La déroute des banques européennes

La déroute des banques européennes

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BNP Paribas

Article de l’Economist, publié le 11 février 2016 :

Pourquoi les banques européennes inquiètent leurs investisseurs

Certains des plus anciens établissements européens sont au centre d’une nouvelle tempête financière

Si le début d’année des marchés actions mondiaux fut désespéré, ce fut un véritable désastre pour les actions bancaires. Les titres financiers sont en baisse de 19 % aux États-Unis. Partout ailleurs, l’effondrement est encore pire. Les actions des banques japonaises ont plongé de 36 % depuis le 1er janvier, celle des banques italiennes de 31 % et des banques grecques d’un affreux 60 %. La chute de 24 % de l’indice global du secteur bancaire européen nous a rapprochés des plus bas de l’été 2012, lorsque la zone euro semblait être au seuil de la désintégration… jusqu’à la célèbre promesse de Mario Draghi de « faire tout ce qui sera nécessaire » pour sauver la monnaie unique.

Les remous en Europe concernent aussi bien les grandes banques que les plus petits établissements financiers. Ils affectent des mammouths comme Société Générale et Deutsche Bank dont les actions respectives ont chuté cette semaine de plus de 10 % en quelques heures ainsi que d’autres géants hors de la zone euro comme Barclays et Crédit Suisse.

La fragilité apparente des banques européennes est particulièrement décevante alors que de nombreux efforts ont été déployés durant les années précédentes, notamment au niveau du renforcement des règles prudentielles et de leurs capitaux. (…)

Les taux négatifs sapent les profits des banques

Une partie de la faiblesse récente du secteur bancaire européen provient en partie des inquiétudes concernant l’économie mondiale qui ont poussé les bourses à la baisse. Cette faiblesse s’explique également par les politiques de taux d’intérêt négatifs poursuivies par les banques centrales afin de donner un coup de fouet à l’économie mais qui sapent les profits des banques. La mise en place de taux négatifs par la banque centrale du Japon fin janvier a provoqué la chute des titres bancaires japonais. Les investisseurs ne craignent pas uniquement un manque de perspectives pour la croissance européenne mais un nouvel abaissement du taux directeur de la BCE en territoire toujours plus négatif dès mars. Le 11 février, la banque centrale de Suède a abaissé son taux directeur de -0,35 à -0,5 % provoquant immédiatement des soucis pour les actions bancaires suédoises.

Les racines du malaise des actions des banques européennes sont bien plus profondes. Le gros problème est qu’il y a bien trop de banques en Europe et que bon nombre d’entre elles ne sont pas suffisamment rentables alors qu’elles s’accrochent à des business models dépassés. (…)

Une autre inquiétude largement partagée est que le secteur bancaire italien plie sous le poids des créances douteuses accumulées durant ces dernières années. Même si le PIB italien s’est remis à progresser depuis le début de 2015, il reste environ 9 % plus bas qu’avant la crise de 2008. Ce qui fait mal au aux entreprises italiennes dont les problèmes sont répercutés sur le secteur bancaire. (…) »