Pourquoi des investisseurs d’envergure pensent qu’il est temps d’accumuler de l’or

Pourquoi des investisseurs d’envergure pensent qu’il est temps d’accumuler de l’or

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or physique

« La peur augmente, tout comme le cours de l’or. Le prix de l’or pour un contrat à terme avec échéance en août a atteint les 1272,7 $ l’once, juste en dessous de l’un des seuils de résistance clés de 1275 $. Depuis le début de l’année, le métal jaune a progressé de 20 %. Certains investisseurs de haut vol, comme George Soros et Stanley Druckenmiler, n’ont pas fait de mystère sur le fait que l’horizon des marchés s’assombrit et que l’or est un pari plus sûr.

« En ce qui concerne le facteur géopolitique, c’est tout sauf une atmosphère Chicken Little qui plane, » a déclaré Jim Steele, responsable de l’analyse matières premières chez HSBC. « Je pense que l’économie mondiale fait face à assez d’incertitude, sans parler des tensions géopolitiques, pour alimenter la hausse de l’or. »

Les investisseurs qui estiment devoir inclure l’or à leur portefeuille en tant qu’assurance contre les conséquences des politiques accommodantes des banques centrales et contre d’autres craintes alimentent la popularité du métal. Certains analystes affirment que l’or pourrait facilement dépasser les 1300 $ l’once.

Jeff Gundlach, le CEO de DoubleLine Capital, affirme qu’il est optimisite pour l’or et que son cours pourrait atteindre les 1400 $. Il a été rapporté que Soros achète de l’or et des actions minières tandis que Stanley Druckenmiller a conseillé le mois dernier aux investisseurs de sortir des marchés actions pour acheter du métal jaune en raison de craintes concernant l’économie chinoise et les politiques accommodantes de la Fed.

Les analystes estiment qu’il existe une foule de raisons pour pousser les investisseurs à se tourner vers l’or. L’élection présidentielle américaine, en fin d’année, pourrait l’être l’une d’elles.

« Il y a le Brexit qui nous arrive. Il y a une élection espagnole qui nous arrive dans une semaine et demi, dont l’issue est très confuse. On dirait que c’est la gauche qui va gagner. Il y a le nationalisme qui a le vent en poupe en France. Dans ce pays, il y a aussi des grèves. Les événements s’enchaînent, » a écrit Dennis Gartmann. Parmi les autres inquiétudes qui planent, il y a les tensions avec la Chine en mer de Chine méridionale ainsi que des soucis au Nigéria où des militants ont stoppé la production de pétrole.

L’or a également grimpé en raison du déclin du dollar, un événement qui a soutenu les autres matières premières. Le billet vert s’est affaibli alors que le calendrier de hausses des taux est passé de 4 hausses à 2 cette année. Le métal a également profité des chiffres américains étonnamment bas de l’emploi de mai qui pourraient remettre en question la capacité de la Fed à relever son taux directeur cette année, ne fut-ce qu’une fois.

« Je pense que l’élément-clé de la hausse de l’or, bien plus important que les soucis géopolitiques ou l’abstention de la Fed sur les taux, est le basculement de toute une série d’économies vers les taux négatifs. Ce facteur est très bon pour l’or. Si vous observez à quel moment la hausse du métal jaune a débuté, cela correspond de près avec l’émission d’obligations à taux négatifs, » a déclaré Steel. « Si vous observez le nombre de pays qui ont des taux négatifs, cela représente environ 27 % du PIB mondial. Les taux négatifs sont un cocktail explosif pour l’or car ils éliminent le coût de renonciation de la possession d’or. »

Steel affirme qu’il s’agit d’une hausse stable et non d’une flambée engendrée par l’émotion. « La hausse a été entièrement alimentée par l’investissement, » a-t-il déclaré, en opposition avec les hausses alimentées par la demande physique alors que les acheteurs principaux de ces marchés, la Chine et l’Inde, sont moins actifs en ce moment. (…) »