Keith Barron sur l’or et l’Irak

Keith Barron sur l’or et l’Irak

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En pleine crise ukrainienne, un nouvel événement géopolitique s’est invité sur les marchés pour gâcher la fête et rappeler aux euphoriques que de nombreux nuages noirs planent au-dessus de l’économie mondiale. L’Irak est plus que jamais au bord de l’implosion, ce qui a évidemment eu des conséquences sur le cours du pétrole et de l’or. Keith Barron (KWN) :

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« Ce qui se passe en Irak est très important. Nous avons vu que la grande ville de Mossoul a été prise par les djihadistes, qui se sont ensuite emparés de Tikrit, la ville de Saddam Hussein. Les rebelles ont coupé la tête des policiers et des soldats loyaux au gouvernement en abandonnant les cadavres dans les rues.

Apparemment, il y aurait déjà 500.000 réfugiés qui se sont enfuis vers la frontière, le cours du brut s’est envolé. Je vous l’avais dit à de nombreuses reprises : quelque chose d’inattendu pourrait marquer le coup d’envoi de la hausse de l’or. Cet événement sorti de nulle part, le voici avec l’Irak.

Il est assez sérieux que pour avoir le potentiel de déstabiliser tout le Moyen-Orient. Le président Obama a déjà déclaré qu’il ferait tout ce qui est possible pour stabiliser la situation, mais je pense que les États-Unis ont déjà clairement perdu le contrôle de l’Irak. Pour les soldats qui pensaient se battre pour la liberté et la justice, il semblerait qu’ils soient intervenus pour rien.

Les États-Unis ont également gaspillé énormément d’argent avec ces 2 conflits (guerre du Golfe 1 et 2). Il est clair que l’Occident perd le contrôle de la situation au Moyen-Orient, que l’Irak est totalement hors de contrôle. C’est également un échec en Syrie, et maintenant le contrôle de l’Irak leur échappe.

Il ne faut pas oublier que l’Irak était censé devenir une énorme source d’approvisionnement de pétrole pour l’Occident. Ce qu’il se passe a évidemment poussé à la hausse le baril, mais aussi l’or et l’argent (…) malgré que les médias minimisent la situation.

À propos de l’or et de l’argent, ils construisent leur base depuis longtemps. Il ne manquait qu’un catalyseur pour démarrer la hausse. Est-ce le début d’un mouvement solide ? Peut-être. Ils avaient réussi à faire chuter l’or lors de l’annonce des dernières mesures de la BCE, mais l’or a déjà rebondi au-dessus de son niveau antérieur et je pense que cela va continuer.

L’Irak est un problème plus difficile à gérer pour les banques centrales occidentales : les mots ne suffiront pas pour rassurer les marchés. En Irak, les rebelles mettent désormais le cap sur Bagdad, c’est la panique dans la population. Le 12 juin, à Mossoul, 40 employés du Consulat de Turquie ont été capturés par les djihadistes. On en a très peu parlé dans les médias, mais c’est très sérieux.

Le brut a explosé parce que les champs de pétrole vont se retrouver dans les mains des djihadistes. Lorsqu’ils vont arriver dans le golfe de Bassora, on assistera alors au feu d’artifice car c’est là que se trouvent les plus grosses réserves de pétrole irakien.

Des informations circulent aussi comme quoi les insurgés auraient dévalisé une banque de Mossoul et subtilisé plus de 400 millions de dollars en monnaie locale. De quoi acheter de nombreuses armes et volontés. La situation est grave ; en 30 ans, jamais la situation Moyen-Orient n’a paru aussi explosive. »