Eric Sprott sur le marché de l’or et les banques

Eric Sprott sur le marché de l’or et les banques

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« Quelque chose d’important devrait se passer cette année sur le marché de l’or, je serais vraiment étonné si cela n’arrivait pas. L’année dernière, le GLD a vendu 700 t d’or physique au marché.

En 2014, le GLD a acheté 12 tonnes, c’est donc négligeable. Ses réserves augmenteront peut-être de 20 tonnes d’ici la fin de l’année, mais là n’est pas l’important. Ce qui est important, c’est que désormais, il y a 700 tonnes qui ne sont plus fournies au marché. Et si le GLD devait acheter davantage, on pourrait arriver à une différence de 800 tonnes, sur un marché mondial qui représente 4000 tonnes.

Qui fournit la différence ? Car l’offre n’augmente pas. C’est pourquoi je pense que cette année, l’or papier risque de se retrouver dans de sales draps. Que ce soit des soucis de livraison du côté du Comex, ou des Chinois, quelque chose devrait se passer dans l’environnement actuel.

Nous devrons donc patienter pour voir comment tout cela tourne, mais je pense toujours que le début d’année fut très bon, en tout cas jusqu’au 11 mars. Nous avons ensuite de nouveau fait face à un gros revers, sans raison apparente. La hausse a ensuite repris pour un mois et demi pour ensuite revivre cette baisse brutale. Mais cela ne pourra pas durer éternellement.

Il faut espérer que les banques commerciales finissent par trouver que ce petit jeu est de moins en moins profitable pour enfin laisser la demande sur le marché physique déterminer le cours de l’or. Une telle perspective est très attrayante, car il n’en faudrait pas beaucoup pour que l’or atteigne les 2000 $ l’once. (…)

À cela, il faut ajouter que les Chinois achètent 1500 t d’or par an. La législation indienne n’a pas encore changé, mais je pense qu’elle le sera et que les Indiens pourront de nouveau revenir plein pot sur le marché de l’or.

Nous savons que la production risque de baisser à cause du manque de financement du secteur minier, de la difficulté de recevoir l’approbation des projets, de la réticence à en démarrer de nouveaux ainsi que du déclin massif de l’exploration minière.

Si on analyse la situation dans son ensemble, on peut voir que tous les catalyseurs sont en place pour un défaut de livraison. Je ne sais pas quand cela aura lieu, mais cela arrivera.

Eric King : « vous semblez presque suggérer que ce défaut de livraison est imminent ? »

Eric Sprott : « penser le contraire est difficile pour moi. Lorsque j’ai démarré sur le marché de l’or en 2000, j’ai lu le livre de Frank Veneroso sur le sujet. Il suggérait que les banques centrales, qui affirment posséder 35.000 tonnes d’or, n’en ont probablement que 18.000 t.

Et chaque année, je vois que les chiffres suggèrent que la demande dépasse l’offre de 2000 tonnes. Cela signifie que l’or ne peut provenir que d’un seul lieu : des banques centrales occidentales. C’est pourquoi j’ai écrit en 2012 l’article « leur reste-t-il de l’or ? » Quand on observe les statistiques officielles et que l’on voit que les États-Unis exportent 40 t d’or un mois, que le Royaume-Uni exporte 112 t d’or vers la Suisse un autre mois, alors que le Royaume-Uni ne produit pas d’or… D’où vient-il ?

Ces chiffres, ce sont les preuves de la manipulation du cours de l’or, mais aussi que ce petit jeu a une date d’expiration. Je pense que nous nous en rapprochons. (…)

Toutes leurs tentatives ont échoué. Qui croit vraiment que l’inflation se monte à 2 % ? Tout le monde sait que c’est ridicule. La stratégie des banquiers centraux a échoué, et ils vont devoir en payer le prix.

Lorsqu’on entend que des banques vont au tapis, que pensons-nous immédiatement ? « Il faut que je sorte mon argent ». Mais que faire avec ? Autant le mettre dans quelque chose de tangible. Les crédits présentant des impayés sont de plus en plus nombreux, les profits des banques sont en berne. Je ne mettrai jamais mon argent dans une banque. Le secteur est tellement risqué.

La plupart des gens l’ignorent, car ils ne savent pas que lorsqu’ils déposent de l’argent à la banque, ils font en fait un prêt à celle-ci. Si cet argent est ensuite prêté à quelqu’un d’autre et qu’il n’est pas remboursé, le déposant est responsable. L’Allemagne vient de le confirmer en passant une nouvelle législation allant de ce sens. »

Source : partie 1 et partie 2 de l’interview d’Eric Sprott sur KWN