Les conséquences désastreuses de la fin du standard or

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lingot et pièces d'or

Article de Frank Holmes, publié le 11 juin 2015 sur GoldSeek.com :

« Il y a environ 100 ans durant son témoignage devant le Congrès, le célèbre banquier JP Morgan a déclaré la phrase tout aussi célèbre : « l’or, c’est la monnaie et rien d’autre ».

À l’époque, rien n’était plus vrai vu que les États-Unis utilisaient sous le standard or. Bien sûr, ce n’est plus le cas aujourd’hui. Malgré les précédents des nations ayant adopté l’argent papier avec des conséquences désastreuses pour leur économie, les États-Unis sous le président Nixon décidèrent de rompre le lien entre le dollar et le métal jaune en 1971. Durant cette décennie, l’or augmenta de 2330 % passant de 35 à 850 $ l’once.

Aujourd’hui, la masse monétaire américaine continue de croître tandis que les réserves d’or fédérales restent au même niveau.

Beaucoup de gens perçoivent encore l’or comme un actif pas comme les autres. Ces mêmes personnes estiment qu’il est aujourd’hui fortement sous-évalué. Dans une interview récente accordée à Hard Asset Investor, le vétéran de l’or James Turk explique que l’argent que nous utilisons aujourd’hui pour effectuer des transactions n’est pas une monnaie véritable mais un substitut de l’or, la véritable monnaie dont il estime la valeur réelle à 12000 $ l’once.

Le système argent papier actuel a un peu plus de 40 ans aux États-Unis. Soit une période bien plus longue que la durée de vie des expériences précédentes par exemple celle des banquiers Johan Palmstruch et John Law que nous allons résumer ci-dessous. Certaines choses vont peut-être vous sembler familières.

Johan Palmstruch, le Hollandais qui créa le premier Ponzi papier en 1661

Au milieu du XVIIe siècle, un marchand hollandais du nom de Johan Palmstruch fonda la Stockholms Banco en Suède, la première banque européenne à émettre de l’argent papier. À l’époque, la monnaie suédoise était le leader soit une pièce de bronze. La banque de Stockholms Banco se mit à conserver les pièces pour émettre des billets qui servaient de monnaie d’échange et qui étaient garantis à 100 % par du métal. C’est en tout cas l’histoire que l’on raconta aux clients.

Logiquement, les gens trouvèrent ces billets bien plus pratiques que les pièces et leur popularité explosa. Il y avait juste un problème : Palmstruch avait imprimé tellement de billets que leur nombre supplanta rapidement le nombre de pièces en réserve. Lorsque la rumeur se répandit, un énorme bank run eut lieu et Palmstruch fut incapable de rembourser tous les porteurs de billets.

En 1664, seulement 3 ans après le début de cette expérience monétaire, la banque de Palmstruch faisait faillite et il était jeté en prison.

John Law, le tristement célèbre parieur écossais qui ruina les Français avec du papier sans valeur (avant les Assignats)

Un peu plus de 50 ans plus tard, au début du XVIIIe siècle, une expérience similaire fut conduite en France avec des conséquences encore plus désastreuses. Cette fois, le protagoniste était un joueur invétéré écossais, John Law, qui fut forcé de quitter la Grande-Bretagne lorsqu’il était jeune homme après avoir tué un homme en duel et avoir réussi à acheter son évasion. Après quoi Law baguenauda à travers l’Europe en développant ses théories économiques. (…) À l’époque, c’était l’âge d’or des combines pour s’enrichir rapidement.

En 1715, la France est en faillite. Le roi Louis XIV venait de disparaître, le duc d’Orléans fut nommé pour assurer la régence jusqu’à ce que l’arrière-petit-fils du monarque soit en âge de gouverner. Connaissant les idées peu orthodoxes de Law, le duc le propulsa la tête de la Banque Générale dans l’espoir qu’il puisse réduire la dette massive que Louis XIV avait laissée derrière lui.

Pour ce faire, Law se mit à imprimer des billets de banque en grande quantité jusqu’à inonder l’économie. Ce faisant il espérait améliorer l’emploi, donner un coup de fouet à la production et augmenter les exportations.

Cela a marché, du moins pendant un certain temps. Paris florissait. Les millionnaires se multipliaient. Contrairement à Palmstruch, Law ne promit pas la convertibilité. Il pensait qu’une monnaie, que ce soit de l’or ou du papier, n’avait pas de valeur intrinsèque si ce n’est le statut qui lui était conféré par le gouvernement. (…)

Law rendit illégales la thésaurisation, l’utilisation de pièces et la possession d’or ou d’argent en quantité. Mais après seulement 4 ans, la bulle monétaire explosa. Non seulement Law perdit son poste, mais il dut aussi s’exiler.

Comme le dit James Turk :

« Tôt ou tard, les gens vont finir par comprendre que la monnaie n’est adossée à rien d’autre qu’à de la dette, et que l’argent n’a de valeur que si la dette peut être remboursée. Dans notre environnement actuel, la dette est tellement importante que de nombreuses promesses ne seront pas tenues. »

D’où l’intérêt de posséder de l’or et de l’argent physique.

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