Or : pénurie en vue alors que la moitié de la production...

Or : pénurie en vue alors que la moitié de la production n’est pas profitable

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pièces d'or et d'argent

Article d’ActivistPost.com, publié le 29 novembre 2015 :

« Toute personne qui examine les marchés des métaux précieux réalise qu’ils sont scindés en deux, ces deux marchés étant animés par un profil différent d’acteurs. Il y a ceux qui pensent que les actions sont un excellent véhicule d’investissements et ceux qui pensent que l’on ne peut pas faire confiance à notre système financier.

Tout va bien pour les investisseurs qui achètent des actions, leur portefeuille ne comporte pas donc de valeurs refuges. Simultanément, ceux qui ne font pas confiance au système investissent leur argent dans de l’or physique dès qu’ils peuvent.

Malheureusement pour les sociétés minières qui produisent de l’or, le cours du métal jaune est dicté par le premier groupe. L’or papier définit le prix de l’or physique même si la quantité de métal qui garantit la valeur de l’or papier ne cesse de baisser. Nous approchons du moment fatidique de la scission entre le marché papier le marché physique qui évoluent dans des directions opposées alors que les investisseurs se débarrassent de leurs actifs papier, le cours de l’or ne cesse de baisser. Les partisans du métal jaune, de leur côté, en profitent en achetant de l’or à des prix artificiellement bas.

Le secteur minier en difficulté hypothèque la production future pour survivre

Résultat des courses : le secteur minier de l’or est en difficulté. Ces bas prix, dans un contexte de demande d’or physique en hausse, créent les conditions parfaites pour une chute de l’offre dans un futur proche (source) :

« La moitié de l’or extrait par les mines est produit à perte au cours actuel, un contexte qui met en exergue l’importance de baisser les coûts et de consolider le secteur d’après l’un des meilleurs producteurs du métal de la dernière décennie. 

Plus nous produisons à perte de l’or, plus nous mettons la pression sur le cours a déclaré Mark Bristow CEO de RandGold. « À moyen terme, il s’agit d’un développement très positif pour le secteur de l’or. La question est de savoir pendant combien de temps nous devrons vendre à perte. (…)

Les mines ont compensé la chute du cours en raccourcissant la durée de vie des mines en se focalisant uniquement sur les filons les plus riches, une pratique connue sous le terme de « high grading ». Elle restreint cependant les perspectives de production future et devrait mener à des prix plus élevés, d’après Bristow. À l’occasion d’une présentation donnée devant un parterre de banquiers à Toronto, il a dévoilé que la durée de vie des mines du secteur avait baissé d’environ cinq ans à force d’exploiter les filons les plus rentables, quitte à mettre en péril la production future. »

Les acheteurs d’actions raisonnent dans leur petite bulle. Ils estiment que le dollar fort a réduit l’attrait de l’or en tant que véhicule de conservation de la richesse mais ce n’est pas du tout le cas. La demande américaine pour les pièces d’or a doublé durant le 3e trimestre de cette année malgré le fait que l’or ait atteint son plus bas des cinq dernières années. (…)

Ce petit jeu se poursuivra jusqu’à ce que les mines soient étranglées alors que la moitié de la production actuelle n’est pas rentable, les fusions et les faillites finiront pas s’enchaîner. Lorsque la baisse de production adviendra, la demande quant à elle n’aura pas tellement changé. Un grand bouleversement se prépare sur les marchés des métaux précieux et ceux parmi nous qui possèdent de l’or physique seront les gagnants. »