La Suisse, victime collatérale de Draghi et cie

La Suisse, victime collatérale de Draghi et cie

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Lorsque la majorité des pays industrialisés sont engagés dans un course monétaire visant à toucher le fond, les quelques nations comme la Suisse qui souhaitent se tenir à l’écart des politiques folles de ces pays se retrouvent de gré ou de force entraînées dans la spirale. C’est le constat fait par Keith Barron dans sa dernière interview sur KWN :

« L’une des infos les plus intéressantes du moment, c’est la Banque Nationale suisse qui compte instaurer des taux d’intérêt négatifs. Cette intention est la conséquence des capitaux qui ont afflué ces dernières semaines en Suisse en provenance de la zone euro. Ces capitaux entrants déstabilisent le taux de change entre le franc suisse et l’euro.

Cela fait quelques années que la Banque Nationale suisse a mis en place un arrimage artificiel de sa devise, fixé à environ 1,2 franc suisse pour un euro. Cet arrimage a été mis en place à cause du rush vers le franc suisse qui a démarré il y a quelques années. À l’époque, les investisseurs voulaient acheter du franc suisse pour se protéger de l’euro.

Ces opérations ont fait grimper en flèche le franc suisse, ce qui a fait du tort aux exportations helvètes. Mais, en contrepartie, les produits d’importation, comme le pétrole, devinrent très bon marché. Donc, je ne crois pas que les arguments de la banque centrale suisse (notre monnaie est trop chère) tiennent la route. La vérité, c’est qu’il y a d’énormes pressions sur le gouvernement suisse pour que ce pays ne devienne pas un refuge pour les capitaux étrangers.

Il était impératif de massacrer le franc suisse pour prévenir l’afflux de capitaux, non seulement européens, mais du monde entier. Ce massacre du franc suisse a eu en même temps que celui de l’or, alors que son cours atteignait des records, supérieur à 1900 $ l’once. Le timing simultané de ces 2 événements ne relève pas du hasard.

Mais durant les dernières semaines, nous avons vu une grosse pression s’amonceler sur l’arrimage de cette devise. C’est la raison pour laquelle le gouvernement suisse envisage de mettre en place des taux d’intérêt négatifs. C’est le genre de décision qui est prise lorsque de grosses distorsions, découlant des manipulations des monnaies, émergent.

Le résultat des courses, c’est que c’est la population suisse qui en paie les pots cassés. Je vis en Suisse, je suis donc directement concerné. La Banque Nationale suisse a augmenté le nombre de francs suisses en circulation de plus de 300 % durant ces dernières années. Cette création monétaire a servi à acheter de l’euro afin de le faire augmenter.

La plupart des réserves de la Banque Nationale Suisse sont désormais libellées en euros, ce qui signifie que si l’euro vacille, les Suisses seront pris à la gorge. Les Italiens, les Espagnols et les Grecs naviguent déjà en eaux troubles, mais pourquoi ces pays devraient-ils entraîner avec eux une économie vigoureuse comme celle de la Suisse, et sa population travailleuse. Cela me dépasse. C’est pourquoi les politiques de la Banque Nationale Suisse sont très dangereuses et destructrices.

J’ajouterai que je suis un supporter de l’initiative suisse pour l’or. Je sais que vous avez abordé ce sujet sur KWN. La quantité d’or qui soutient désormais le franc suisse, en raison de cette création monétaire massive, a chuté jusqu’à 8 %. Historiquement, ce support s’est élevé jusqu’à 40 %.

Il y a quelques années, la loi a changé, permettant au gouvernement suisse de vendre une partie de son or. En fait, le gouvernement a quasi vendu au plus bas, un peu comme l’avait fait Gordon Brown en Grande-Bretagne. La Suisse a vendu plus de 1000 tonnes d’or, si bien que seulement 20 % d’or soutenaient le franc suisse. Aujourd’hui, ce pourcentage est passé à 8 %.

Ce qui la fait passer au rang de nations comme le Liban et la Thaïlande. Cela s’est passé dans le dos des Suisses, je pense que le peuple a été floué. Lorsque le référendum aura lieu en novembre, j’espère sincèrement que la population votera en faveur de l’initiative pour l’or. Cela obligera la banque centrale de racheter l’or qu’elle a vendu. »