Défaut municipal : Chicago, la prochaine grande ville américaine sur la liste

Défaut municipal : Chicago, la prochaine grande ville américaine sur la liste

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Article de Bloomberg publié le 26 mai 2015 sous le titre « 5 raisons qui expliquent pourquoi la situation de Chicago est pire que celle de Detroit » et sous-titré la « nouvelle ville financièrement pourrie » :

« Oubliez tous les surnoms que l’on a attribué à Chicago pendant des décennies : la ville du vent, la ville aux grandes épaules, la ville qui travaille, etc. Cette métropole étincelante peuplée de 2,7 millions d’âmes est aujourd’hui, comme Detroit, une ville financièrement pourrie.

Lorsque Moody’s a abaissé la note de la dette de Chicago au niveau d’actifs pourris (junk), la société de notation a accentué la crise financière de la ville et fait naître les comparaisons avec la ruine industrielle qui se trouve à 280 miles à l’est.

Les défenseurs de Chicago avec à sa tête le maire Rahm Emanuel affirment avec véhémence que leur ville n’est pas Detroit. En guise d’argumentation, ils avancent la croissance démographique que connaît la ville, une économie diverse soutenue par de nombreuses sociétés faisant partie du Fortune 500, des quartiers prospères et un secteur touristique en plein boum.

Pourtant, il y a 5 raisons qui, plus que jamais, suggèrent que Chicago ressemble furieusement à Detroit ou est même dans certains cas dans une situation plus grave. Ou, comme le gouverneur républicain de l’Illinois Bruce Rauner l’a dit le mois dernier, que : « Chicago est vraiment dans le yogourt ».

Des chiffres effrayants

Le passif non capitalisé des caisses de retraite de Chicago s’élève à 20 milliards de dollars et continue de se creuser, ce qui correspond à une obligation non budgétisée de 7400 $ par habitant. Detroit, dont la population d’environ 689.000 habitants représente grosso modo le quart de celle de Chicago, disposait d’un trou de financement de 3,5 milliards de dollars soit une obligation de 5100 $ par tête. Un rapport de janvier 2014 de la recherche de Morningstar a montré que parmi les 25 plus grandes villes américaines et Puerto Rico, Chicago dispose du plus gros passif non capitalisé par habitant en ce qui concerne les retraites.

Un tribunal hostile

Lorsque Detroit a demandé la protection du chapitre 9 en juillet 2013, un juge fédéral a utilisé la pleine étendue de ses pouvoirs pour décréter que toutes les parties concernées (les contribuables, les fonctionnaires, les porteurs d’obligations et les créditeurs) allaient devoir mettre de l’eau dans leur vin pour résoudre la crise. Mais lorsque la cour suprême de l’Illinois a tranché le 8 mai dernier, elle a décidé que l’État ne pourrait baisser le montant des retraites dans le cadre d’une solution globale qui réformerait le système des retraites de l’État. (…)

Paralysie politique

Tout comme Detroit s’est dirigée lentement mais sûrement vers la faillite après des décennies d’avertissements, les politiciens de Chicago ont été les spectateurs de cette descente aux enfers progressive. Durant cette période, ils ont fait l’impasse sur le paiement des pensions en ignorant les dommages financiers occasionnés. Entre 2002 et 2012, la ville a augmenté sa dette obligataire de 84 %, d’après la Civic Federation qui suit les finances de la ville. Soit un supplément de dette de 1300 $ par habitant. (…)

Pas question d’un renflouement.

La déclaration de faillite de Detroit lui a permis de restructurer sa dette, notamment en se délestant de 7 milliards par des coupes dans les retraites et dans les remboursements aux créditeurs. En Illinois, l’État qui dispose de la plus mauvaise note des États-Unis avec son passif non capitalisé pour les retraites de 111 milliards de dollars, le gouverneur Rauner a envoyé un message direct à l’adresse du conseil municipal de Chicago lorsqu’il s’est exprimé devant lui : la ville ne sera pas renflouée par l’État.

Déni

Après des années de déni, les responsables de Détroit ont fini par accepter même si ce fut à contrecœur, des mesures drastiques. Mais jusqu’à présent, le maire de Chicago s’accroche à son opinion que le rejet de la cour suprême de l’Illinois d’une réforme des pensions dans l’État ne s’applique pas à sa ville. (…) Pourtant, Moody’s ne semble pas être d’accord avec lui… »

Commentaire or-argent.eu : Detroit, Chicago, les États-Unis, le Japon, la Grèce… c’est en fait tout le « monde développé » qui est surendetté. Il est possible, grâce à la magie du keynésianisme qui n’est qu’une illusion, de faire durer le mirage de la prospérité pendant quelques décennies, mais tôt ou tard, il faut soit régler l’ardoise, soit l’effacer… Ce qui correspond à choisir entre la peste et le choléra. La Grèce, Detroit et Chicago sont en quelque sorte à l’avant-garde mais ne vous méprenez pas : il ne s’agit que d’un avant-goût de ce qui nous attend tous, presque sans exception.