La messe est dite pour Espirito Santo, en faillite

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Cela fait quelques semaines qu’Espirito Santo est dans le purgatoire, après que les holdings de la banque soient tombés les uns après les autres. Le jour du Jugement Dernier est désormais arrivé : la banque est officiellement au tapis et va être nationalisée par le Portugal. Un événement bien loin du discours des autorités européennes, qui avaient déclaré la crise bancaire terminée. Article de Bloomberg :

 

« La banque centrale du Portugal a pris le contrôle de Banco Espirito Santo SA, l’une des plus grosses banques du Portugal au niveau de sa capitalisation boursière en injectant 4,9 milliards, certains possesseurs d’obligation de la banque allant devoir essuyer des pertes.

Le fonds de résolution de la banque centrale du Portugal va désormais transférer les dépôts et la plupart des actifs de la société dans une nouvelle banque, Novo Banco, qui lui appartiendra. Les fonds injectés représentent un crédit qui sera remboursé par l’éventuelle revente de Novo Banco. »

Les actionnaires et certains détenteurs d’obligations risquent d’être dans de sales draps, à savoir de perdre tout pour les premiers, et une grosse partie de leurs investissements pour les seconds. Le ministre des Finances portugais a expliqué que les actionnaires et les détenteurs d’obligations, ainsi que la direction de la banque, devront endosser la responsabilité des pertes, et non les contribuables.

Après avoir découvert de grosses pertes potentielles sur des prêts alloués à d’autres sociétés dans le giron de la famille Espirito Santo, la banque centrale du Portugal a cherché des investisseurs privés pour injecter les liquidités nécessaires, l’argent public devant être une solution de dernier recours.

La semaine dernière, l’action Espirito Santo s’est écroulée de 73 % à Lisbonne, avant que la cotation du titre soit suspendue vendredi, annonçant l’épilogue de la saga bancaire de l’été qui avait démarré en mai.

Conclusion : depuis 2008, le système bancaire est en sursis. Après les énormes opérations de renflouement public qui ont évité la chute systémique du système financier, celui-ci reste plus que jamais fragile. D’autres suivront, tôt ou tard. Seule chose positive, les dépôts semblent être préservés de cette opération de sauvetage. Mais lorsque les dominos tomberont, cette solution ne sera plus possible, d’où l’importance de garder une partie de ses avoirs en dehors du système bancaire.

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