Le crédit bancaire reprend du poil de la bête aux États-Unis, une...

Le crédit bancaire reprend du poil de la bête aux États-Unis, une aubaine pour l’or

0
LIBOR à 3 mois

Article d’Alasdair McLeod, publié le 15 août 2016 sur KWN :

« Les analystes techniques semblent divisés quant à la direction que l’or prendra à court terme. Certains pensent qu’il va se consolider pour ensuite continuer à pousser au-delà 1400 $ l’once tandis que d’autres pensent qu’il chutera lourdement en octobre pour ensuite reprendre sa marche en avant.

Tout ce que je sais, c’est que les motifs principaux pour posséder de l’or sont : les taux d’intérêt négatifs en Europe, les taux zéro aux États-Unis ainsi que le risque systémique en Italie, au Portugal et même en Allemagne et en Suisse, respectivement en raison de Deutsche Bank et de Crédit Suisse. Surveillez de près le cours des actions de ces banques.

La politique monétaire de la Fed est un foutoir. Très peu de gens savent que le crédit bancaire reprend aux États-Unis. L’indicateur des taux le moins sujet à la manipulation, le LIBOR USD, signale que la demande d’argent dicte désormais les évolutions des taux. Le LIBOR en hausse confirme la croissance du crédit bancaire. Vous pouvez évaluer la hausse du LIBOR sur le graphe ci-dessus.

Le LIBOR explose

S’il s’agissait d’une action, vous l’achèteriez car il est évident qu’il explose. Mais il ne s’agit pas d’un titre, c’est le LIBOR, et il indique que les entreprises empruntent à nouveau, quelle que soit la raison.

Pour être honnête, il y a une distorsion en raison de changement de règles qui seront effectives le 4 octobre prochain. Les fonds mutuels de type « Prime money » sont encouragés à posséder des obligations à court terme et à vendre celles à long terme. Cela crée une pénurie de liquidités pour les emprunteurs Prime money sur les marchés. Mais comment expliquer la hausse de la fin de l’année dernière alors ? Elle a eu lieu en l’absence d’un tel événement, ce qui prouve que le LIBOR va grimper.

Il est difficile d’expliquer cette hausse du LIBOR, en dehors de la date fatidique du 4 octobre qui approche, mais il augmente. En attendant, le taux directeur de la Fed est de 0,25-0,5 %, soit bien en dessous du LIBOR. Les Treausuries à 3 mois rapportent seulement 0,26 %.

Le graphe suivant montre clairement ce qui se passe avec le crédit bancaire :

m2-moins-M1

C’est effrayant : la croissance de la masse monétaire dérape

C’est effrayant, car cela confirme que le crédit bancaire, qui est grosso modo la différence entre M2 et M1, dérape. La Fed devrait relever immédiatement son taux directeur, mais elle ne le fera pas, pour la simple raison qu’elle ne pense pas avoir un problème, son attention étant focalisée sur la croissance économique. Mais toute personne avec une longue expérience sur les marchés sait que la Fed est toujours en retard d’une guerre, elle agira donc trop tard et de façon trop timide.

Dans les années 70, une telle situation avait provoqué l’explosion du cours de l’or

Le souci de cette augmentation du crédit bancaire sur l’économie est qu’elle va alimenter l’inflation. Les similarités avec la situation que nous avons connue dans les années 70, lorsque les banques centrales avaient tardé à relever les taux, devient apparente. À l’époque, cela avait presque débouché sur un épisode d’hyperinflation, le cours de l’or passant de 100 à plus de 800 $ jusqu’à ce que Volcker relève le taux directeur à plus de 20 %.

Mais aujourd’hui, il y a une différence : le niveau d’endettement. Volcker administra une thérapie de cheval, mais aujourd’hui la Fed ne pourra pas relever son taux directeur de plus de 2 ou 3 % sans déclencher une méga crise de la dette. Ce n’est pourtant pas loin du niveau vers lequel se dirige le LIBOR à 3 mois. Et, cela dit en passant, le LIBOR à 12 mois est déjà à plus de 1,5 %.

Les techniciens peuvent débattre à l’envi à propos des scénarios de l’or, consolidation ou baisse jusqu’à 1200 $ en octobre. Je pense néanmoins qu’aucun d’entre eux ne comprend à quel point la situation est sérieuse. »