La guerre des banquiers centraux contre les épargnants

La guerre des banquiers centraux contre les épargnants

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Dans cet article publié sur Daily Reckoning le 31 août 2015, David Stockman montre à quel point le ZIRP fut inefficace pour stimuler le crédit et les investissements. La politique des taux zéro de la Fed a simplement permis de doper artificiellement les marchés actions.

Selon Stockman, les taux ne seront finalement pas relevés en septembre suite à la sortie de Bill Dudley, de la Fed de New York, allant dans ce sens. La Fed est totalement coincée alors que ces 80 mois de taux planchers (ZIRP) n’ont que très peu aidé l’économie réelle.

L’objectif du ZIRP était simple : pousser les ménages à s’endetter davantage que si les taux étaient élevés afin de stimuler la consommation. Soit l’essence même d’une politique keynésienne appliquée aux particuliers. Cependant, ceux-ci ayant atteint leur taux d’endettement maximum, ce genre de politique est vouée à l’échec.

Pour le prouver, David Stockman fournit le graphique ci-dessus qui montre l’endettement des ménages (crédits hypothécaires, cartes de crédit, crédits auto, prêts étudiant, etc.). À l’aube de la crise financière de 2008, cette dette s’élevait à 13,957 trillions de dollars. À la fin du premier trimestre 2015, cette dette a légèrement baissé pour atteindre 13,6 trillions de dollars.

Autrement dit, après une période longue de 80 mois d’incitation au crédit, la dette des ménages a en fait baissé de 400 milliards de dollars, ou encore de 3 %. Il précise cependant que les crédits auto et étudiants sont en nette hausse tandis que l’endettement découlant des crédits hypothécaires et des cartes de crédit a baissé.

Durant les années Greenspan, le crédit est passé de 2,7 trillions au 3e trimestre de 1987 à 14 trillions en 2008. Soit une hausse annuelle de 8,5 % pendant 2 décennies. Durant cette période, la dette des ménages a augmenté bien plus rapidement que le PIB (croissance annuelle de 5,5 % pendant cette période).

La majorité des 13,6 trillions de dette est due par les classes moyennes et les travailleurs du bas de l’échelle. Ce sont leurs salaires qui permettent de rembourser cette dette. Le graphique ci-dessous, qui montre le rapport entre les dettes et les salaires perçus par les ménages, indique que la Fed a atteint ses limites. La dette qui s’élevait à 80 % des salaires perçus dans les années 70 est passée à 220 % en 2008. Depuis, cette courbe décline, ce qui n’est évidemment pas bon pour la croissance.

Par contre, il y a un secteur dans lequel la dette a augmenté : dans les entreprises. Selon Stockman, cette dette a servi aux sociétés à racheter leurs titres, à finaliser des opérations de fusion et acquisition… soit à propulser à la hausse les marchés actions. Ces dettes contractées n’ont donc pas favorisé la croissance économique vu que cet argent a servi à des opérations purement financières. Les preuves que les taux zéro n’ont pas encouragé les entreprises à emprunter pour des investissements productifs sont également claires comme de l’eau de roche. En 2014 les entreprises ont dépensé 431 milliards de dollars dans des usines, des équipements et des programmes informatiques. Soit 7 % de moins qu’en 2007 sur base de montants non ajustés à l’inflation !

En conclusion, David Stockman assène qu’il n’y a pas besoin de faire des analyses poussées pour découvrir, à l’aide de quelques chiffres macro-économiques, que la politique de taux zéros n’a pas doper la consommation par le crédit ou stimulé les investissements. C’est donc Wall Street qui fera tout pour empêcher cette hausse des taux.