Egon von Greyerz : la dernière phase de la destruction des monnaies

Egon von Greyerz : la dernière phase de la destruction des monnaies

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Egon von Greyerz

On risque souvent de passer pour un oiseau de mauvais augure quand on parle de la destruction des monnaies. Pourtant, ceux qui portent ses accusations semble oublier que durant le dernier centenaire, la plupart des monnaies ont déjà perdu entre 97 et 99 % de leur valeur ! C’est ce qu’a rappelé Egon von Greyerz dans sa dernière interview sur KWN :

« Nous sommes au début d’une période d’hyperinflation. Pour l’instant, celle-ci n’est visible que dans les marchés financiers, les marchés immobiliers et d’autres secteurs restreints, comme celui des œuvres d’art et des voitures de collection. En parlant du secteur immobilier, je viens d’apprendre qu’à Monaco, un nouveau bâtiment est en train d’être construit. Dans celui-ci, un penthouse coûtera 300 millions d’euros, ce qui est évidemment un record.

Les monnaies continueront leur déclin jusqu’à zéro. La création monétaire ininterrompue le garantit. Il faut également bien comprendre qu’une grande partie du chemin a déjà été parcouru, alors que les devises majeures du monde entier ont perdu entre 97 et 99 % de leur valeur sur les 100 dernières années. Cette hyperinflation se manifestera dans la plupart des pays développés.

Certaines personnes caractérisent le message diffusé par les experts de KWN comme étant catastrophiste. Pourtant, ces gens sont parmi les plus intelligents des penseurs libres du monde financier. J’en connais beaucoup personnellement, et je peux garantir qu’il s’agit des analystes les plus brillants et les plus sains d’esprit qui tirent la sonnette d’alarme à propos du risque systémique.

Nous ne sommes pas des pessimistes souhaitant le chaos, nous ne faisons que constater les énormes risques qui nous menacent. Le fait de voir ces risques ne fait pas de nous des prophètes de la fin des temps.

Une chose est certaine : si vous pensez que le risque d’incendie est élevé, vous achetez une assurance incendie, car lorsque votre maison a brûlé, il est trop tard. Nous avons à de multiples reprises évoqué tous les risques qui nous menacent, nous allons juste les rappeler rapidement pour ceux qui nous rejoignent.

La plupart des nations développées sont en faillite, car elles ne pourront jamais rembourser ce qu’elles doivent sans inflation. Cela concerne le Japon, les États-Unis, la Grande-Bretagne et la plupart des pays d’Europe. Nous avons également le système financier, qui est plus fragile aujourd’hui qu’en 2008 et 2009 à cause de l’explosion de la dette et des produits dérivés. Le bilan de ces banques est également équilibré uniquement grâce à la valorisation fantaisiste de leurs actifs, bien loin de leur valeur réelle.

Nous avons également la situation géopolitique qui n’a jamais été aussi grave depuis des décennies. C’est en raison de ses risques que les gens doivent acheter une assurance pour protéger leur richesse. Et évidemment, la meilleure assurance, ce sont l’or et l’argent physique, conservés en dehors du système bancaire. De plus, c’est en achetant des actifs sous-évalués et délaissés que l’on peut réaliser une belle plus-value. (…)

L’or a été temporairement surévalué en 2011 après une hausse rapide, nous avons ensuite assisté à une correction longue de 3 ans, mais maintenant l’or est prêt pour reprendre sa hausse. Comment savons-nous que le marché haussier de l’or n’est pas terminé ? Depuis 2011 et le record de l’or à 1920 $ l’once, les gouvernements continuent d’accumuler d’énormes déficits.

Ces gouvernements ont également créé des trillions de dollars d’argent depuis 2011, sans parler de la dette mondiale qui a également énormément augmenté. N’oubliez pas que l’or ne fait que refléter l’état de destruction des monnaies papier. Avec les dizaines de trillions de dollars qui ont été créés depuis le pic de l’or en 2011, le cours du métal jaune va bientôt refléter cette action.

L’or est donc sous-évalué et mal-aimé, ce qui signifie qu’il ne servira pas qu’en tant qu’assurance pour les années à venir, mais qu’il s’appréciera aussi bien plus que vous pouvez l’imaginer. »