L’or, la monnaie du futur selon le prévisionniste George Gilder

L’or, la monnaie du futur selon le prévisionniste George Gilder

0
lingot et pièces d'or

George Gilder, investisseur, écrivain et économiste américain est célèbre pour avoir prédit l’avènement de technologies comme les micropuces et Internet. Dès 1990, il avait prédit dans un livre intitulé Life After Television (la vie après la télévision) que les ordinateurs allaient rendre la télévision obsolète, une prédiction qui est en train de se réaliser 25 ans plus tard ! Dans son dernier livre, Gilder explique pourquoi le standard or devrait remplacer le système monétaire actuel.  Article de Jerry Bowyer, publié le 23 décembre 2015 sur Forbes.com :

« Dans son livre paru récemment, “The 21st Century Case For Gold”, George Gilder retourne l’argument contre ceux qui dénigrent le standard or en le qualifiant de relique barbare. Pour Gilder, les monnaies papier fluctuantes sont LA relique du passé. Elles sont totalement inadaptées à notre monde moderne, rendues indéfendables par la théorie de l’information moderne. Elles sont également une source majeure de corruption politique et économique ainsi que l’une des barrières les plus significatives au progrès.

Le standard or est devenu quelque chose considéré comme « rétro ». Qualifié de système ancien datant de l’avant keynésianisme, de l’avant modernisme, un vestige du passé datant de la Première Guerre mondiale. Gilder, pourtant, est un homme qui se propulse dans l’avenir. Il s’agit d’un prévisionniste technologique qui fut l’un des premiers à mesurer le potentiel de la micropuce et ensuite à comprendre l’importance grandissante d’Internet. Il fut également l’un des premiers à prédire l’avènement du Cloud Computing. Gilder a tout d’un technophile, un profil aux antipodes d’un nostalgique tourné vers le passé.

Qu’est-ce qui a donc pu pousser un homme comme George Gilder à se tourner vers le standard or ? Les mathématiques qui ont commencé à faire leur apparition vers la moitié du 20e siècle sont les mathématiques de l’inconnu. Elles apparaissent aux limites des calculs infinitésimaux et d’autres systèmes mathématiques basés sur un futur déterministe. Elles concernent l’incomplétude de notre système (Kurt Gödel) ou la dissimulation intentionnée d’information (la cryptographie) ainsi que la révélation d’informations jusqu’alors inconnues (Claude Shannon) et l’écartement de certaines possibilités.

Ces nouvelles disciplines rendent l’or plus attractif que les branches les plus anciennes des mathématiques. Isaac Newton a développé à la fois le calcul et le standard or britannique mais même lui n’était pas en mesure de comprendre l’avantage majeur de ce système. Les mathématiques, euclidiennes aux calculs infinitésimaux, concernent le comptage de ce qui peut être vu : un nombre, un espace, une masse. Le calcul infinitésimal a ajouté du mouvement aux formules statiques des mathématiques anciennes mais sans parvenir à transcender les catégories matérielles. Pourtant, notre monde se différencie par un fossé de taille qui consiste à être capable de mesurer quelque chose de non matériel et non spatial : l’information. La théorie de l’information ainsi que le théorème de l’incomplétude rendent l’avènement de l’âge de l’information possible.

C’est ce qui nous amène à l’or. La théorie de l’information se base sur la distinction entre le canal et le signal. Le signal nous parvient via un canal, que ce soit un câble ou une onde radio. La clé pour faire la distinction entre le canal et le signal réside dans la capacité de reconnaître ce qui provient du canal et de ce qui nous parvient à travers le canal. Si un receveur connaît à l’avance les fluctuations engendrées par le canal, celles-ci pourront être anticipées, reconnues et supprimées. Pour cette raison, le signal est une partie du message qui comprend une surprise.

Les marchés sont un système d’information. Hayek le savait. L’argent est le canal, le prix est le message. Si la monnaie se base sur une unité stable alors la fluctuation des prix doit représenter le signal. La hausse du prix remonte une information, par exemple une augmentation de la demande mais si l’unité de mesure fluctue, comment est-il possible de mesurer l’influence du canal sur le signal ? Le prix augmente-t-il en raison de la demande pour un produit ou de la dévaluation de la monnaie ? L’entrepreneur en est réduit à devoir deviner. Le prix des maisons augmente peut-être car les gens veulent habiter de plus grandes maisons. Dans ce cas, l’augmentation est justifiée mais quid si les prix augmentent parce que le marché du crédit hypothécaire est l’endroit où la création monétaire a d’abord atterri dans l’économie ? Si c’est le cas, il y a une bulle immobilière.

Les arguments en faveur de l’or ont toujours été plus forts que ceux des devises papier mais la théorie de l’information ne fait que renforcer son attrait en révélant de façon encore plus évidente sa supériorité en tant qu’unité monétaire stable. Une monnaie stable est la seule façon d’éliminer les parasites du signal. Non seulement la technologie de l’information requiert la distinction adéquate entre le signal et le bruit dans les systèmes technologiques mais aussi dans le système financier. (…) »