« L’Italie à 2 doigts de sortir de la zone euro ! » L’édito de Charles SANNAT

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Italie

Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

Je ne sais pas pour vous, mais cette année, je suis content… J’ai réussi à ne pas prendre un kilo de plus pendant les fêtes, et cela faisait longtemps que je n’y étais pas arrivé ! Très content également de vous retrouver pour suivre avec vous cette nouvelle année qui s’annonce passionnante et plus que riche comme événements à venir.

Je vous adresse tous mes vœux de santé. La santé, nous ne la maîtrisons pas ou si peu. Elle s’impose à nous. Pour le reste, nos actions peuvent faire la différence.

Cette année, je ne vous souhaiterai pas le bonheur, car c’est à chacune et chacun de nous de le conquérir. Cette année, je ne vous souhaiterai pas plus la richesse, parce que c’est à chacune et chacun de nous d’aller la chercher.

Ce que je sais c’est que la richesse, comme le bonheur, quoi que vous y mettiez, cela se construit chaque jour à base de choix, de force, de courage, de conviction et de persévérance.

Même dans les pires moments, il y a des opportunités. Même quand des fortunes se volatilisent par milliers, d’autres se créent.

Ce que je veux dire c’est que si nous ne naissons pas heureux, nous sommes les premiers responsables de nos joies et de nos malheurs à l’exception justement de la santé.

Alors à toutes celles et ceux qui liront ces lignes, je vous souhaite du fond du cœur une santé de fer car elle vous permettra d’aborder cette année 2017 avec la force et le courage d’aller de l’avant, de faire des projets, de vous projeter, même dans ce monde incertain, flou, mouvant.

Cette année sera collectivement très difficile. Je vous souhaite à vous tous de savoir passer à travers les gouttes du malheur.

Le président de l’IFO évoque la sortie de l’Italie de la zone euro

L’IFO c’est le plus gros institut de prévision économique allemand. Les analyses de l’IFO, c’est un peu le « la « européen de l’économie. C’est donc, pour ceux qui ne le connaissaient pas, une « institution » particulièrement écoutée.

Voici ce que nous relate un article du Figaro :

« Un Brexit à l’italienne ? C’est le scénario craint par Clemens Fuest, dans une interview accordée au quotidien Tagesspiegel. «Le niveau de vie, en Italie, est le même qu’en 2000, explique le président de l’institut économique allemand Ifo. «Si cela ne change pas, les Italiens finiront par dire : “Nous ne voulons plus de la zone euro”».

La dette publique ne cesse de croître. Elle a atteint 133 % du Produit intérieur brut en 2016, contre 129 % trois ans auparavant. L’Institut national des statistiques (Istat) a récemment revu les prévisions de croissance du pays pour 2016 et 2017. Il table désormais sur 0,8 % cette année (contre 1,1 % auparavant) et 0,9 % en 2017.

Pour éviter que l’Italie ne sombre un peu plus, l’Union européenne pourrait éventuellement octroyer des aides. Un scénario auquel Clemens Fuest ne semble pas vraiment favorable. «Avec l’approbation d’un plan de sauvetage pour l’Italie, le Bundestag ferait peser un risque sur les contribuables allemands, dont il ne connaît pas le montant et qu’il ne peut pas contrôler», assène-t-il, estimant que les députés allemands devaient se refuser à signer un tel plan. À titre indicatif, la Banque centrale européenne (BCE) a demandé un plan de sauvetage de 8,8 milliards d’euros afin de secourir la banque Monte dei Paschi di Siena, la semaine passée. »

L’Italie est le vrai problème de la zone euro ! … Avec la France

Si la Grèce a fait vaciller la zone euro, ce n’est pas tant pour des raisons économiques que pour des raisons purement politiques.

En gros, le PIB de la Grèce ce n’est pas grand-chose : on parle de moins de 200 milliards d’euros ! Ce n’est même pas le budget de l’État français. C’est moins de 10 % de notre PIB à nous et comparé au PIB européen, c’est insignifiant.

Le problème grec, c’était d’abord un problème bancaire (quelles banques détenaient de la dette grecque) potentiel mais surtout une question centrale politique. Comment sauver un pays vacillant de la zone euro sans remettre en cause les traités, les règles, et sans conduire les Allemands à payer pour le reste de l’Europe ?

Cette question a été très mal traitée par nos dirigeants, coincés entre leur volonté d’Europe et leur refus de payer pour les autres, écartelés entre plus de solidarité et une fuite éperdue dans le chacun pour soi. Du coup, cela fut générateur de fortes craintes. C’est encore le cas, mais comme vous pouvez le constater, les peurs sont nettement moins exacerbées.

L’Italie c’est évidemment un tout autre morceau. Troisième économie européenne derrière l’Allemagne et la France, on parle d’un stock de dettes de 2 500 milliards de dollars, d’un PIB de presque 2 200 millions de dollars, et si j’exprime cela en dollars et non en euros c’est pour vous montrer à quel point cela est significatif même à l’échelle mondiale.

D’ailleurs, à propos du dollar, avez-vous vu à quel point, après avoir été à un plus haut de 1,60 dollar pour 1 euro, nous nous rapprochons de la parité de 1 euro… pour 1 dollar !

À votre avis, que vous indique cette chute importante de notre monnaie face au dollar que pourtant tout le monde donnait pour « mort » ? Non seulement le dollar n’est pas mort, mais l’euro a toutes les chances d’exploser avant lui ! C’est aussi ce risque que le mouvement sur les parités euro-dollar sanctionne.

L’Italie c’est « too big to save » !

L’Italie c’est un pays tout simplement trop gros pour être sauvé !

Pour la France, c’est la même chose.

Alors effectivement, le Portugal semble plus fragile que la France, et la Grèce encore plus que le Portugal, mais finalement, tous ces pays, même si c’est compliqué, politiquement risqué, sont « sauvables » par une action de la BCE et par des « bricolages » économiques qui peuvent faire illusion comme ces dix dernières années de crise ont su nous le montrer.

Mais l’Italie ou la France ne sont pas « sauvables ». Ce sont donc les pays maillons-faibles, les pays qui feront vaciller la zone euro, et l’Italie est largement devant nous en termes de dettes publiques hors de contrôle.

Ce constat, le président de l’IFO vient de le partager publiquement, en expliquant de surcroît qu’il était hors de question pour l’Italie de faire appel aux contribuables allemands.

Vous avez donc aimé la crise de 2007 ?

Vous allez adorer celle de 2017 !

Il est déjà trop tard. Préparez-vous !

Charles SANNAT

Crédit photo : Riccardo Nobile via Flickr

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