La Turquie : le Lucky Luke de l’OTAN

La Turquie : le Lucky Luke de l’OTAN

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trajectoire du su-24 russe abattu

Les médias ne parlent plus que de la destruction de l’avion de chasse russe par la Turquie. Tandis que cette dernière affirme que l’avion russe a violé son espace aérien, la Russie dément avoir survolé le territoire turc et prétend de son côté qu’un appareil turc était du côté syrien de la frontière lorsque le SU-24 fut abattu.

Il faudra encore attendre pour avoir le fin mot de l’histoire mais la version turque de l’événement est pour le moins dérangeante. Tout d’abord, les Turcs affirment sans sourciller que l’avion russe a violé son espace aérien pendant dix-sept secondes. Comment la Turquie a-t-elle pu décider en un laps de temps si court que cet avion représentait une menace pour elle jusqu’à décider de l’abattre ? Même Lucky Luke n’aurait pas fait mieux.

Le SU-24 volait à 391 km/h ?

Mais il y a mieux encore. Sur base de la carte publiée par les autorités turques qui mettent en évidence la supposée violation de son espace aérien et du contenu de la lettre de la Turquie au conseil de sécurité des Nations unies, les informations ne collent pas. L’avion russe aurait survolé le territoire turc pendant 1,15 miles. Si cette incursion a réellement duré 17 secondes, cela signifie que le Su-24 volait à 391 km/h alors que sa vitesse maximale de 1650 km/h en altitude. Si l’avion de chasse avait volé à une allure proche de sa vitesse de croisière, cette incursion si elle est avérée, aurait duré quelques secondes au plus (voir fiche wiki).

Ce petit calcul enfantin ne peut que faire douter de l’honnêteté des Turcs. Même s’il faut bien convenir que 5 ou 17 secondes ne change pas grand-chose au problème, à savoir que la Turquie est manifestement contrariée par l’intervention russe en Syrie alors que l’opposition turque même accuse le fils du président Erdogan de diriger le trafic de pétrole de l’EI. Ceux qui en doutaient encore viennent d’en recevoir la preuve par 9.

Cet événement géopolitique extrêmement grave a été accueilli par les marchés dans une certaine indifférence. Histoire de prouver une nouvelle fois que seule la Fed importe.

Inspiré de cet article de ZeroHedge.