« Ne riez pas, l’argent pourrait dépasser les 100 dollars » :...

« Ne riez pas, l’argent pourrait dépasser les 100 dollars » : Keith Neumeyer

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argent 1 once Philarmonique

Keith Neumeyer croit « dur comme fer » en l’argent métal. Le CEO de First Majestic avait défrayé la chronique l’année dernière lorsqu’il avait proposé de ne plus livrer de métal pendant 30 jours afin de protester contre les manipulations du cours de l’argent. Dans son interview accordée à Mike Gleason (source), il explique pourquoi le cours de l’argent pourrait bien atteindre les 3 chiffres lorsque Gleason l’interroge sur les raisons de son optimisme pour « l’or du pauvre » :

« Je pense que la raison est très simple. En fait, l’argent est beaucoup plus rare que les gens le pensent. Nous avons ce chiffre ancien qui fut produit par Sir Isaac Newton lorsque le roi Édouard créa la livre sterling. Ce chiffre, 16, le ratio or/argent, a été défini dès le 16e siècle.

La question est de savoir exactement combien il y a d’onces d’argent et d’or dans la croûte terrestre. Pour Isaac Newton, il y a 16 onces d’argent pour une once d’or. Il s’agit de son estimation. Depuis, ce chiffre fait office de vérité.

Pourtant, fait intéressant, le ratio d’extraction est de 10 pour 1. Pour chaque 10 onces d’argent qui sont produites, une once d’or sort de terre. L’argent est beaucoup plus rare que nous le pensions il y a 500 ans alors que la consommation augmente chaque année qui passe. Si on regarde la quantité de métal disponible en surface, dans les années 80 nous avions 5 milliards d’onces en lingots de 1000 onces disponibles. Aujourd’hui, cet argent disponible ne représente plus qu’un milliard d’onces.

Durant les 30 dernières années, nous avons donc consommé 4 milliards d’onces qui sont parties en fumée. Il ne revient pas dans le circuit via le recyclage. Il se trouve au fond des océans, dans les décharges, dans des endroits où on n’ira jamais le chercher. À la vitesse où la consommation d’argent augmente, et même si la production devait se stabiliser, ce qui est très loin d’être acquis… Mais admettons même que la production ne baisse pas, le déficit d’argent est d’environ 800 millions d’onces. Cette consommation engloutira toutes les réserves disponibles à la surface.

Pourtant, l’or et l’argent s’échangent aujourd’hui à un ratio de 80/1. Alors que la production réelle affiche un ratio de 10/1 et que nous connaissons un déficit. Combien de temps cette relation peut-elle perdurer ? Nous assisterons à une compression radicale qui, à mon avis, propulsera le cours de l’argent, et je l’ai déjà dit des centaines de fois, vers un montant à 3 chiffres. Je sais qu’une telle déclaration, alors que l’argent est à 14 ou 15 $ l’once, semble stupide et que je vais bien faire rire de nombreuses personnes. C’est néanmoins mon scénario. C’est pourquoi j’ai créé une entreprise de production d’argent il y a 13 ans : c’est ce que j’anticipe et nous verrons si j’ai eu tort ou raison, mais je pense que j’aurai raison. (…)

Et les industriels, se rendent-ils compte de cette pénurie ? Pourraient-ils « faire des provisions » ?

« Je pense que l’autosatisfaction règne parmi les industriels. Les Sony, Toyota, Intel, Tesla et compagnie, qui sont de gros consommateurs d’argent, pensent que le métal est disponible en abondance. Je doute que ces sociétés suivent de près ce dossier. Seuls quelques investisseurs futés comprennent ce qui se passe. (…)

Il sera donc très intéressant de voir, l’année prochaine ou un peu plus tard lorsque la pénurie se fera senti, les fabricants d’électronique et d’autres produits ne simplement plus parvenir à se procurer de l’argent. Ce n’est qu’à ce moment-là que la panique les gagnera et qu’ils payeront n’importe quel prix pour se procurer ce métal. N’oubliez pas que ces produits utilisent à l’unité très peu d’argent. Si vous produisez des iPhones ou des BlackBerry, vous vous moquez du cours de l’argent. Même si le métal devrait atteindre les 100 $ l’once, cela ne change pas beaucoup le coût de production d’un iPad. Il s’agira de quelques dollars, facilement répercutables sur le prix du produit. Donc je pense qu’en définitive, les utilisateurs industriels ne verront rien venir et payeront le prix à payer tandis que les investisseurs sophistiqués qui auront anticipé empocheront de plantureux bénéfices. »