Le London Fix de l’or : quand le Moyen Âge s’invite dans...

Le London Fix de l’or : quand le Moyen Âge s’invite dans la finance moderne

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London-FixPour ceux qui ne savent pas en quoi consiste le London Fix, permettez-nous de résumer de quoi il s’agit. 2 fois par jour, les 5 plus grandes banques de lingots (Nova Scotia, Barclays, Deutsche Bank, HSBC et Société Générale) organisent une conférence téléphonique afin de déterminer quel sera le cours de l’or valable pour les banques centrales, les sociétés minières et les autres acteurs du marché de l’or « en gros ». Le London Fix fut instauré en 1919. À l’époque, il avait lieu chez Rotschild, aujourd’hui il se fait par téléphone.

Une situation qui ne plaît pas trop à Grant Williams, qui s’en est expliqué sur KWN :

London Fix : une procédure anachronique

« Chaque jour, 5 banques décident du cours de l’or à Londres. Ils le font littéralement par téléphone. La procédure peut prendre quelques minutes ou une heure, c’est selon. Et, de façon incroyable, durant cette période, les participants ont le droit d’être actifs sur le marché de l’or et de ses produits dérivés.

Cette procédure est tellement obscure et ridicule dans notre monde technologique d’aujourd’hui qu’on ne peut la considérer que comme une farce. Lorsqu’on voit les volumes qui sont échangés durant la période du London Fix, que l’on n’essaie pas de me faire croire qu’aucune information ne fuite durant la réunion. Apparemment, il va y avoir une enquête à ce propos.

De toute façon, ce London Fix ne concerne que le cours des contrats future (note : mais celui-ci influence le cours actuel évidemment). Le problème, c’est que les conséquences de cette manipulation sont toutes autres que celles du LIBOR, des taux de change, etc. Car en ce qui concerne le marché physique de l’or, il y a une prime à acquitter pour acquérir le métal, prime qui est totalement absente lorsque vous achetez de l’or papier.

Ils peuvent donc faire ce qu’ils veulent sur le marché papier, cela ne change rien au fait que l’or physique change de mains, pour atterrir chez des investisseurs très solides. Le problème, c’est que lorsque la manipulation sera mise à jour, ce sera trop tard. Il n’y aura plus d’or (en occident). Il sera en Inde, en Chine, dans les coffres des banques centrales et d’investisseur privé richissimes. Il ne pourra plus le récupérer. Quand ce jour arrivera, on découvrira vraiment le véritable cours de l’or. »