David Morgan sur l’argent

David Morgan sur l’argent

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Alors que les ventes de Silver Eagles continuent de battre des records, David Morgan a abordé de nombreux sujets concernant ce métal dans cette interview très instructive du Gold Report (TGR, traduction partielle) :

« TGR : une enquête récente de GFMS, Thomson Reuters et Silver Institute a montré que tandis que le cours de l’argent a baissé de 23,6 % l’année dernière, la demande a augmenté, particulièrement en Chine et en Inde. Pourquoi le cours est-il aussi bas sur base de tels fondamentaux ?

David Morgan : comme l’enquête le montre, il y avait un déficit d’argent, ce qui signifie que le cours aurait être plus élevé. Mais le cours réel est déterminé par le marché papier.

De plus, les sociétés qui possèdent beaucoup d’argent physique, comme le Sprott Physical Silver Trust (PSLV:NAR), le Central Fund of Canada (CEF) et la banque cantonale de Zurich, les ETF argent, n’ont plus acheté beaucoup de métal depuis un certain temps. Reste à savoir pourquoi ces grosses entités, d’habitude positives sur l’argent, ne passent pas à l’achat vu les prix.

L’autre question que se posent les investisseurs, c’est de savoir quand aura lieu le changement de tendance. C’est la morosité qui règne et ils se disent : « je ne peux pas gagner, car ce sont toujours les manipulateurs qui gagnent. Investir sur ce marché ne rime à rien. » Cet état d’esprit a gagné de nombreux investisseurs qui étaient pourtant très positifs concernant l’argent.

Tout ceci est la preuve que nous sommes très proches du plus bas, voire que nous y sommes déjà. (…)

TGR : à quel moment les investisseurs qui ne sont pas des pros argent vont estimer qu’il s’agit d’un bon point d’entrée pour investir sur ce marché ?

David Morgan : il y a beaucoup de gens, dont des gestionnaires, qui comprennent qu’il s’agit d’un prix très attractif. Ils attendent juste au bon moment pour en croquer. Cela commence traditionnellement par une entité qui grignote le marché et commence à accumuler. Ou une autre qui vend agressivement pour tester le marché, afin d’évaluer la solidité d’un seuil de support. Les Rothschild étaient célèbres pour ce genre de tests, et les premiers à utiliser ce genre de pratique si bien qu’elles sont parvenues aux oreilles du grand public. Ils vendaient quelque chose qu’ils voulaient acheter afin de pousser le cours à la baisse, et donc de pouvoir en acquérir davantage à un meilleur prix. (…)

TGR : est-ce que ce genre de test arrive plus régulièrement sur le marché de l’argent car il est plus petit et plus volatile ?

DM : je ne dirais pas que cela arrive plus fréquemment, mais je dirais que c’est plus efficace sur le marché de l’argent, car il n’en faut pas beaucoup pour démarrer une pression haussière ou baissière. Il serait beaucoup plus difficile d’avoir le même impact sur une grosse action liquide comme Google.

TGR : existe-t-il un seuil auquel les entreprises ne pourront plus produire de l’argent ?

DM : oui et non. La vérité, c’est que les mines qui ne produisent que de l’argent sont très rares. Jusqu’à 70 % de la production d’argent est un rebut de la production de métaux courants. Ces producteurs se moquent un peu du cours de l’argent. Tant qu’ils font des profits en vendant leur cuivre, leur plomb et leur zinc, ils ne regardent pas le cours de l’argent. Donc peu importe le cours, ils continueront d’en produire.

Même les producteurs purs d’argent préfèrent ne pas interrompre leurs activités lorsqu’ils travaillent à perte. Je pense que le coût d’une once d’argent est de 23 $ pour que l’entreprise s’y retrouve. 17 $, ce n’est donc pas viable. Mais à long terme, il est préférable de travailler quelques mois à perte que de fermer temporairement boutique (licenciement du personnel, entretien de la mine, etc.). (…)

TGR : vous allez vous exprimer au sommet de l’argent de Cambridge House plus tard ce mois. Qu’allez-vous dire aux investisseurs qui sont stressés par la situation actuelle ?

David Morgan : tout d’abord, les gens doivent bien comprendre que les cours montent et descendent sur tous les marchés. Deuxièmement, savoir que les fondamentaux justifiant la possession de métaux précieux n’ont pas changé. Troisièmement, se rappeler de la raison pour laquelle ils ont décidé d’en acheter. Et enfin, s’assurer d’être bien diversifié, la quantité de métal à posséder variant en fonction de leurs objectifs et de leur âge. Nous n’encourageons pas les gens à posséder 100 % de leurs avoirs en or et en argent, ou même 80 %. (…)

Il y a quelques années, lorsque le cours de l’argent avait chuté de façon similaire pour ensuite rebondir significativement, je m’étais exprimé à ce même sommet en expliquant à quel point avais de la chance d’avoir un portefeuille sur lequel me tracasser. J’avais partagé des statistiques sur la différence de niveau de vie entre l’Américain moyen et le reste du monde. C’était une façon de rappeler à l’auditoire qu’il ne faut pas non plus trop se focaliser sur sa situation financière. L’argent est important, mais il doit aussi rester à sa place. (…) »