Le pourquoi des décisions de la BCE, et leurs conséquences

Le pourquoi des décisions de la BCE, et leurs conséquences

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La BCE, avec les mesures qu’elle a annoncée la semaine dernière, tente désespérément de sortir l’Europe de la dépression. Pour Alasdair McLeod, les solutions tentées par Draghi ont déjà démontré toute l’étendue de leur inefficacité, alors que nous sommes dans un environnement économique unique dans l’histoire, composés de niveaux de dettes jamais vus, d’une démographie en berne et de révolution technologique qui remettent en question des théories économiques désuètes.

BCE-MacLeod

« Le problème en Europe est le suivant : nous avons d’un côté la BCE qui tente de relancer l’économie, ce qui signifie que les banques doivent prêter de l’argent au secteur non financier.

Mais d’un autre côté, les banques européennes restent très fragiles. Lorsqu’on regarde une grosse banque comme la Deutsche Bank, elle utilise un effet de levier de 55, c’est énorme. Par rapport à 2008, les banques européennes n’ont pas effectué le travail d’assainissement qu’ont fait les banques américaines. Les banques européennes sont vulnérables et le savent. C’est pourquoi elles préfèrent acheter de la dette européenne, qui est garantie par la BCE. C’est pourquoi elles préfèrent mettre leur argent en dépôt à la BCE pour réduire le risque systémique. C’est trop risqué de le prêter.

Donc désormais, la BCE va toucher un intérêt sur les dépôts qu’elle conserve, pour encourager les banques à prendre des risques et à prêter. En plus de ces taux négatifs, la BCE a mis en place un TLTRO (opérations ciblées de refinancement à long terme). Il s’agit en fait de prêts d’argent à taux très attractifs, 0,25 %, et remboursables en 4 ans. La BCE a prévu 400 milliards d’euros pour ce plan.

Le problème est donc le suivant : la BCE tente d’activer les banques, qui rechignent à agir pour limiter les risques. Ce qui se passe est très sérieux. L’inflation dans la zone euro a chuté à environ 0,5 %, soit bien moins que l’objectif des 2 % de la BCE. Il faut savoir que les stress tests prennent en compte un scénario du pire à 1 % d’inflation. Ce 0,5 % d’inflation est donc terrifiant pour la BCE, car si cela continue ce sera la déflation. En cas de déflation, la dette souveraine des états européens sera plus lourde.

Et ce risque existe, car je pense que l’on peut dire qu’au premier trimestre 2014, l’Italie, les Pays-Bas et le Portugal étaient déjà en récession, alors que la France stagnait.

En ce qui concerne l’annonce du NIRP (taux d’intérêt négatif), l’objectif était aussi de faire baisser l’euro. Je crois qu’ils pensent qu’en faisant baisser l’euro, ils pourront arrêter la chute des prix. Mais cette idée tuera l’épargne. Cela dit ce n’est pas neuf, depuis que les banques centrales suivent le keynésianisme, toute solution aux problèmes économiques se trouve dans la dette, qui s’empire inexorablement, jusqu’au défaut, puis on recommence. Elles ne cessent d’administrer le traitement qui a prouvé tuer les patients. Sauf que désormais, ils ont doublé la dose.

Malheureusement, cela ne marchera pas. Évidemment, il y aura un petit moment de répit et une petite amélioration, l’essence même du keynésianisme. Mais le souci, c’est que nous sommes désormais dans un monde poste-Keynésianisme, dans lequel la dette n’est plus possible.

Au lieu de nous encourager à épargner, ils veulent nous faire dépenser. Eliminer l’épargne du système et la remplacer par de l’argent fraîchement créé par le crédit. C’est l’objectif, mais je pense que cela échouera.

Les banques utilisent des effets de levier de 40, voire de 50. Il suffit que les prix baissent de 1 à 3 % pour mettre quelques sociétés sur le tapis, et rendre les banques insolvables. Un scénario cauchemardesque. »

source : ZeroHedge