Or : le déficit de production par rapport à la demande va se creuser

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Traduction de l’article de Lawrence Williams de Mineweb, paru le 25 novembre 2014 sur le déficit entre l’offre fournie par la production d’or physique et la demande :

« Dans un article précédent, nous avons déjà démontré que la demande chinoise et indienne, d’environ 3100 tonnes, correspond déjà à la production mondiale d’or d’après les chiffres du World Gold Council.

Ces chiffres de la demande chinoise et indienne sont probablement sous-estimés, car il est difficile d’évaluer les transactions réalisées via l’or de contrebande en Inde, faites afin de ne pas payer les 10 % de droits de douane tout en profitant des primes élevées du marché indien. Les chiffres chinois sont également sous-évalués, car ils ne concernent que la Chine elle-même, sans inclure Hong Kong. Vu que cette dernière fait techniquement partie de la Chine, on peut ajouter à ces chiffres 40 à 50 tonnes.

Par contre, nous nous n’étions pas attardés sur les niveaux réels de la demande d’or ailleurs dans le monde. Pour ce faire, nous allons reprendre les chiffres du World Gold Council en détail. Les chiffres du WGC peuvent être incomplets, comme nous venons de le démontrer avec la Chine, mais ce sont les meilleurs dont on dispose en ce qui concerne le reste du monde. Le WGC évalue à 1566 tonnes la demande d’or en dehors de la Chine et de l’Inde.

C’est ainsi que de septembre 2013 à septembre 2014, l’Asie, sans compter la Chine et l’Inde, aurait consommé 280 tonnes, le Moyen-Orient 218,6 tonnes, la Turquie 121,9 tonnes la Russie 73,8 tonnes, les États-Unis 174,3 tonnes, l’Europe sans les membres du Commonwealth 272,1 tonnes, et le reste 425,3 tonnes, pour un total de 1566 tonnes.

Le rapport du WGC estime la production minière durant cette même période à 1143,5 tonnes, soit un chiffre bien inférieur à la demande. Sans même prendre en compte l’Inde et la Chine, dont la demande équivaut plus ou moins à la production minière mondiale annuelle, cela signifie que cette année, il aura manqué 420 tonnes à la production pour assurer la demande.

En ce qui concerne l’avenir, la production minière se stabilisera au mieux, ou baissera, en raison des réductions de capitaux des sociétés, ainsi que de l’appauvrissement des gisements, en termes quantitatifs et qualitatifs. L’or de récupération restera au plus bas, les ventes d’or des ETF devront diminuer fortement. Tous ces facteurs devraient empêcher l’or de baisser fortement (et si cela devait arriver, cela déclencherait une nouvelle vague d’achats d’or physique). La demande, quant à elle, ne devrait pas beaucoup évoluer – mais elle pourrait grimper si le cours devait rester à des niveaux attractifs, comme ce fut le cas ces dernières semaines, la baisse marquée ayant débouché sur des achats massifs en Inde et en Chine.

Tous ces éléments suggèrent qu’un déficit de plus de 500 tonnes d’or devra être comblé en 2015, voire même plus dans les années suivantes, la production étant bien partie pour tomber à moyen terme.

Les mouvements récents de l’or ont démontré que les fondamentaux de la loi de l’offre et de la demande ont très peu d’effets sur le marché. Alors que toute baisse du cours est accompagnée d’achats massifs de métal physique, ces achats n’ont pas permis dans l’immédiat de renverser la tendance. Ce sont les traders sur les marchés des futures de l’or qui donnent le la. Mais cet état de fait ne pourra pas perdurer. Les fondamentaux, qui ne cessent de s’améliorer pour l’or, finiront pas remettre l’église au milieu du village. Les perspectives à long terme pour l’or sont donc très bonnes. À moyen terme, nous devrions assister à un redressement. Par contre, à court terme, il ne faudra pas s’attendre à des miracles, l’or papier continuant de dicter sa loi… Jusqu’au jour où. »

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