Pas de poursuites contre HSBC de crainte « d’un désastre financier »

Pas de poursuites contre HSBC de crainte « d’un désastre financier »

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HSBC

TBTF, too big to fail, « trop gros pour pouvoir faire faillite » : ces termes sont désormais bien connus. Ils viennent de prendre une nouvelle dimension alors qu’on découvre que le régulateur américain a préféré ne pas poursuivre  HSBC pour blanchiment d’argent en 2012 « de peur d’engendrer un désastre financier mondial ».

En plus de mettre en exergue que la loi ne concerne que les petits quidams, les banquiers et les politiciens du rang de Hillary Clinton ou de Tony Blair pouvant agir comme bon leur semble sans jamais faire face aux conséquences, cette nouvelle rapportée par la BBC prouve à l’envi que le système financier est bien moins robuste qu’on nous le dit, et que le blanchiment d’argent n’est qu’un prétexte à l’élimination de l’argent liquide, vu que ces opérations frauduleuses ont lieu en toute impunité via l’infrastructure électronique des banques :

« Les officiels américains ont refusé de poursuivre HSBC en 2012, le Département américain de la Justice craignant de provoquer un « désastre financier mondial ».

Un rapport du Congrès américain révèle également que des officiels britanniques, dont le chancelier de l’échiquier Georges Osborne, ont également fait pression en affirmant aux États-Unis que cela pourrait engendrer des remous sur les marchés. (…) HSBC était accusé de blanchiment d’argent pour des cartels de la drogue.

La banque, dont le siège se trouve à Londres, a payé une amende de 1,92 milliard de dollars pour ne pas être poursuivie. Aucun responsable de la banque n’a été inquiété. ( …)

Le département de la justice a poussé pour un accord avec HSBC, que certains politiciens ont critiqué en raison de sa clémence. (…)

L’accord de 2012 avec HSBC montre comment la banque a violé les sanctions américaines contre l’Iran, la Libye, Soudan, la Birmanie et Cuba. Des comptes HSBC ont également été utilisés par le cartel de la drogue mexicain Sinaloa et le cartel colombien Norte del Valle pour blanchir 881 millions de dollars. (…) Si HSBC avait été reconnu coupable, elle aurait pu perdre sa licence bancaire aux États-Unis. HSBC et les régulateurs américains ont refusé de commenter le rapport, ainsi que le trésor britannique. »