Bénéfices records des entreprises ? L’arbre qui cache la forêt

Bénéfices records des entreprises ? L’arbre qui cache la forêt

Les experts se plaisent à évoquer les bénéfices d’entreprises afin de s’émerveiller sur leur rentabilité. Ils exploitent ce fait pour dire que l’économie américaine se rétablit. Par contre, ils oublient de dire que ces bénéfices n’ont pas été obtenus par l’augmentation de leur chiffre d’affaires (donc par la compression des coûts, et notamment salariaux) dans un environnement économique très anémique. Et pire encore, cela a été en grande partie permis par la Fed.

benefices-entreprises-deflationCertains experts n’aiment pas l’entendre, mais il s’agit de faits : le PIB américain, pour 70 %, c’est la consommation des ménages. Mais quel pourcentage de cette consommation a-t-il été possible grâce à la Fed ? Je dirais 100 %. En plaquant les intérêts à 0 %, la Fed a offert un ballon d’oxygène aux ménages, ce qui a permis de donner un coup de fouet à la consommation.

Et que dire des 3,4 trillions de monétisation de la dette ? Ils ont permis de faire baisser les taux d’intérêt des emprunts d’État. De nombreux paiements ont été transférés dans le futur. Cela ne peut que mener à une nouvelle énorme bulle de la consommation.

On ne peut pas simplement contempler les bénéfices des entreprises sans prendre en compte ce que fait la Fed. Les 2 sont liés. Mais maintenant que la Fed est en train de ralentir la cadence de son QE, les béquilles qui ont soutenu les cours, la réalité du marché va éclater au grand jour.

Que cela signifie-t-il ? Avec les bons du trésor à 10 ans à 6 %, ou même à 5 %, quelles seront les conséquences sur le marché obligataire des collectivités locales ? Leurs dépenses vont exploser. Que va-t-il se passer avec la dette des ménages ? Quelles seront les conséquences sur les 100 trillions de dollars de produits dérivés sur les taux d’intérêt ? Quelles seront les conséquences sur le marché des changes, sur le dollar et les autres devises ? Nous allons assister à d’énormes bouleversements.

C’est pour cela que je vous dis qu’en cas de montée des taux, les États-Unis vont imploser. Et si cela ne se produit pas, c’est-à-dire si la Fed parvient à se retirer en mettant un terme à son QE et que les marchés libres reprennent le relais pour acheter les futures émissions en gardant les taux au niveau actuel, cela signifiera que nous sommes dans une dépression déflationniste.

Eric King : « L’or, de son plus bas à 1180 $, a titillé les 1400 $ l’once. Nous assistons à un repli classique en ce moment. Quelle est votre opinion sur le métal jaune ? »

Michael Pento : « Parlons de ce qu’il se passe au Japon. Les Japonais sont dans la déflation depuis des décennies. Mais soudainement, l’inflation est à un taux record depuis 5 ans, tandis que leur monnaie vacille.

Les Japonais en ont tiré les conclusions qui s’imposent : ils ne peuvent avoir confiance ni en leur banque centrale, ni en leur gouvernement. Ils cherchent donc une solution pour leurs maigres économies et pour conserver leur pouvoir d’achat. Et vous savez bien qu’il n’y a rien de mieux que l’or pour y parvenir. C’est pourquoi ils font la file pendant des heures pour acheter de l’or.