James Turk sur la Grèce, le Japon et l’argent physique

James Turk sur la Grèce, le Japon et l’argent physique

Interview de James Turk sur KWN, publiée le 8 juin 2015 :

« Commençons aujourd’hui par la Grèce. Il est clair que les caisses du gouvernement sont vides mais les eurocrates font tout ce qui est en leur pouvoir pour repousser l’échéance.

Quasi l’intégralité de la dette grecque a été transférée du bilan des banques et des autres prêteurs privés vers le secteur public à savoir l’Union européenne, la BCE et le FMI. Il ne s’agit que d’un exemple de la façon dont la politique fonctionne aujourd’hui.

Les banques ont refourgué leurs actifs pourris dans les mains des institutions financées par les contribuables afin que ce soient eux, plutôt que les actionnaires des banques, qui essuient les pertes et avec une dette qui totalise 320 milliards d’euros, les pertes sur la Grèce seront énormes. Pourtant, ce pays n’est qu’une petite partie d’un monde qui croule sous les problèmes.

L’onde de choc financière à venir

Le Japon est engagé dans la dévaluation de sa monnaie tel un TGV sur ses rails, la sonnette d’alarme des pays asiatiques exportateurs s’est enclenchée. La crise asiatique de 1997 s’est propagée en raison de la dévaluation de la monnaie chinoise, il ne nous reste donc qu’à attendre pour voir si le Japon sera l’initiateur d’une onde de choc financière similaire.

Les taux d’intérêt sur la dette à long terme augmentent quasi partout mais particulièrement dans les pays socialistes surendettés. Ces gros emprunteurs ne peuvent même pas se permettre de payer les taux d’intérêt négligeables obtenus par les manipulations des banques centrales. Des taux d’intérêt plus élevés ne feront qu’empirer les déficits budgétaires massifs de ces pays insolvables mais la menace d’une hausse des taux pose un risque caché encore plus grave.

Il existe pour des zillions de paris sur les produits dérivés qui sont en perte alors que les taux d’intérêt sur les obligations et d’autres dettes à long terme augmentent. Nous avons vu ce qui s’est passé en 2008 lorsque les banques se trouvaient du mauvais côté de ces paris. Il me semble qu’une nouvelle déconfiture semblable à 2008 n’est plus bien loin.

Le thème récurrent des points que nous venons d’aborder, c’est le risque de contrepartie. Le risque de défaut va sans aucun doute continuer d’empirer ce qui signifie que les actifs tangibles sont plus que jamais la meilleure alternative.

L’argent, l’actif le plus sous-évalué du monde

À ce propos, ce graphique à long terme (en en-tête) montre très clairement les grandes perspectives pour l’argent qui est selon moi l’actif le plus sous-évalué du monde. Nous en avons déjà parlé. Vu qu’il s’agit d’un graphique à long terme sur plusieurs décennies, on pourrait avoir l’impression que rien n’a changé mais chaque semaine qui passe, cette formation de type « cup and handle » (tasse et anse) continue de se développer.

La formation de ce graphique est sans aucun doute l’un des plus mauvais augures que j’ai vus dans ma carrière longue de 50 ans et j’en ai vu beaucoup.

Bien sûr, un graphique qui s’étale sur 4 décennies ne permet pas de dire à la minute que la hausse va démarrer mais il présente 2 avantages : il vous permet d’identifier un actif sous-évalué qui est accumulé par des investisseurs solides et bien positionné sur ce marché car le graphique hurle qu’une hausse est à venir. »