Même Willem Buiter se met à aimer (modérément) l’or !

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Willem Buiter

Vous vous souvenez peut-être des déclarations fracassantes de Willem Buiter, qui est au camp des anti-or ce que Bo Polny est aux gold bugs. En 2014, il avait notamment déclaré que l’or est dans un état de « bulle depuis 6000 ans ». Aujourd’hui, l’analyste de Citigroup se montre moins catégorique. C’est ce qu’il en ressort de son interview avec l’Epoch Times du 17 juillet 2016 :

« Du côté de ceux qui aiment l’or, l’économiste en chef de Citigroup Willem Buiter est connu pour être l’homme qui pense que « l’or est une bulle de 6000 ans ».

Cependant, dans une interview récente accordée à l’Epoch Times, il a présenté une position bien plus nuancée en affirmant qu’il serait même prêt à posséder de l’or dans le cadre d’un portefeuille diversifié de devises.

« L’or est en concurrence avec les autres devises papier comme le dollar, yen, l’euro. Si ces devises offrent maintenant un rendement négatif ou présentent un tel risque comme en Grande-Bretagne ou aux États-Unis, alors la devise dont le taux est le moins négatif est la plus attractive. »

Il maintient toutefois que l’or est une matière première fiduciaire (sic, Mr Buiter ignore probablement que la production d’une once d’or coûte plus de 1000 $ l’once) dont la valeur intrinsèque est limitée car il est dépourvu de nombreuses utilisations industrielles et ne possède de la valeur que parce que les gens lui en attribuent une. Mais il admet que cela est également le cas pour toutes les devises papier et les bitcoins, ainsi que l’or possède un avantage en ce moment.

« Je ne reviendrai jamais sur le fait que l’or est une bulle de 6000 ans. Mais l’or, en temps d’incertitudes et surtout dans une période durant laquelle à celles-ci s’ajoutent les taux négatifs, semble avoir de belles perspectives, » a-t-il déclaré.

Sa définition d’une bulle est également intéressante. De nouveau, il inclut dans cette catégorie toutes les monnaies papier.

« La valeur fondamentale d’un bien intrinsèquement sans valeur est de zéro. Pour toute devise papier dont la valeur est positive, il s’agit d’une bulle. Il y a de bonnes bulles lorsqu’elles sont stables. Il y a de mauvaises bulles lorsqu’elles explosent ou s’effondrent. »

Il affirme également qu’il y a de bonnes raisons pour détenir des devises papier ou de l’or, notamment à des fins transactionnelles.

« Une bulle n’est pas un problème. L’argent papier avec sa valeur positive est une bulle très bénéfique. Il est bien entendu beaucoup plus efficace de produire de l’argent papier à faible coût s’il peut être bien géré, plutôt que la méthode coûteuse consistant à extraire et à stocker de l’or. Les bulles sont l’essence des économies basées sur l’argent papier. » (…)

Nous vous laissons le soin de philosopher sur les grands écarts sémantiques de Willem Buiter concernant les « bonnes bulles et les mauvaises bulles » (des considérations qui nous font furieusement penser au sketch des Inconnus sur les bons et les mauvais chasseurs…). Il n’empêche que le voir admettre la supériorité de l’or sur la plupart des devises papier est assez jouissif, même si cette conclusion s’impose si la raison l’emporte.