Mario Draghi baisse les taux de 0,1 % à 0,05 %

Mario Draghi baisse les taux de 0,1 % à 0,05 %

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Forcé d’agir en raison de la faiblesse persistante de l’économie dans la zone euro, Mario Draghi a une nouvelle fois baissé les taux : les banques peuvent désormais emprunter à du 0,05 % à la banque centrale européenne, tandis que les dépôts à la BCE sont payants (taux d’intérêt négatif de 0,2 %). La belle affaire…

Une décision qui ne servira à rien, comme l’a écrit Allister Heath, du Telegraph, même si l’auteur parvient, dans un accès de schizophrénie typique de la presse mainstream lorsqu’elle a un sursaut de bon sens, d’en appeler à un QE tout en reconnaissant que cela permettra uniquement de gagner du temps :

« De temps en temps, les banques centrales plongent dans l’univers de l’absurde. Nous venons d’atteindre ce moment en zone euro, lorsque des décisions triviales déclenchent des réactions disproportionnées d’investisseurs et d’analystes pourtant habituellement sains d’esprit.

Baisser les taux de 0,1 %, comme la BCE vient de le faire, n’aura quasi pas d’impact sur l’économie. Les politiques monétaires, comme l’a déclaré Milton Friedman, donnent des résultats à retardement. Même pour une baisse plus importante de taux, il faut patienter quelque temps avant que les effets sur l’économie soient visibles. La petite baisse annoncée n’aura donc aucun impact avant la fin de l’année. Il s’agit d’un effet de manche.

La BCE a pourtant annoncé une décision importante ce jeudi, mais elle est insuffisante. Vu la situation, la seule option pour obtenir des résultats immédiats serait de démarrer un assouplissement quantitatif massif, soit de recourir à la création monétaire. La BCE a confirmé qu’elle allait acheter des obligations adossées à des crédits hypothécaires à partir d’octobre, ce qui a excité de nombreux marchés.

Mais il est inutile de rappeler que les QE et politiques monétaires similaires comportent leur lot de danger, quelque chose dont la zone euro n’a vraiment pas besoin. Mais certains pays souffrent d’un manque de liquidités, sans parler de l’étranglement du système bancaire européen, causé en partie par la volonté d’ignorer ses problèmes sans les régler, mais aussi par l’adoption totale des normes de Bâle III.

La construction de la zone euro est profondément défectueuse, il s’agit d’un édifice voué, à terme, à l’échec et avec des conséquences désastreuses. Mais à court terme, injecter des liquidités serait utile, si les Allemands le permettent, afin d’éviter la Grande Dépression des années 30. (…) »