Le FMQ d’Alasdair MacLeod

Le FMQ d’Alasdair MacLeod

FMQ-MacLeod-OrDepuis peu, Alasdair MacLeod, de GoldMoney, propose un nouveau concept pour mesurer avec précision la quantité de monnaie disponible : le FMQ, acronyme de Fiat Quantity of Money (Quantité de Monnaie Fiduciaire). Ce nouvel indicateur, appliqué au dollar, montre que les choses pourraient être pires que ce que les pessimistes sur le billet vert, pourraient croire.

« Je voulais créer un indicateur monétaire à même de me permettre de comparer la véritable monnaie avec la monnaie fiduciaire. Pour y parvenir, j’ai observé comment la monnaie fiduciaire a été créée.

Au départ, il s’agissait d’un substitut à l’argent véritable. Autrement dit, vous et moi, ou plutôt nos arrière-grands-pères ou arrières arrière-grand-père, déposaient  de l’or à la banque pour leur sécurité. La banque émettait alors des billets échangeables, ou affichait un solde positif sur un compte en banque, faisant état du dépôt d’or à la banque. Ce fut le point de départ. C’est ainsi que l’argent papier est apparu, en tant que substitut.

Ensuite, les banques centrales furent inventées. Elles ont reçu le monopole d’émettre la monnaie fiduciaire par le gouvernement. Les banques ont dû remettre tout leur or à la banque centrale, lors des déposants, pour recevoir en retour des comptes de dépôt ainsi que de nouveaux billets flambants neufs.

Ce que j’ai voulu faire avec le FMQ, c’est quantifier ce processus. Il consiste à prendre de tous les comptes à vue, ou des comptes d’épargne dont l’argent est accessible, plus les dépôts des banques à la banque centrale, car il s’agit d’argent, comme celui que vous avez vous-même à la banque. En prenant ces chiffres, on obtient de belles statistiques.

De 1960 à un mois avant la crise de 2008, la croissance exponentielle fut d’environ 5,9 % par an. Ensuite, nous avons eu le TARP (programme d’achat d’actifs pourris) et compagnie. Ensuite nous avons eu le QE. Et, devinez quoi ? Le niveau de monnaie fiduciaire est désormais 60 % au-dessus de cette tendance à long terme. Cela dit, si on regarde le graphique avec du recul, on pourrait dire qu’il s’agit d’hyperinflation monétaire.

Aujourd’hui, la banque centrale doit créer de la monnaie pour financer les déficits du gouvernement. Il doit produire de l’argent pour garder des taux d’intérêt plancher afin que les banques n’ait pas de problème de bilan. S’ils ralentissent cette création monétaire, ou même si celle-ci n’est pas augmentée, les choses risquent de stopper net.

Cela prouve que nous sommes non seulement dans un piège de la dette, mais dans un piège éventuellement hyperinflationiste. Il faut que quelqu’un, qui comprend ce qui se joue, s’élève et dise : c’est fini !

(….)

Le cours de l’or sur base du FMQ

Si on calcule le cours de l’or, sur base de sa valeur d’avant Lehman et du FMQ de l’époque, on devrait aujourd’hui avoir l’or à 1860 $ environ. Or, le cours est bien inférieur, alors qu’à l’époque, les 918 dollars l’once du cours ne prenait pas en compte le risque systémique tel qu’on le connaît aujourd’hui.