banking, la dette totale de la Chine est passée de 7 000 milliards de dollars en 2007 à 28 000 milliards de dollars à la mi-2014. À 282 % du PIB, la part de la dette chinoise, par rapport au PIB mondial, est plus importante que peut représenter celle des États-Unis ou de l’Allemagne.

La dette du Japon devrait atteindre 250 % de son PIB, celle de la Grèce 183 % tandis que celle de la France devrait frôler les 100 %, selon les nouveaux pronostics du FMI.

En outre, même si les pays les plus pauvres sont relativement moins endettés, beaucoup ont eu tendance à augmenter fortement leur recours au crédit.

Au niveau de la répartition sectorielle, les deux tiers de cette dette émanent du secteur privé, mais la dette publique de moult pays s’est aussi beaucoup développée depuis la crise financière.

Pour le FMI, cette envolée de l’endettement pose 4 problèmes différents

  • Le premier problème est le remboursement d’une telle dette : Comment rembourser une dette qui est plus de deux fois plus importante que la richesse de l’économie mondiale ?
  • Le deuxième problème est le remboursement, par les pays riches, d’une telle dette au regard d’une croissance économique anémique.
  • Le troisième problème tient au remboursement de la dette par les pays du Sud : pour rembourser leurs dettes, les pays du Sud doivent puiser fortement dans les réserves de change qu’ils ont accumulées au cours des dernières années en raison de la hausse des prix de leurs exportations. Ces réserves menacent de fondre à un rythme plus ou moins rapide (c’était notamment le cas de la République démocratique du Congo, de l’Équateur, du Pakistan, du Sri Lanka, du Bangladesh).
  • Le quatrième problème est le remboursement d’une telle dette au regard du scénario fort probable d’une reprise de la hausse des taux d’intérêt. L’épargne présente dans le secteur bancaire, au lieu de servir à l’investissement productif, que ce soit sous la responsabilité des pouvoirs publics ou celle des acteurs privés, est systématiquement déviée vers un comportement parasitaire de rentier. »

Si vous avez bien suivi jusqu’ici les raisonnements du FMI auxquels j’adhère pour une fois sans trop de réserve, ils peuvent donc se résumer à un seul énorme problème : comment va-t-on rembourser ces dettes. Vous noterez également que l’épargnant est qualifié de « rentier parasite ».

Vous connaissez la suite ?

Vous savez comment on traite les parasites ?

Il y a la méthode écolo, et puis la méthode industrielle. Au FMI, on ne joue pas les danseuses. Alors dans leur esprit, c’est assez simple : c’est toujours cette histoire du grand « reset », le grand « baygonnage » des parasites d’épargnants que vous êtes tous. Pour payer les dettes, il suffit de prendre votre épargne. Cela couinera dans les chaumières, mais les épargnants n’ont jamais fait de révolution.

Il est déjà trop tard. Préparez-vous !

Charles SANNAT

Source : Insolentiae.com