James Turk : la guerre contre l’or s’intensifie

James Turk : la guerre contre l’or s’intensifie

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james turk

Dans sa dernière intervention sur KWN, James Turk revient sur le raid dont l’or est victime depuis le début de la semaine suite à la révision des réserves d’or de la Chine. Nous enchaînons ensuite avec les états d’âme de John Embry sur le même sujet :

« La guerre contre l’or s’intensifie. Il y a un message très clair derrière cette chute du cours : le gouvernement américain n’a pas apprécié l’annonce de la banque centrale de Chine faisant état d’une augmentation de 604 tonnes de ses réserves d’or.

Cette intervention délibérée sur le marché de l’or qui a eu lieu via des ventes massives de papier à l’ouverture de la bourse de Shanghai avait pour but de mettre dans l’embarras la Chine pour avoir osé communiquer une révision de ses réserves d’or.

Or : une guerre psychologique et d’usure

Deux autres raisons expliquent également cet événement. Le premier objectif était de faire peur aux mains faibles en les portant à croire que les États-Unis mènent toujours la danse monétaire et sont capables d’influencer le cours de l’or selon leur bon vouloir. Le second était de permettre aux banques de lingots de couvrir leurs positions short en engrangeant dans la foulée des profits mirifiques en créant cette panique de vente qui a eu lieu sur d’énormes volumes.

Nous ne devons pas perdre de vue qu’aucun gouvernement ne dispose du pouvoir de fausser perpétuellement les marchés. Cela a été prouvé en 1968 lorsque le Gold Pool de Londres s’est effondré ainsi qu’en 1999 lorsque Gordon Brown a tenté de pousser le cours de l’or à la baisse en annonçant la vente d’une partie des réserves d’or de la Grande-Bretagne avec préavis.

Ces 2 événements du passé avaient engendré des plus bas importants pour le cours de l’or. Évidemment, seul le temps nous dira si un plus bas crucial a été atteint cette semaine mais les similarités entre le sentiment qui règne aujourd’hui et en 1999 en disent long.

Suite à la chute du cours, l’or est désormais en baisse de 6 % cette année par rapport au dollar mais toujours en hausse de 5 % par rapport à l’euro. Malgré cette attaque, l’or a grimpé dans la majorité des devises. Pour l’instant, le métal gagne donc la guerre sauf contre le dollar.

Depuis la fin des années 60, les États-Unis n’ont pas ménagé leurs efforts pour supprimer l’or du système financier international. Ce qui est ironique vu que le dollar a acquis son statut de monnaie de réserve car il était adossé à l’or mais ils s’en moquent car ils veulent être en mesure d’étendre leur pouvoir en imprimant de la monnaie comme bon leur semble. (…) »

John Embry

« Lorsque le marché de l’or s’est ouvert au Moyen-Orient, quelqu’un a vendu pour 2,7 milliards d’or papier. C’est donc sans surprise que le cours s’est effondré de 50 $ l’once quasi instantanément. Lorsqu’on vend 30 % de la production minière annuelle en 2 minutes, cela tend à provoquer un impact dramatique sur le cours.

Reste à savoir pourquoi. Ce qui est certain c’est que si tout allait bien dans le monde économique et financier, ce genre d’action ne serait pas nécessaire. À quel point la situation est-elle catastrophique ? Si vous considérez que la dette mondiale a augmenté de 60 trillions depuis la crise financière de 2008 pour porter le total à environ 200 trillions de dollars, il est choquant de constater que malgré tout la majorité des économies du monde entier ralentissent.

Le problème est pourtant évident. Aussi bien les États-Unis que la Chine surestiment clairement leur croissance économique. Le PIB américain pourrait déjà être en déclin si les calculs étaient faits correctement. (…)

Lorsque, et ce n’est qu’une question de temps, le dollar perdra son statut de monnaie de réserve, les conséquences pour les États-Unis surendettés seront énormes. Les autorités le savent et remueront ciel et terre pour reporter l’inévitable notamment en poussant le cours des métaux précieux à la baisse. Il est crucial pour elles que l’or et l’argent ne soient pas perçus en tant qu’alternative au système de l’argent papier en faillite. (…) » (source)