État des lieux économique par Egon von Greyerz

État des lieux économique par Egon von Greyerz

Egon von Greyerz

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Durant la dernière crise, les gouvernements ont sauvé le système financier grâce au plan de sauvetage le plus massif de l’histoire. Les banquiers comme les épargnants ont été sauvés par la création monétaire et le crédit.

Cela s’est fait bien entendu aux dépens du citoyen ordinaire, qui doit désormais assumer l’augmentation énorme de la dette gouvernementale. Vu que chaque gouvernement de la planète augmente exponentiellement sa dette, personne ne se soucie de son remboursement. Bien entendu, cette dette ne sera jamais remboursée. D’ici quelques années, elle implosera dans une vague de défauts souverains. Simultanément, tous les actifs qui ont été dopés par cette dette imploseront aussi : les actions, l’immobilier et les obligations.

La prochaine fois, les banques ne seront pas sauvées par les gouvernements. Il s’agira cette fois d’un renflouement interne. Cela signifie que les actifs et l’argent des épargnants seront utilisés pour sauver les banques. Mais vu que la plupart des banques utilisent des effets de levier de 20 à 50, voire plus si on prend en compte les produits dérivés, ces actifs seront insuffisants. J’anticipe donc un programme de création monétaire jamais vu. Mais il sera aussi insuffisant pour sauver le monde. Par contre, cette tentative débouchera sur une onde de choc hyperinflationniste qui laissera ensuite la place à une implosion déflationniste.

Les actions bancaires malmenées

Pour en revenir aux bancaires, elles sont en chute libre aussi bien aux États-Unis qu’en Europe. Aux États-Unis, elles ont atteint un plus bas de plusieurs années par rapport aux autres titres tandis qu’en Europe, elles ont chuté de 20 % en 4 semaines. Les titres Deutsche Bank et Crédit Suisse ont atteint leur plus bas de 2009. L’augmentation récente du QE de la BCE a eu un petit effet à court terme, mais désormais il y a du sang dans les rues. Il ne fait aucun doute que la plupart des banques seraient insolvables si elles comptabilisaient leurs actifs toxiques à leur valeur de marché. Aucun QE ne changera cet état de fait, par contre il pourrait offrir aux banques un répit de quelques mois.

Il me semble très clair que les actions bancaires indiquent ce que nous savons depuis un moment, à savoir que nous sommes en train d’entrer dans une période dans laquelle le marché commence à reconnaître les risques sérieux que présente le système financier. Ironie du sort, la politique de taux planchers des banques centrales contribue à la mort des banques. Premièrement, les banques ne peuvent dégager une marge véritable sur les dépôts. Deuxièmement, les taux planchers n’encouragent pas les dépôts. Sans une épargne solide, les investissements déclineront également. Et dans une économie déflationniste à taux bas, il est impossible d’obtenir un retour sur investissement décent sans prendre d’énormes risques.

Les avertissements répétés du FMI

Le FMI a lancé des avertissements à propos du risque systémique sur le marché de l’assurance-vie. Avec de tels taux, ces sociétés sont incapables de générer un rendement suffisant pour leurs clients. Ce secteur, qui pèse 24 trillions de dollars, prend donc de très gros risques pour générer du rendement. Le constat est le même pour le marché des pensions. La plupart des caisses de retraite, privées et publiques, sont sévèrement sous-financées. Lorsque cette crise sera terminée, les pauvres retraités devront se contenter de miettes.

De nombreux indicateurs montrent que l’économie mondiale est en train de plonger. Le commerce mondial décline rapidement, comme les profits, dans de nombreux pays. La production industrielle baisse, par exemple au Japon, où elle n’a plus chuté autant depuis 2011. Les problèmes de la Grèce n’ont pas été résolus. La situation des banques y est mauvaise, le taux de chômage est de 25 % et le PIB est en baisse de 27 % depuis le début de la crise.

Rappelez-vous que durant la Dépression des années 30 aux États-Unis, le PIB avait chuté de 32 %. La Grèce n’est donc pas loin de ce niveau. (…) La situation n’est pas meilleure en Italie, en Espagne, au Portugal ou même en France. Les marchés émergents étaient le moteur de la croissance mondiale : durant les 15 dernières années, la Chine, l’Inde, le Brésil et la Russie ont généré 50 % de la croissance mondiale. Mais avec les cours des matières premières qui s’effondrent, ces pays sont désormais en déclin sévère.

Alors que les perspectives se détériorent partout, la Banque Mondiale ne cesse de réviser à la baisse ses perspectives de croissance. (…)

Depuis le début de l’année, l’or se comporte bien, ayant progressé de 7 à 18 % en fonction de la devise. C’est en dollars que l’or a le plus grimpé, de 18 % depuis le début de l’année, alors que le billet vert se déprécie par rapport aux autres monnaies. Par rapport au Franc suisse, par exemple, le dollar a baissé de 5 % depuis janvier. Je pense que la baisse du billet vert va s’accélérer dans les mois à venir alors que ce dollar surévalué démarre sa descente vers sa valeur intrinsèque, qui est de zéro. La plupart des autres devises suivront dans son sillage. Vu la dévaluation continue des devises, mesurer un rendement ou un patrimoine en euros ou en dollar n’a aucun sens. L’or est bien sûr le meilleur étalon, car il s’agit de la seule monnaie qui a survécu à l’épreuve du temps.

Comme vous le savez, je pense qu’il est essentiel de posséder de l’or physique et de le conserver en dehors du système bancaire et en dehors de votre pays de résidence. Il ne faut surtout pas le mettre à la banque, car si le système bancaire s’effondre, au mieux vous n’aurez pas accès à votre or avant un bon bout de temps, au pire il se sera volatilisé. (…)

Nous avons acheté beaucoup d’or pour nos clients en 2002, lorsqu’il était à 300 $ l’once. Il s’est ensuite envolé jusqu’à 1900 $ pour valoir aujourd’hui 1240 $. À ce niveau, son prix ajusté à l’inflation réelle est quasi le même qu’en 2002. Non seulement l’or n’est pas aujourd’hui en odeur de sainteté, mais il est aussi sous-évalué. (…)  »