Les Européens médusés devant l’intransigeance de la Grèce

Les Européens médusés devant l’intransigeance de la Grèce

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Dès que la délégation grecque a pris connaissance du brouillon du communiqué préparé par l’Eurogroupe, les « négociations » ont pris fin. Les ministres des finances européens, souffrant manifestement de problèmes cognitifs prononcés, avaient mentionné dans leurs propositions la poursuite de la politique de renflouement alors que Syriza ne cesse de répéter depuis son accession au pouvoir que la Grèce n’accumulera pas de dettes supplémentaires.

Comme nous l’avons relevé précédemment, tant que l’Europe n’acceptera pas cet état de fait il ne pourra y avoir d’accord. Le problème c’est que le temps manque, les banques grecques qui n’ont plus accès aux liquidités d’urgence de la BCE et qui font face à un bank run sont au bord de la faillite, tandis que le l’État grec sera lui aussi bientôt à court d’argent.

Les Européens jouent aux idiots en pensant que mettre simplement la pression sur la Grèce et les menacer suffira pour les faire obtempérer comme ce fut le cas par le passé. C’est ce qui a fait dire à un officiel grec que « l’insistance de certaines personnes à vouloir forcer le gouvernement grec d’accepter le renflouement n’est pas raisonnable et ne peut être acceptée. Ceux qui ne cessent de ramener cet élément sur le tapis gaspillent leur temps. Vu ces circonstances, il ne peut y avoir d’accord aujourd’hui. »

Les Allemands sont perplexes… que faire de ces Grecs qui ne veulent rien savoir ? Un homme politique du parti de Merkel a une idée : il a suggéré le remplacement du ministre des Finances Yanis Varoufakis par le premier ministre Tsipras, affirmant que les politiciens allemands ne parviennent pas à comprendre Varoufakis, qui créerait de la confusion. Joachim Ross a écrit par e-mail à ses collègues du SPD (source) :

« Le ministre grec des Finances Varoufakis a montré de par sa performance jusqu’à présent, qu’il n’a pas l’étoffe d’un tel poste. Dans l’intérêt du peuple grec et au vu de la situation difficile, le premier ministre Tsipras devrait penser à remplacer Mr Varoufakis par un homme politique expérimenté et réaliste. »

Cette déclaration montre à nouveau à quel point les Allemands et les Européens sont déstabilisés. Clairement, ils ne comprennent pas ce qui leur arrive : ils sont face à des gens déterminés qui ne se couchent pas à la première menace financière ou ultimatum lancé. Pas étonnant qu’ils ne comprennent pas Varoufakis et demandent son remplacement par un « homme politique expérimenté et réaliste », soit un caniche qui obéira au doigt et à l’œil. De plus, la Grèce a déjà affirmé qu’elle ne recevrait plus d’ordres par email. Une mauvaise habitude dont l’Europe a toute la peine du monde à se débarrasser.