John Crudele : alerte aux chiffres de l’emploi bidons

John Crudele : alerte aux chiffres de l’emploi bidons

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Article publié le 4 mai dans le NY Post :

« Préparez-vous à une nouvelle balade économique. La semaine dernière, de mauvaises nouvelles sont tombées avec l’annonce d’une croissance anémique durant les trois premiers mois de 2015.

De plus, tout porte à croire que la croissance annualisée de 0,2 % de l’hiver rapportée par le Département du Commerce se muera en contraction durant les révisions de la fin mai.

Pire encore, la croissance du PIB au second trimestre ne fait pas beaucoup mieux. L’indicateur GDPnow de la Fed d’Atlanta, qui mesure le taux de croissance des États-Unis en temps réel, rapporte actuellement une maigre croissance annualisée de 0,8 % pour le T2.

Donc l’économie ne se porte pas bien, n’est-ce pas ? Oui, mais vous pourriez avoir du mal à y croire d’ici vendredi. Pourquoi ? Parce que nous allons nous faire balader.

Vendredi, le Département du Travail va annoncer le nombre d’emplois créés et le taux de chômage en avril. Cependant, roulement de tambour, les chiffres seront probablement moins affreux que ceux de la croissance.

Pourquoi ? Parce que le département utilise des artifices statistiques pour calculer ces chiffres printaniers de l’emploi. Chaque printemps, il ajoute des emplois fantômes à son comptage, des emplois qui auraient été créés mais sans qu’aucune preuve de leur création soit apportée.

Cette propension à compter les fantômes dépend de la météo. Sans blague. Pour le Département du Travail, bonne météo = création de sociétés = création de postes.

Alors que nous sommes à une époque où tout se sait instantanément, ce ministère continue d’estimer le nombre de créations d’entreprises et d’emplois.

Ce vendredi, à 8 h 30, le Labor va inclure 263.000 postes fantômes dans ses chiffres d’avril. Ce fut en tout cas ainsi qu’il avait procédé en mai dernier. Pour mai, il devrait ajouter 204.000 postes fantômes tandis que les chiffres tombent de juin à août (à 129.000, 122.000 puis 104.000).

Aucun détail sur l’existence véritable de ces emplois n’est fourni. Et si les sociétés s’étaient mises à mourir en silence au printemps au lieu de se multiplier comme des pissenlits ? Eh bien, on s’en souciera plus tard. (…)

Le chiffre annoncé vendredi sera donc une illusion. Une tromperie. Une blague. (… ) »