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L’arnaque du calcul de l’inflation : une hausse de 400 % « ajustée » en baisse de 7,1 %

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Inflation ou déflation ? La confusion règne souvent dans les esprits, car les personnes qui abordent ces sujets ont des définitions qui divergent. Parle-t-on de déflation économique, de déflation des prix ? Des prix de quels produits ? De biens de première nécessité ou de gadgets ?

Néanmoins, en ce qui concerne l’inflation des prix à la consommation, donc des choses que nous achetons au quotidien, l’inflation des prix est bien plus importante que les chiffres officiels. Mais comment les statisticiens parviennent-ils à tourner les chiffres de façon avantageuse ? En utilisant plusieurs stratagèmes. L’un d’entre eux, expliqué par PriceIllusion et relayé par ZeroHedge, est particulièrement tordu : les « ajustements qualitatifs hédonistes ».

Afin d’expliquer ce concept économique au nom une nouvelle fois barbare, l’auteur reprend l’exemple donné par le site officiel du BLS à qui l’on doit cette idée lumineuse :

« Admettons qu’un fabricant de télévisions retire un produit de sa gamme pour le remplacer par un nouveau produit, plus performant mais aussi plus cher. Comment faire pour obtenir une baisse du prix alors qu’il a en fait augmenté ? En utilisant les méthodes tordues de l’économétrie !

À en croire les commentaires des banquiers centraux, l’inflation que nous connaissons est trop basse ; en Europe, on craint même de voir les prix baisser (une véritable tragédie pour les possédants). La déflation des prix terrorise littéralement les banquiers centraux. Mais en mettant de côté ce qui semble être un mensonge grossier pour les consommateurs que nous sommes, victimes de façon presque quotidienne de l’augmentation du coût de la vie, voyons comment les économistes (américains) calculent le CPI, le Consumer Price Index (indice des prix à la consommation).

En théorie, le CPI est une combinaison linéaire des « prix » des choses que les consommateurs peuvent acheter, et qui sont intégrés dans un « panier moyen » acheté chaque mois par le citoyen lambda. Le problème, c’est que ces prix ne sont pas inclus dans ce panier afin de représenter ce que le consommateur a réellement payé. Ces prix sont ajustés via une formule baptisée « ajustement qualitatif hédoniste» (note : traduction libre de Hedonic Quality Adjustment ou HQA, un nouveau terme de novlangue économique). Cette formule a été créée pour résoudre un réel problème auquel sont confrontés les économistes, à savoir la vitesse à laquelle de nouveaux produits plus performants arrivent sur le marché. Mais en pratique, elle est utilisée pour réduire artificiellement les prix inclus dans le calcul de l’inflation des prix à la consommation.

Le HQA prend en compte toutes les caractéristiques qualitatives d’un produit afin de pouvoir faire une comparaison de prix à pied d’égalité entre 2 produits à la technologie fort différente. Cela signifie que dans le cadre du CPI, le prix peut « baisser » de 3 façons :

  1. Le prix baisse réellement pour un produit aux caractéristiques techniques identiques
  2. Le prix est stable, mais la qualité mesurée par le HQR augmente
  3. La qualité augmente plus vite que le prix

C’est ce dernier exemple qui nous intéresse, car il est très fréquent, notamment sur base de la loi de Moore (la puissance des ordinateurs double tous les 2 ans, cependant des prix qui doubleraient tous les 2 ans, ce serait trop). Voici l’exemple utilisé même par le site du BLS pour expliquer le concept de HQA :

Television-CPI

La télévision A n’est plus disponible et a été remplacée par un nouveau modèle, la télévision B. Les caractéristiques sont différentes, la qualité a été fortement augmentée, ainsi que le prix (400 %). Mais au lieu de rapporter cette augmentation de 400 % entre la télévision A et B, le prix de l’ancien produit est ajusté en extrapolant combien il aurait coûté s’il avait disposé des mêmes caractéristiques que le nouveau téléviseur. »

Nous vous passons toutes les formules mathématiques, que vous pourrez découvrir dans l’article original si cela vous intéresse. Voici le résultat :

TV

Ce qu’il est important de comprendre, c’est que si un simple téléphone portable à 100 € est remplacé par un modèle de genre smartphone à 200 €, et qu’il n’est plus possible de trouver un modèle de base à 100 €, les ajustements qualitatifs permettront de ne pas rapporter l’augmentation de 100 % du prix, probablement même d’obtenir une baisse.

Peu importe si le consommateur se moque d’avoir un smartphone. Si son ancien téléphone a rendu l’âme, il devra dépenser le double par rapport à son ancien modèle pour continuer à téléphoner. Idem pour un ordinateur. Les prix d’un ordinateur de base sont plutôt stables, tandis que leur puissance augmente chaque année. Cette puissance est nécessaire pour faire tourner les programmes les plus récents. Avec cet ajustement qualitatif et des prix stables, cela signifie que l’informatique sera toujours « moins chère » d’un point de vue statistique…

Il ne s’agit que l’une des astuces utilisées par le BLS pour faire baisser l’inflation des prix à la consommation. Pour l’alimentaire, ils font tout le contraire : si le steak de bœuf devient trop cher, ils vont prendre en compte le steak haché dans le panier de la ménagère, car les consommateurs sont censés s’être retranchés sur cette alternative moins chère…

Depuis les années 80, le BLS n’a cessé de revoir sa méthodologie. John Williams, de ShadowStats, publie les chiffres d’inflation aux États-Unis en utilisant les méthodes de calcul des années 80 et des années 90. Avec la première, l’inflation est presque à 10 %, tandis qu’avec la seconde, de plus de 5 %.