La Grèce s’est-elle couchée ?

La Grèce s’est-elle couchée ?

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Qui allait plier la première entre la Grèce et l’Allemagne ? L’accord semble indiquer que la Grèce s’est couchée. Cependant, il reste 2 grands points d’interrogation. Tout d’abord, si les réformes proposées par Athènes ne sont pas approuvées ce lundi, l’accord sera enterré. Et deuxièmement, que se passera-t-il lorsque cet accord de 4 mois expirera ?

Ne nous voilons pas la face, les grandes déclarations fracassantes de Tsipras et Varoufakis paraissent grotesques au vu de ce qu’ils ont signé hier. Ils avaient juré de mettre un terme à la Troïka or tout ce qu’ils ont fait en paraphant cet accord de 4 mois ce week-end c’est de changer les termes Troïka par Institutions et les mots créditeurs en partenaires ; rien n’a changé. En Grèce on n’est pas dupe : Syriza est sous le feu nourri de la critique (encore mieux que Le Changement C’Est Maintenant de Hollande). Elle provient même de son propre camp, même si la plupart des cadres de Syriza se sont murés dans le silence préférant ne pas évoquer les termes douloureux de cet accord.

Certains n’ont tout de même pas hésité à s’attaquer frontalement à la direction du parti. C’est notamment le cas de Manolis Glizas, qui n’a pas mâché ses mots en publiant sur son blog le message suivant :

« Renommer la troïka en institutions, mémo en accord et créditeurs en partenaires ne change rien à la situation antérieure, si ce n’est faire de la sémantique. Bien sûr, il n’est pas possible de changer le vote du peuple grec des élections du 25 janvier 2015. Les gens ont voté pour les promesses de Syriza : mettre fin à l’austérité qui est non seulement la stratégie de l’oligarchie de l’Allemagne et des autres pays de l’Europe mais aussi la stratégie de l’oligarchie grecque. Pour mettre fin aux mémos et à la Troïka, pour abolir toutes les lois de l’austérité. Le lendemain des élections c’est ce que nous avons fait. Désormais, un mois s’est écoulé et les promesses n’ont pas été mises en pratique. Dommage, 1000 fois dommage. De mon côté, je présente mes excuses au peuple grec car j’ai participé à cette illusion. (…)

Mais avant qu’il ne soit trop tard, réagissons. Les membres de Syriza, nos amis et nos sympathisants à tous les niveaux de l’organisation doivent décider à l’occasion de réunions extraordinaires s’ils acceptent la situation. (…) »

Les Grecs vont-ils accepter ce qui ressemble furieusement à une trahison ? Il ne faut pas non plus oublier que Syriza ne dispose que d’une très courte majorité au parlement. Il suffirait de quelques députés frondeurs pour le faire tomber.

Deuxièmement, il n’est pas encore dit que l’Europe validera les réformes proposées à la va-vite par la Grèce ce lundi. Tsipras a déclaré à ce propos : « je suis quasi certain que notre liste de réforme sera approuvée par les institutions (troïka…), Elles ne diront pas non. Si les institutions refusent lundi, il y aura une réunion de l’eurogroupe mardi. J’espère qu’elles diront oui ». Du côté de l’Allemagne cette liste devra être approuvée par le parlement, or, d’après Hans Michelbach (du parti de Merkel), il est impossible d’avoir un vote avant le 28 février prochain.

Mais en  admettant que tout se règle, que le gouvernement Syriza ne tombe pas, le problème de la Grèce se représentera à nouveau dans 4 mois. Syriza aurait-il simplement cherché à gagner un peu de temps pour mieux s’organiser, ou s’est-il purement et simplement couché ? L’avenir le dira. En attendant, l’apparence visuelle des billets de banque de la nouvelle drachme ont déjà été conçus. Preuve que le scénario d’une sortie de la zone euro est tout sauf du domaine de la science-fiction.