Le Marché Obligataire N’Augure Rien De Bon

Le Marché Obligataire N’Augure Rien De Bon

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Article de Casey Research, publié le 29 septembre 2015 :

« Le marché obligataire est en mode alerte… Les meilleurs investisseurs surveillent de près le marché obligataire pour savoir vers où la bourse et l’économie en général se dirigent. Le marché obligataire, sur lequel les sociétés et les pays empruntent, est bien plus massif que les marchés actions. Lorsque des fissures apparaissent dans les fondations économiques d’un pays ou d’un secteur, des signes sont visibles en premier lieu sur le marché obligataire.

Actuellement, l’augmentation de l’écart des taux sur le marché obligataire indique que l’économie est en difficulté. Depuis juillet, le taux des obligations de qualité a augmenté tandis que celui des obligations américaines a baissé.

Les obligations de qualité sont émises par des sociétés à la situation financière saine. Habituellement, lorsque l’économie est forte et que les investisseurs ont confiance dans la capacité de remboursement des emprunteurs, les taux des obligations de qualité évoluent de concert avec ceux des Treasuries. Ces obligations sont considérées comme une valeur refuge car leur valeur est garantie par la capacité du gouvernement à taxer 320 millions d’Américains.

Mais comme vous pouvez le voir ci-dessus, les taux des obligations de qualité grimpent tandis que les taux des obligations américaines baissent.

Vous n’entendrez pas les journalistes de CNBC le mentionner, mais les investisseurs professionnels observent cet écart quasi quotidiennement. C’est dire son importance. Cet écart est en bonne voie de s’accentuer pour la seconde année consécutive… pour la première fois depuis la dernière crise financière de 2007 et 2008. (…)

D’autres messages désagréables sont émis par le marché obligataire

Dimanche dernier, Bloomberg Business a déclaré que l’écart entre les obligations pourries et les Treasuries n’a plus été aussi important depuis 2012.

Les obligations pourries (junk bonds) sont des actifs risqués qui offrent un rendement élevé. Les sociétés qui les émettent sont généralement dans une situation financière bancale… Ce qui explique pourquoi elles doivent payer des taux d’intérêt plus élevés.

Les effets d’un ralentissement économique se manifestent le plus souvent à travers ces sociétés avant d’atteindre les entreprises plus stables. Un marché des obligations pourries qui vacille est donc un signe annonciateur de ce qui attend le reste de l’économie.

Voici ci-dessous les évolutions de l’ETF iShares iBoxx $ High Yield Corporate Bond (HYG), l’ETF obligations pourries. HYG a baissé de 6 % le mois dernier.

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Le marché obligataire réagit à 7 années d’argent facile

La Fed a baissé ses taux à presque zéro en décembre 2008. Elle les a maintenu ainsi jusqu’à aujourd’hui. Le taux directeur de la Fed affecte pratiquement tous les autres taux d’intérêt. Les taux des crédits hypothécaires, des prêts étudiants et des obligations d’entreprises sont tous très proches de leur plus bas record.

Malgré l’augmentation du coût du crédit pour les entreprises, emprunter de l’argent reste très bon marché aujourd’hui. Comme l’a écrit le Washington Post la semaine dernière :

« Les taux sont aujourd’hui plus bas que durant l’époque de Roosevelt, de Napoléon, d’Henri VIII, de Gengis Khan, de Charlemagne, de Jules César, d’Alexandre le Grand ou même d’Hammourabi. Ou, si vous souhaitez dater la chose, au plus bas depuis que les anciens Sumériens firent les premiers crédits, remboursables en argent métal ou en céréales, en 3000 avant Jésus-Christ. »

Avec des taux d’intérêt au plus bas depuis 5000 ans…

Des millions d’Américains ne se demandent plus s’il est sage d’emprunter autant, mais plutôt combien ils peuvent obtenir. Pendant des années, aucune idée de business ne fut assez stupide pour ne pas être financée… Aucune vente de voitures à 120.000 $ à un acheteur qui ne peut pas se le permettre n’a été manquée… aucune maison surévaluée n’est resté sur le marché pendant plus d’un mois.

On appelle cela l’économie du Pays des Merveilles. 7 années de taux 0 ont gonflé les prix de presque tout. Mais les mouvements récents du marché obligataire montrent que des fissures apparaissent chez Alice.

Bill Gross pense aussi que les taux zéro ont créé un beau foutoir

Bill Gross a fondé PIMCO en 1971. Sous sa direction, c’est devenu le fonds obligataire le plus important du monde. Aujourd’hui, Gross gère son propre fonds obligataire chez Janus capital. Il est surnommé le « Bond King ». Il a déclaré :

« Des taux bas ou à zéro semblent faire des merveilles pour les prix des actifs et semblent stabiliser pour un temps les économies mais ils ont des effets pervers. Et tandis que de tels taux deviennent la norme souhaitée, les effets pervers empirent. (…)

Ils détruisent les modèles économiques, par exemple ceux des sociétés d’assurances et des fonds de pension. »

Nos lecteurs savent que le système public des retraites est voué à la catastrophe. Les caisses de retraite publiques ont fait des promesses de paiements de trillions de dollars qui ne sont pas tenables. (…) Les faibles rendements expliquent en grande partie le sous-financement de ces caisses. Les fonds de pension publics américains tablent sur un rendement de 8 % par an en moyenne. Il s’agit d’un objectif élevé dans un climat économique normal. Mais dans notre monde de taux zéro, c’est quasi impossible. L’année dernière, ces fonds ont gagné en moyenne 3,4 %.

Gross poursuit :

« Avec des taux d’obligations corporate à 2-3 %, il est évident que pour payer les retraites, les soins de santé et autres avantages sociaux futurs, les actions devront augmenter de 10 % par an afin d’atteindre les objectifs nécessaires. Un objectif purement comptable qui sera confiné à l’imagination. »

BlackRock, le plus gros gestionnaire de patrimoine du monde, opine. Il s’attend à ce que 85 % des caisses de pension américaines fassent faillite dans les 30 ans à venir. (…) »