James Turk sur la situation désastreuse des finances des États-Unis

James Turk sur la situation désastreuse des finances des États-Unis

james turk

Interview de KWN de James Turk du 26 octobre 2015 :

« Nous sommes une fois de plus dans l’attente des décisions du Comité de la Fed, qui se réunit mardi et mercredi. L’opinion qui prévaut est que la Fed ne touchera pas à ses taux à l’occasion de cette réunion car l’économie continue de faiblir. Il n’y a pas que les États-Unis qui ne cessent de se rapprocher de la récession, si le pays n’est pas déjà plongé dedans. En fait, l’économie mondiale ne cesse de se rapprocher du bord de la falaise.

Une folie sans précédent

Résultat des courses, les banques centrales sont dans tous leurs états. Elles continuent d’intervenir dans l’espoir illusoire de pouvoir perpétuer la mentalité « d’achat à crédit » à travers leurs interventions sur les marchés. Un état d’esprit qui règne dans quasi tous les gouvernements du monde. Dans les faits : les conséquences de cette répression financière des banques centrales continuent de semer le chaos sur les marchés en créant des distorsions sur l’emploi du capital et sa rémunération.

Rendement négatif pour les obligations italiennes à 2 ans

Voici un excellent exemple qui illustre la folie actuelle : la semaine dernière, le rendement des obligations italiennes à deux ans est passé en dessous de zéro. Imaginez ce que cela signifie. L’Italie est l’un des plus gros emprunteurs d’Europe mais cela ne l’empêche pas depuis la semaine dernière d’être payé pour qu’on lui prête des euros.

C’est vraiment bizarre. On assiste à la destruction du capital par les politiques de taux d’intérêt imposées par les banques centrales sur l’épargne. Malgré tout, ne vous attendez pas à ce que la BCE ou la Fed augmentent leurs taux dans un avenir proche, pour une autre raison encore plus importante : la plupart des gouvernements sont incapables de supporter les charges découlant d’un taux d’intérêt juste. Leur fardeau de la dette est simplement trop démesuré par rapport aux recettes qu’ils peuvent collecter via la fiscalité.

Les Etats-Unis : un pays en faillite

Ce déséquilibre est particulièrement visible pour les États-Unis, ce qui explique pourquoi j’ai toujours pensé que la Fed n’augmenterait pas ses taux, quoi qu’elle dise. Il s’agit d’arithmétique simple. Le gouvernement américain a une dette de 18 trillions. Si la Fed devait augmenter son taux directeur ne fut-ce que de 1 %, cela signifie que le gouvernement aurait à payer 180 milliards supplémentaires en intérêts sur sa dette. Un taux juste d’environ 5 % équivaut lui à environ un trillion d’intérêts annuels.

Le gouvernement américain n’est pas prêt à réduire ses dépenses pour supporter cette charge financière additionnelle. Il empruntera tout simplement plus, creusant au passage son déficit et sa dette tout en érodant la valeur du dollar et  maintenant que les caisses du gouvernement américain sont quasi vides, augmenter les taux est la dernière chose que la Fed fera.

Pire encore, le gouvernement joue avec sa dette. J’ai préparé le tableau suivant qui rassemble les résultats financiers du gouvernement depuis février afin d’illustrer ce point.

situation des finances américaines en 2015

Ce tableau montre que la dette fédérale est inchangée depuis février soit lorsque le plafond de la dette de 18,15 trillions de dollars fut atteint pour la première fois. Pourtant depuis cette date, le gouvernement fédéral a accumulé un déficit de 215 milliards. Cela signifie que le gouvernement a dépensé tout l’argent qui se trouve dans ses caisses ainsi que les montants qui ont été collectés par ses caisses de retraite ce qui montre à quel point les États-Unis sont en faillite. Le gouvernement américain sera à court d’argent si le plafond de la dette n’est pas relevé dans les jours qui viennent.

Tout ceci est évidemment positif pour l’or et l’argent. Cela fait deux ans que ces métaux construisent une base de support, tandis que des acteurs solides vendent du dollar pour acheter du métal physique.

(…) Les banques centrales ont fait sauter tous les garde-fous avec leur répression financière. Son objectif est de permettre aux Etats socialistes surendettés de rester à flot. La situation financière précaire du gouvernement américain montre à quel point il se trouve au bord du précipice. »