Egon von Greyerz sur le risque bancaire en Europe

Egon von Greyerz sur le risque bancaire en Europe

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Article du 2 avril 2015 de KWN :

« La confiscation de l’argent des épargnants et des investisseurs se poursuit à un rythme alarmant. La dernière proposition en la matière a été faite en Australie via une taxe sur les dépôts. Ce n’est que le début parce que les gouvernements désespérés du monde entier continuent d’augmenter leur déficit et ont besoin d’argent pour se financer. Ils annonceront donc des mesures encore plus draconiennes contre les épargnants.

Je m’attends à ce que les gouvernements des États-Unis, de l’Europe et du Japon forcent les épargnants à investir dans les obligations d’État. La même obligation frappera les caisses de retraite et les assurances. Tout surplus disponible dans le système financier sera utilisé pour financer la dette toujours grandissante des états.

Non seulement vous allez voir apparaître des taxes sur les dépôts mais également l’achat obligatoire de la dette des Etats. Tout cela dans un environnement de rendements nuls pour ces obligations. Les épargnants sont aujourd’hui malmenés et devraient sérieusement penser à la petite phrase de Mark Twain, qui a dit : « je suis plus inquiet du retour de mon argent que du retour sur investissement de mon argent ».

Actuellement en Europe, 3 trillions de dette génèrent un taux négatif. Non seulement cela pénalise les épargnants mais c’est aussi un désastre pour les assureurs (assurance vie) et les fonds de pension. Assez tôt il y aura des déficits majeurs, ce qui débouchera sur des pensions sans fonds ou sous financées et peut-être la faillite de sociétés d’assurances ou de fonds de pension.

Les épargnants sont plumés

Entre-temps, les banques profitent de ces taux zéro ou négatifs pour emprunter. Dans le système bancaire américain qui pèse 15 trillions de dollars, les coûts en intérêts ont chuté de 500 milliards à 50 milliards. Soit une réduction du paiement des intérêts de 450 milliards, une perte encaissée par les épargnants. Cela signifie également que leur revenu et leur pouvoir d’achat ont été réduits en conséquence.

On voit bien que les QE et les taux négatifs n’ont pas d’effet positif sur l’économie mondiale. La plupart des chiffres économiques qui sortent aux 4 coins du monde sont en dessous des attentes. Je pense fermement que de nombreux pays seront en récession en 2015, y compris les États-Unis. (…)

Les marchés financiers et en particulier les actions ont été les principaux bénéficiaires de toute cette création monétaire. De plus, les sociétés du S&P 500 ont dépensé de trillions de dollars depuis 2009 pour racheter leurs propres actions, ce qui n’a fait qu’amplifier la bulle.

L’inflation a frappé les actifs et surtout les actions

En 2007, la valorisation des marchés actions était de 60 trillions de dollars pour ensuite plonger à 25 trillions. Aujourd’hui, ces marchés ont plus que triplé pour être valorisés à 80 trillions de dollars. Lorsque les gens disent qu’il n’y a pas eu d’inflation, ils ont tort. Durant les 6 dernières années, nous avons assisté à une inflation massive des actifs financiers. (…) Mais tandis que les gouvernements continuent de faire tourner la planche à billets et que les devises poursuivent leur chute ont a vue également apparaître cette hyperinflation dans l’économie réelle. (…) »