Gerald Celente sur les perspectives de l’or

Gerald Celente sur les perspectives de l’or

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Gerald Celente

Interview de Gerald Celente donnée le 22 juillet à KWN :

Eric King : « Gerald, depuis la première fois que l’or est passé en dessous des 1200 $ l’once en juin 2013, vous avez affirmé que le risque baissier était limité à 100/150 $ et vous avez répété cette prédiction à plusieurs reprises malgré le récent plongeon du métal jaune, la précision de votre prédiction est remarquable mais comment saviez-vous que le marché serait secoué une dernière fois ? »

Gerald Celente : « Parce que les marchés sont manipulés. Il ne s’agit pas d’une théorie du complot, c’est un fait. Nous savons déjà que le LIBOR et le marché des changes sont manipulés, nous savons également qu’il y a des enquêtes concernant la manipulation du marché de l’or et ce n’est pas dans l’intérêt des banques centrales, qui créent des trillions de dollars de monnaie fiduciaire afin de soutenir les marchés actions, de voir leur monnaie se dévaluer.

J’ai toujours acheté de l’or en tant que valeur refuge dans un monde qui dévalue sous nos yeux la valeur des devises. Je n’ai jamais cherché à acheter de l’or pour me protéger de l’inflation car j’ai toujours pensé que les économies mondiales allaient ralentir de façon dramatique d’un point de vue de l’industrie et de la consommation ce qui signifie surabondance de l’offre et baisse de la demande, donc la déflation. Elle se manifeste déjà dans le cours du minerai de fer, du cuivre, du nickel, de l’aluminium, du pétrole et même des matières premières agricoles alors que la demande continue de faiblir.

Les nations productrices de matières premières en sérieuse difficulté

Pour moi l’achat d’or est donc une protection contre la dévaluation des devises mondiales. Aujourd’hui le dollar australien et à son plus bas depuis 6 ans face au dollar. Quelles sont les plus grosses exportations de l’Australie ? Le minerai de fer et d’autres métaux.

Le dollar canadien est également au plus bas face au dollar américain, la devise d’un pays qui exporte beaucoup de pétrole notamment provenance de sable bitumineux, cher à produire.

Le real brésilien est également à son plus bas face au billet vert depuis 10 ans. Pourquoi ? Car il s’agit d’un pays riche en ressources naturelles qui ne dispose pas d’un marché domestique suffisant pour écouler sa production. La roupie indienne est au plus bas depuis 17 ans face au dollar parce que le secteur industriel indien ralentit ainsi que le développement. Si les Américains ne consomment pas, les Indiens, les Chinois et les Vietnamiens ne peuvent pas fabriquer.

La problématique va bien plus loin que l’or. Le Canada est en récession, l’Australie est en bonne voie de l’être, les devises des pays d’Amérique latine qui produisent beaucoup de matières premières sont massacrées, un environnement qui précède une énorme récession mondiale. C’est pourquoi les sirènes d’alarme résonnent. N’oubliez pas que le FMI vient de réduire ses prévisions de croissance à des niveaux qui n’ont été plus vu depuis 2009, au pire de la grande récession. (…)

Pourquoi le dollar est-il si fort ? Uniquement parce que les autres devises le battent dans la course vers le fond qu’elle se livre toutes. La vigueur du dollar n’est pas à remettre sur le compte des capacités de production des États-Unis ou de sa croissance économique. Tout le monde peut voir les chiffres décevants des ventes de détail mais maintenant ils ne peuvent plus utiliser : l’excuse bidon de l’hiver rigoureux. N’oubliez pas que la consommation représente 2/3 du PIB américain. Il n’y a pas d’embellie économique, le Ponzi global va s’effondrer. Les Chinois viennent d’injecter 200 milliards dans leurs marchés boursiers pour les soutenir et malgré cela, ils se sont simplement stabilisés. Les tentatives de faire repartir la machine ne marchent plus.

C’est pourquoi j’ai toujours dit que mon or me servira pour mes vieux jours. Je ne suis pas un trader or, j’en possède à long terme. En bref, je pense que le pire est derrière le marché de l’or. Pourrait-il encore baisser ? Oui. Mais en comparaison avec le potentiel haussier allant au-delà de 2000 $ l’once, le risque d’une baisse est limité. »