Marc Faber : tout cela va très mal finir

Marc Faber : tout cela va très mal finir

Marc-Faber-Or-FedLes interventions sarcastiques de Marc Faber sur les médias dominants sont toujours des moments savoureux. Aujourd’hui, le super bear Marc Faber nous revient. Celui qui annonce depuis longtemps que les banques centrales sont condamnées à faire tourner la planche à billets jusqu’à l’explosion du système, et qui achète donc « de l’or tous les mois , quel que soit le cours » nous livre ses pensées sur la situation actuelle.

Marc Faber : « Tout cela va très mal finir. Mais les banques centrales ne vont pas accélérer les choses (en arrêtant leurs assouplissements quantitatifs), car je sais très bien comment ces gens raisonnent.

Ils ne vont pas resserrer la vis. Ils trouveront toujours une excuse pour imprimer plus. Ils diront : « nous devons acheter encore plus d’actifs, car les taux d’intérêt sur les Bons du Trésor américain ont augmenté. » Ils diront donc que ça risque d’impacter l’économie, ils imprimeront donc encore plus.

Ensuite, l’inflation risque d’augmenter, tandis que le revenu réel risque de continuer sa chute. Ils diront alors qu’ils n’en ont pas fait assez, que la population souffre. Ils trouveront toujours une excuse pour imprimer encore plus. Et cela finira bien sûr en désastre. Il n’y a aucun doute là-dessus.

Marc Faber : les banquiers centraux n’assument aucune responsabilité de leurs actes

Lorsque cela arrivera, nous aurons les banquiers centraux et les néo conservateurs comme Krugman qui diront : « Le désastre est arrivé parce que nous n’avons pas dépensé assez d’argent. Le déficit des États-Unis aurait dû augmenter davantage. Nous n’avons pas injecté assez de liquidités. » Les banquiers centraux sont très prévisibles : ils font constamment de la désinformation, et n’assument aucune responsabilité des conséquences de leurs actes.

Lorsqu’un gestionnaire de hedge fund perd de l’argent, il dit : « oui, j’ai foiré, j’ai perdu de l’argent ». Par contre, les banquiers centraux trouveront toujours une excuse, ils n’admettront jamais qu’ils se sont fourvoyés dans leurs politiques et que c’est de leur faute. Il s’agit d’une catégorie de personnes très vicieuse et détestable.

Eric King : « à votre avis, Marc Faber, quel est le plus gros danger ? »

Marc Faber : « il y en a beaucoup. Je pense que le plus dangereux, ce sont les gouvernements eux-mêmes, qui interviennent sur les marchés, ainsi que leurs politiques fiscales. Autrement dit, leur décision d’augmenter ou de réduire leurs dépenses.

D’habitude, ils choisissent de les augmenter, ce qui signifie que le gouvernement prend de plus en plus de place. Plus le gouvernement devient important, plus la croissance économique se réduit. En prenant des exemples extrêmes, comme les gouvernements communistes de l’URSS et de la Chine de Mao, on sait à quel point ce fut un échec économiquement parlant.

L’autre grand danger provient des banques centrales, qui pensent pouvoir créer de l’activité économique en faisant tourner la planche à billets. Créer de la masse monétaire entraîne de nombreuses conséquences indésirables, qui finiront par se payer très cher.

Marc Faber : faire tourner la planche à billets ne fait qu’aggraver les problèmes

Ce n’est pas la première fois que la Fed intervient. Elle l’a fait après la crise S & L, la crise de la Tequila, après LTCM en 1998, et après l’explosion du Nasdaq en 2000. Ils ont conservé les taux d’intérêt à des niveaux artificiellement bas, pour créer la bulle du crédit,  la bulle de l’immobilier et la crise qui a résulté de ces bulles. On peut reporter les problèmes en faisant tourner la planche à billets, sauf qu’ils reviennent, aggravés.

Eric King : « Marc Faber, nous avons parlé récemment sur KWN du quadrillion de dollars de produits dérivés. Ceux-ci ne risque-t-il pas de mener à la même situation que 2008 ? »

Marc Faber : « Oui. Si on se souvient de 2007, juste avant la crise, et que l’on compare la situation avec celle d’aujourd’hui, le niveau de dette dans le monde a augmenté. Les déséquilibres se sont également creusés.

Tandis que la solvabilité des pays s’est réduite. Les nations ont pu s’en sortir grâce aux bas taux d’intérêts, mais je pense que la prochaine étape de cette crise sera le défaut de nombreux pays. »

Source : interviews de Marc Faber sur KWN