Les conséquences des tendances démographiques européennes

Les conséquences des tendances démographiques européennes

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Extraits de l’article de Mike Sheldock, publié le 7 décembre 2015 sur SafeHaven.com :

« La situation démographique de la zone euro est difficile avec une natalité en baisse et une population vieillissante, Mario Draghi aura des difficultés à créer de l’inflation dans un contexte démographique en baisse.

L’Espagne vient de rejoindre l’Allemagne dans le rang des pays dont la population baisse structurellement tandis que l’Italie stagne. (…)

Durant les six premiers mois de l’année, l’Espagne a enregistré 225.924 décès et 206.656 naissances d’après son institut national des statistiques. Ce n’était plus arrivé depuis la guerre civile de 1936-1939. (…)

Dans près de la moitié des provinces espagnoles, 1/3 de la population est âgée de plus de 65 ans (…) alors que la moyenne nationale est de 16,7 %. (…)

L’Italie est quant à elle en sursis. La natalité italienne en 2014 fut la plus basse depuis la formation de son état moderne en 1861, d’après les dernières statistiques. (…)

Les conséquences économiques des tendances démographiques européennes

Les plus grand pays de la zone euro l’Allemagne et le 4e l’Espagne, voient leur population décliner alors que le 3e est en ballottage.

Les économistes exhortent les politiques à agir. Pour ce faire, il faudrait pouvoir identifier les causes. Malheureusement, ce n’est pas ainsi que les économistes et les politiciens travaillent.

Les problèmes sont évidents mais les économistes ne les voient pas. Oubliez leurs études pour contempler les facteurs clés :

  1. Chômage des jeunes
  2. Promesses concernant les retraites qui ne seront pas tenues
  3. Législation du travail
  4. Changements sociétaux
  5. Actions des banques centrales

Chômage des jeunes

Comment voulez-vous vous marier ou vous mettre en ménage, acheter une maison et construire une famille lorsque le taux de chômage des jeunes est de plus de 40 %, un record historique dans plusieurs pays ?

Promesses concernant les retraites ne seront pas tenues

La sécurité sociale, telle que conçue, n’est pas viable. Les jeunes sont censés payer les retraites des pensionnés. Comment cela pourrait-il fonctionner si les jeunes n’ont pas de travail ? La plupart des moins de 30 ans comprennent que les filets de la sécurité sociale qu’ils financent pour leurs aînés ne seront pas disponibles pour eux ou pour leurs enfants.

Législation du travail

Les travailleurs comme les pensionnés ne souhaitent pas faciliter les licenciements. Cependant, s’il est difficile de licencier quelqu’un, les entreprises hésiteront à engager du personnel.

Changements sociétaux

Il est indubitable que les jeunes ne cessent de repousser la date du mariage ou la création d’une famille même dans des pays comme l’Allemagne où le marché du travail est relativement bon. Pourquoi ? De nombreuses raisons peuvent expliquer comme : le besoin de prendre soin de leurs aînés empêche ou décourage la création d’un nouveau ménage, l’État-providence qui taxe de plus en plus, le déclin des revenus réels et la cherté de l’immobilier.

Actions des banques centrales

Dans leur tentative imprudente de dompter la déflation, les prix des actifs et surtout de l’immobilier sont passés au-dessus de ce qui est abordable pour les jeunes ménages. Autrement dit, la tentative des banques centrales pour créer de l’inflation dans un monde démographiquement et technologiquement déflationniste est grandement contre-productive. »

En conclusion : les politiques et les banques centrales tentent de résoudre la crise que nous vivons en appliquant au contexte d’aujourd’hui, radicalement différent de celui que nous avons connu entre la Seconde Guerre mondiale et les années 80, des recettes périmées. Toutes les grandes tendances sociétales du 21e siècle à savoir la baisse de la natalité, la mondialisation, les révolutions technologiques (commerce en ligne, automatisation du travail, e-services, etc.) sont déflationnistes. Il est donc vain de vouloir créer de l’inflation dans un tel environnement.

La déflation en soi n’est pas mauvaise ; dans le contexte global de surendettement, elle devient par contre mortifère. Deux solutions sont possibles pour repartir sur des bases pérennes : remettre le système à plat via un choc provoqué ou attendre que la prochaine crise force les choses.