Or : backwardation par Andrew Maguire

Or : backwardation par Andrew Maguire

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Backwardation-Or-Andrew-MaguireCette semaine, j’ai reçu quelques bonnes questions à propos de la backwardation de l’or, qu’il convient de clarifier alors que certains blogueurs affirment qu’il n’y a pas de backwardation. C’est le cas, entre autres, de Trader Dan, un blogueur que je ne connais pas, mais qui est un bon technicien et probablement un très bon trader aussi. Cette réponse n’a pas pour objectif de l’attaquer personnellement, ni toute autre personne. Je souhaite juste clarifier l’un des signaux qui témoignent de l’une des pénuries d’or les plus importantes de l’histoire.

En bref, il compare des pommes avec des poires. En isolant le marché cash réel de l’or et en le comparant aux contrats futures du COMEX sur plusieurs années, je suis d’accord pour dire qu’il s’agit d’un contango. Mais il s’agit d’un phénomène purement centré sur les États-Unis, sur le COMEX. Cela n’a rien à voir avec la divergence entre le marché des futures et le prix des lingots achetés immédiatement en cash, au prix déterminé par le fixing quotidien de Londres.

Je ne compare pas des prix entre différentes régions du monde, où les primes vont de 6 à 100 $. Je prends en compte le prix de l’or pour livraison immédiate avec paiement en cash qui est déterminé 2 fois par jour sur la plus grande place d’échange de l’or, Londres. Lorsque je compare ce marché immédiat avec celui des futures, un marché dans lequel on prend rarement livraison, au niveau des volumes le marché de Londres éclipse l’activité physique du COMEX. C’est à ce niveau que la comparaison porte sur des pommes et des poires. Le LPMCL génère des transactions quotidiennes pour 700 t d’or et environ 5000 t d’argent. Seulement une petite partie de ces transactions débouche sur une allocation physique. Quoi qu’il en soit, le prix auquel je peux acheter pour recevoir immédiatement du physique de fois par jour est supérieur au prix des contrats future. C’est ce que j’appelle, en termes simples, la backwardation du monde réel. À combien je peux acheter de l’or pour livraison immédiate contre du cash, en comparaison avec les futures.

Backwardation de l’or : l’or ne peut être comparé avec les autres « matières premières » (Maguire)

De plus, on ne peut pas comparer l’or avec les autres matières premières, comme le pétrole. Car elles ne s’échangent pas sur le marché des devises. Le cours de l’or n’est pas influencé par la météo, par la saison, etc. Contrairement aux autres matières premières, l’or n’est pas disponible en grande quantité. Il ne suffit pas de creuser pour en produire en fonction de la demande.

Évidemment, il est possible d’assister à un phénomène de backwardation pour l’or et l’argent alors que l’on approche à la date d’exécution du contrat future. Mais lorsque cela arrive longtemps à l’avance, comme c’est le cas durant ces derniers mois, et pire encore, lorsque le phénomène s’étend sur 3 mois successifs, aucun argument ne peut être présenté pour affirmer que cette situation est normale. C’est simplement la preuve d’un manque de confiance flagrant pour l’or papier, surtout lorsque cette condition garantie de façon technique au profit d’arbitrage en vendant simplement son or physique immédiatement au cours du fix, et attendre simplement la livraison de son contrat future pour récupérer sa mise de départ.

Lorsqu’on considère que le plus vaste marché de l’or, le plus liquide, et en backwardation depuis longtemps, et que peu de gens sont intéressés par ce profit en théorie automatique… Cela signifie qu’il y a un gros problème. Cela signifie que les gens qui achètent du papier savent très bien qu’il ne pourrait pas voir la couleur de leur or physique.

Source : interview d’Andrew Maguire sur TfMetalsReports