Le cours de l’or à nouveau massacré

Le cours de l’or à nouveau massacré

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Après avoir lutté pour laisser sa moyenne mobile à 200 jours derrière lui, le cours de l’or a de nouveau été massacré pour revenir d’où il était parti en 2015. Ce qui a mis le feu aux poudres ? Les déclarations de Yellen signalant que les taux seraient plus que probablement augmenter en décembre (oui, encore). C’est sur la base de cette simple éventualité que le métal jaune s’est effondré alors que bien d’autres paramètres positifs devraient provoquer un mouvement inverse.

À ce sujet, John Embry a déclaré à KWN durant son interview du 4 novembre :

« Comme je vous l’avais dit la semaine dernière à propos de l’accumulation énorme des positions short sur le Comex par les banques commerciales, à savoir les banques de lingots… Je vous avais dit que soit nous allions assister à un échec des banques commerciales dont les positions short allaient être submergées, ce qui arrive très rarement, soit nous allions être témoins d’une baisse prodigieuse, les shorts forçant les positions long à capituler. Nous avons obtenu la réponse très rapidement.

Mercredi, le ton de la Fed fut supposément dur alors qu’elle signalait la possibilité d’une hausse des taux en décembre. Une fois de plus, ce prétexte fut utilisé pour massacrer les cours de l’or et de l’argent et forcer ainsi les spéculateurs à se couvrir dans la panique. le bon vieux cycle du « lavage et rinçage » a donc eu lieu pour la énième fois.

Cela dit, ne vous méprenez pas. Les banques de lingots sont les entités qui ont provoqué cette attaque mais elles ont le soutien total des banques centrales occidentales dont les tentatives pour maintenir le bateau à flot sont de plus en plus désespérées.

Nous avons également vu des choses intéressantes sur la première page de ce week-end du média très dominant qu’est le Financial Times. Le FT décrivait les activités des banques centrales pour maintenir les marchés à flot. L’article énumérait leurs efforts pour apaiser les craintes à propos de l’économie mondiale tandis que Draghi suggérait qu’une augmentation de la cadence du QE était envisageable en décembre.

Ceci n’est pas surprenant : quel autre choix ont les planificateurs centraux, si ce n’est augmenter la dose des QE ? Néanmoins, la plus grande offense à l’intelligence a été commise par la Fed avec ses âneries concernant la possibilité d’une hausse des taux en décembre. Si cela devait se produire, cela devrait simplement enclencher l’accélération du QE américain vu que l’économie se dirige vers la récession. (…)

Je pense que la Fed comprend parfaitement la nature du problème qui est une dette non viable. Seuls des taux 0 et les injections massives des liquidités nécessaires peuvent maintenir le navire à flot mais la Fed ne peut l’admettre publiquement. Ce qui explique toutes ces déclarations trompeuses à propos des taux, accompagnées de statistiques bidons concernant l’état de l’économie. »

Pour en revenir à la manipulation en elle-même, le graphique suivant de Dave Kranzler (source) est instructif, même si c’est désormais du réchauffé :

or-manipulation

Sur celui-ci, on voit d’abord l’or grimper suite à des commentaires de la BCE positif pour l’or. Peu après 6 heures, soit l’ouverture du Comex, se passe un événement récurrent à ce créneau horaire : une baisse importante, sans aucune raison particulière. Quelques heures plus tard, Janet Yellen « bave un ramassis d’inepties qui est interprété comme l’annonce d’une hausse des taux en décembre. » Cette fois, c’est la bonne, l’or doit baisser. Peu importe si la même Yellen déclarait peu de temps après que les taux négatifs étaient sur la table si l’économie américaine devait d’aventure se détériorer (source). Absurde ? Probablement. A force de nager dans ces eaux, on se rend compte difficilement !

Toujours selon Dave Kranzler, 29,600 contrats ont été vendus dans la demi-heure qui a suivi l’allocution de Yellen ce qui correspond à 2,6 millions d’once d’or papier. Dans l’heure, on est passé à 50.500 contrats balancés, soit 5,1 millions d’onces. Alors qu’actuellement, le Comex dispose d’un stock d’or livrable de 200.000 onces. Pour terminer, le dernier ratio or physique/or papier du Comex s’élève à 1 pour 298. Tout est normal, circulez, y a rien à voir ! Par contre, tout ce cirque pourrait bien annoncer des chiffres de l’emploi décevants. La réponse au prochain numéro.