Or : l’investissement au plus gros potentiel de 2017, selon Henry To

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À cette époque de l’année, plus ou moins, j’ai signé en 2015 un article intitulé « Les 3 actions au plus gros potentiel de 2016 ». Il expliquait pourquoi 3 sociétés malmenées par les marchés allaient surperformer l’indice S&P 500 dans les 12 mois à venir. Ces actions étaient Coach, Urban Outfitters et Stillwater Mining. Ces titres ont respectivement grimpé de 21, 42 et 99 % jusqu’à présent.

Chaque jour, j’essaie de trouver ces sociétés malaimées susceptibles de surperformer dans les 12 mois à venir. (…) Alors que les actions américaines sont désormais à leur plus haut depuis la bulle Internet, je pense que le S&P 500 va stagner l’année prochaine, voire même baisser. Je ne suis donc pas très chaud sur les actions américaines.

Au lieu de choisir un titre, mon candidat pour l’investissement au plus gros potentiel en 2017 est l’or. Sur base de l’ETF GLD, on peut voir que l’or est en hausse de 7 % cette année. Pourtant, le métal jaune a baissé à un rythme annualisé de 3 % et 7 % respectivement durant les 3 et 5 dernières années. Après avoir connu un marché baissier suite à son plus haut de 1900 $ environ en septembre 2011, je pense que l’or a atteint son plus bas en décembre 2015 à 1050 dollars. Il est aujourd’hui dans une tendance haussière ; voilà pourquoi j’aime l’or à son prix actuel de 1150 dollars :

1. Les politiques inflationnistes américaines et chinoises généreront des flux spéculatifs vers l’or

On estime que les baisses d’impôt du président élu Donald Trump creuseront la dette fédérale de 7,2 trillions de dollars durant la décennie à venir, et jusqu’à 20,9 trillions de dollars d’ici 2036. Tout cela en plus des 19 trillions déjà existants. Même en l’absence de telles dépenses additionnelles (depuis l’ère moderne, le Congrès n’est jamais parvenu à mettre en place des baisses d’impôt sans diminution des rentrées fiscales), on s’attend à ce que la dette fédérale américaine augmente de 77 % du PIB fin 2016 à 86 % d’ici la fin de la décennie, pour un montant d’environ 23 trillions, rien que sur base des dépenses sociales comme la sécurité sociale et Medicare/Medicaid. Des dépenses fiscales plus élevées dans le cadre d’un marché du travail tendu et des salaires en hausse mènent toujours à une inflation plus élevée.

De même, les politiques fiscales accommodantes et la hausse du marché immobilier ont débouché sur une augmentation du crédit en Chine. La hausse récente de l’immobilier a démarré en avril 2015 alors que les actions chinoises commençaient à descendre de leur plus haut. Aujourd’hui, on assiste au même phénomène sur le marché de l’immobilier alors que les régulateurs mettent en place des politiques macroprudentielles afin de dégonfler la bulle. Les spéculateurs chinois se tournent désormais vers le marché des matières premières afin de s’assurer contre la dépréciation de leurs actifs libellés en yuan. Durant les 3 derniers mois, le zinc et le cuivre, par exemple, ont grimpé respectivement de 20 et 25 %, dopés par les achats chinois. Enfin, les volumes des contrats à terme or en Chine ont augmenté d’environ 25 % par rapport au CME, ce qui suggère que la capacité d’influer sur le prix de l’or est de plus en plus dans les mains des traders et hedge funds chinois.

2. La demande de bijoux en or en Chine et en Inde se redressera en 2017

D’après le World Gold Council, la demande mondiale de bijoux en or, qui équivaut à la moitié de la demande mondiale d’or annuelle, a baissé de 21 % durant le 3e trimestre par rapport à l’année dernière. Cette baisse a été alimentée par un déclin sans précédent de la demande de bijoux sur ses 2 plus grands marchés mondiaux, la Chine et l’Inde (qui totalisent 60 % de la demande mondiale à elles deux). Dans ces 2 pays, la baisse est respectivement de 27 et de 41 %. La demande de bijoux devrait atteindre cette année un plus bas de 7 ans en Chine, de 13 ans en Inde.

Cette faiblesse des marchés de la joaillerie en Chine et en Inde est due à une confluence de facteurs qui ne se répéteront pas en 2017. Ces facteurs incluent :

  1. Perte de confiance du consommateur chinois ;
  2. Restrictions des importations d’or en Chine pour limiter les fuites de capitaux ;
  3. Augmentation des droits de douane sur l’or plus tôt cette année en Inde ;
  4. Crise monétaire en Inde où le gouvernement a démonétisé de grosses coupures.

Avec la récente correction du prix de l’or, je m’attends à ce que les consommateurs chinois et indiens augmentent leurs achats de bijoux en 2017. Un marchand important de Hong Kong, Wo Shing Goldsmith, a déjà rapporté une augmentation de 20 à 25 % de ses ventes de bijoux en or durant le mois dernier.

3. Les flux spéculatifs entrants du GLD ont capitulé, ce qui suggère qu’il s’agit d’un bon point d’entrée

Dans le mois du Brexit, et dans celui qui a suivi, les stocks d’or du GLD ont augmenté de 3,7 millions d’onces, soit de 13 %, pour atteindre un total de 31,6 millions d’onces alors que les petits investisseurs se ruaient sur le métal jaune sur fond de craintes de dislocation potentielle de l’Union européenne. Depuis, les stocks d’or de l’ETF ont baissé de 4,1 millions d’onces pour un total de 27,5 millions d’onces (plus bas de 7 mois). Cela signifie que la plupart des investissements liés au Brexit ont capitulé et sont sortis de l’or. D’un point de vue contrarien et de trader, le cours actuel de 1150 dollars est donc un bon point d’entrée.

Article de Henry To, CIO et partenaire de CB Capital Partners, publié le 16 décembre 2017 sur MarketWatch.com.

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