Bitcoin : or numérique ou or des fous ?

Bitcoin : or numérique ou or des fous ?

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Article de MineWeb.com, publié le 10 novembre 2015 :

« Bitcoin qui est indubitablement la monnaie digitale la plus connue du monde, reprend du poil de la bête. Elle a progressé de 18 % depuis le début de l’année ce qui en fait la devise la plus performante de 2015 à ce jour.  (…)

Si on ignore exactement ce qui a provoqué la hausse d’octobre, les investissements dans la technologie de la chaîne de blocs, une base de données publique dans laquelle toutes les transactions Bitcoin sont enregistrées, d’institutions financières majeures et la nouvelle que l’une des plus grosses bourses d’échange Bitcoin en Chine accepte désormais les dépôts directs à partir d’un compte en banque sont probablement les raisons derrière ce regain de popularité de la devise cryptée.

Curieusement, la hausse de Bitcoin a coïncidé avec la faiblesse de l’or (voir graphique ci-dessous). Est-ce simplement une coïncidence ou la preuve que Bitcoin est en train de se débarrasser de sa mauvaise réputation pour devenir une alternative crédible à l’or ?

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Alors que des sociétés comme Microsoft, Dell et Virgin Galactic acceptent les paiements en Bitcoin, la devise indépendante de tout gouvernement ne cesse de gagner en popularité (voir le graphique ci-dessous). Cependant, les autorités ne semblent pas pouvoir s’accorder sur sa nature. D’après la cour européenne de justice : Bitcoin est une devise, elle n’est donc pas sujette à la TVA lorsqu’elle est échangée. Cependant aux États-Unis, le régulateur l’a définie en tant que matière première tandis que le fisc le considère comme un actif taxable.

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Ce qui n’est pas surprenant vu que Bitcoin est doté des qualités de ces deux classes d’actifs. Comme la plupart des devises papier et des matières premières, le prix de Bitcoin est fixé par la différence entre l’offre et la demande. (…)

Comme ce fut le cas pour l’or, la valeur refuge traditionnelle, Bitcoin a bien profité de la crise grecque. D’après Lategan : Bitcoin pourrait également devenir une valeur refuge car « il est liquide, facile à transférer, notamment à l’étranger et il n’est quasi pas régulé. Il est quasi impossible d’imposer des taxes, de contrôler son exportation ou encore de le saisir en cas d’utilisation adéquate. (…) »

En ce moment, Julian Jessop responsable de la recherche matières premières chez Capital Economics estime que Bitcoin « est un substitut médiocre à l’or, à presque tous les niveaux. Il ne s’agit pas d’un actif tangible, sa liquidité est inférieure et il ne dispose pas d’une histoire à la hauteur de celle de l’or en tant que valeur-refuge ou protection contre l’inflation. Si certains investisseurs sont prêts à en acheter, Bitcoin n’est actuellement pas une alternative crédible en tant qu’actif de réserve ou de diversification d’un portefeuille important » a-t-il écrit dans une note.

Jessop a également balayé l’idée d’une corrélation inversée entre l’or et Bitcoin en affirmant que la faiblesse du métal jaune est le fait des attentes en ce qui concerne les taux d’intérêt américain. « La hausse du cours de Bitcoin semble être une nouvelle bulle spéculative indépendante des événements qui se déroulent sur le marché de l’or » a-t-il déclaré.

« Comme c’est le cas pour toute fièvre spéculatrice, la monnaie numérique déclinera probablement dans le futur. Je pense qu’il ne s’agit que d’une bulle temporaire qui s’inscrit dans une tendance haussière à long terme (….) », a-t-il précisé.

Frans de Klerk s’attend à voir Bitcoin baisser jusqu’à 300 $ pour y trouver un seuil de support et ensuite repartir à la hausse. (…) Wedbush Securities s’attend à voir le cours du Bitcoin grimper jusqu’à 600 $ l’année prochaine en y voyant des opportunités à saisir : « alors que la quantité de Bitcoins est quasi prédéterminée, nous voyons beaucoup d’applications possibles à la devise et un marché dont l’intérêt ne fait que grandir (…) ».