Barron : les marchés émergents dans la tempête

Barron : les marchés émergents dans la tempête

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Eric King : « vous aviez lancé des avertissements à propos des problèmes que rencontre actuellement de nombreux devis à travers le monde, parce que vous avez déjà été témoin de ce genre de mouvements »

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Keith Barron : « en Argentine, la monnaie locale s’est effondrée à de nombreuses reprises jusqu’à zéro. Début des années 90, j’étais dans le pays, et c’est ce qui est arrivé. J’étais aussi ou brisé lorsque deux devises locales se sont effondrées, juste avant l’introduction du real. J’étais également en Équateur lorsque le sucre (monnaie équatorienne) s’est ramassé, pour être remplacé par le dollar. Je ne pense pas que les États-Unis soient à l’abri d’un tel événement, à vrai dire c’est déjà arrivé, même si cela remonte à bien longtemps.

J’ai une anecdote amusante à raconter : j’étais au Zimbabwe en 2001, lorsque l’inflation a commencé à exploser. J’étais en fait dans un casino. J’étais en compagnie d’amis, dans l’attente du dîner, lorsque j’ai remporté le jackpot. Je fus très heureux, mais lorsque j’ai réalisé quelle était la contrepartie en dollars… Je n’en avais même pas 20 (rires). C’est ce qui arrive, une bonne illustration pour montrer à quel point l’argent devient sans valeur dans de telles situations.

Dans ce genre de pays, il faut se promener avec d’énormes liasses d’argent pour payer, et personne n’a de monnaie. Par exemple, en Argentine, lorsque vous achetiez le journal, vous donniez un billet et on vous donnait des bonbons en guise de monnaie (rires).

Au Kazakhstan, la monnaie était en carton. Il s’agissait en fait de monnaie officielle, mais c’est en carton. Le Kazakhstan ne disposait pas de métaux pour frapper des pièces.

Les gens deviennent inventifs lorsqu’il fonctionne en « mode survie ». Des qui reçoive de l’argent, il le dépense. La vélocité de la monnaie est énorme dans ces pays, car vous voulez vous en débarrasser le plus vite possible, avant qu’il ne perde encore plus de valeur.