BlackRock : c’est bien trop calme

BlackRock : c’est bien trop calme

0

Article du blog de BlackRock, publié le 31 août 2016 :

De nouveau, c’est bien trop calme

Russ évoque ce qui se cache derrière la basse volatilité inhabituelle des marchés, ainsi que les éléments qui pourraient mettre un terme à ces jours de quiétude.

Lorsque vous rédigez pour un blog, la réalité est que tôt ou tard vous finissez par vous répéter. Pour la énième fois de l’histoire récente, la volatilité s’est enfoncée à des niveaux qui devraient faire résonner au moins quelques alarmes. Ces derniers temps, un calme sinistre règne sur les marchés avec l’indice VIX, un indicateur utilisé communément pour mesurer la volatilité de la bourse américaine, qui se trouve juste au-dessus de 10 actuellement.

La volatilité n’est pas que basse dans l’absolu. Plus important encore, elle est trop basse par rapport aux facteurs qui ont historiquement influencé la volatilité des marchés. Notamment :

Les conditions du marché du crédit

Les conditions du marché du crédit ont historiquement la corrélation la plus étroite avec la volatilité des marchés (voir le graphique ci-dessus). Lorsque les marchés du crédit éprouvent des difficultés, ce qui est visible par les écarts de rendement qui se creusent, la volatilité est quasi toujours élevée. De grands écarts de rendement ont fait leur apparition de façon dramatique depuis la panique de janvier, pourtant la volatilité a baissé à une vitesse encore plus rapide. Sur base des écarts de rendement élevés, qui historiquement expliquent environ 60 % des variations du VIX, la volatilité devrait être proche de 20 plutôt qu’être juste au-dessus de 10.

Les conditions économiques

Les marchés ont tendance à être calmes lorsque les conditions économiques s’améliorent. En revanche, les périodes de récession coïncident quasi toujours avec des marchés en baisse une volatilité en hausse. C’est pourquoi le VIX est historiquement corrélé avec les indicateurs les plus importants. Depuis 1990, le CFNAI (l’indice de l’activité nationale de la Fed de Chicago) a expliqué presque 25 % des variations du VIX. Si le CFNAI s’est stabilisé, il suggère tout de même que le VIX est sous-évalué d’environ 25 à 30 %.

La période de l’année

J’hésite à inclure cette catégorie : les investisseurs ont tendance à surestimer l’importance des effets saisonniers. Ils représentent plutôt des données imprécises plutôt qu’un phénomène bien établi. Cela dit, comme je l’ai écrit dans le passé, il y a tout de même une exception qui semble se dégager, en automne, et plus particulièrement en septembre, lorsque les marchés ont tendance à baisser. Alors que les actions sont vendues, la volatilité est habituellement plus élevée. Durant les 25 dernières années, le VIX a atteint une moyenne de 22 en septembre, soit la moyenne la plus élevée de tous les mois de l’année.

Conclusion

À part la saisonnalité, aucun des points soulevés ci-dessus ne nous indique la date à laquelle la volatilité retrouvera des niveaux plus proches de la réalité. La meilleure indication viendra probablement d’une source familière : de la Fed. La volatilité a eu tendance à pencher vers la sous-évaluation durant la majorité de ces 5 dernières années. Selon moi, c’est principalement à cause des politiques monétaires ultra accommodantes. Si la Fed devait serrer la vis plus rapidement que la vitesse léthargique qui a été intégrée dans les valorisations par les marchés, nous pourrions avoir le catalyseur de cette inversion de la volatilité.

Lorsque cela aura lieu, si cela a lieu, les investisseurs devront probablement s’attendre à une correction d’au moins 5 à 10 %. Historiquement, le S&P 500 a baissé d’environ 1,3 % pour chaque hausse du VIX d’un point. Si cet indice devait connaître une surcorrection et se diriger vers les plus hauts de janvier, les investisseurs pourraient être confrontés à bien pire. Quel sera le facteur qui décidera entre ces 2 scénarios ? La volonté de la Fed de permettre la normalisation des politiques monétaires. »