Pourquoi le calme sur les marchés actions ne devrait pas durer

Pourquoi le calme sur les marchés actions ne devrait pas durer

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Volatilité des marchés actions

Les marchés actions sont très calmes ces derniers temps. Mais alors que nous sommes sur le point d’entrer en 2017, les choses pourraient changer. Voici pourquoi.

Traditionnellement, les marchés sont calmes durant les fêtes de fin d’année. Cette année encore, ils nous ont fait cette faveur. La volatilité des marchés actions, telle que mesurée par le VIX, est passée récemment en dessous de 12, proche de son plus bas de ces dernières années. Nous avons vu ce scénario se répéter durant la dernière décennie, et cela s’est très rarement bien fini.

Nous avons déjà connu cette situation, la plus récente ayant eu lieu l’été dernier. Fin août, j’avais parlé de cette volatilité inhabituellement basse. Quelques jours plus tard, le VIX avait explosé d’environ 70% par rapport à son plus bas du mois d’août. Ce scénario s’est répété aux alentours de l’élection américaine en novembre (voir le graphique en en-tête). Nous pourrions nous diriger vers un scénario similaire en ce début d’année 2017. Voici trois raisons expliquant pourquoi cette volatilité basse ne devrait pas perdurer longtemps en 2017 :

1. Les investisseurs sur les marchés actions sont les seuls à être plongés dans leur torpeur

Alors que le VIX et d’autres indicateurs de la volatilité des marchés actions flirtent avec leur plus bas historique, la volatilité des autres classes d’actifs reste élevée par rapport aux niveaux enregistrés durant l’été. La volatilité des devises, mesurée par le CVIX, est environ plus élevée de 20% par rapport au plus bas de l’automne. La volatilité du marché obligataire américain, mise en exergue par l’indice MOVE, s’est repliée par rapport à son plus haut de novembre, mais elle reste tout de même 30% au-dessus du plus bas d’octobre. Seuls les investisseurs des marchés actions sont convaincus que cette basse volatilité perdurera à court terme.

2. Le risque politique est élevé mais ignoré

De nombreux facteurs, des conditions du marché du crédit aux attentes concernant l’économie, influencent la volatilité. Tous ces facteurs ne concernent pas les marchés. Historiquement, la volatilité des marchés actions est corrélée à des incertitudes liées au contexte politique général. En utilisant l’indice de l’incertitude politique en tant que substitut, depuis le milieu des années 90 l’incertitude politique fut à la base d’environ 25% des variations du VIX. Si les élections américaines sont enfin terminées, des doutes significatifs planent sur les politiques qui seront adoptées. Le timing ainsi que les aspects concrets de la réforme fiscale sur l’impôt des entreprises et des personnes, la dérégulation et les politiques commerciales, restent des points d’interrogation. Cela devrait augmenter, et non baisser, la volatilité.

3. Le marché perd son filet de sécurité

Même si elle est sujette à des pics épisodiques, la volatilité a été globalement mise en sourdine depuis un certain temps. Cela est en partie dû à des conditions monétaires très bénignes ainsi qu’à une foi naïve dans la capacité des banques centrales à stopper toute hémorragie en cas de liquidation. Malheureusement, les banques centrales approchent très rapidement des limites de leurs politiques monétaires non-conventionnelles. Si les politiques du Japon et de l’Europe devaient rester ultra-accommodantes, la FED a repris son cycle de serrage de vis monétaire, une tendance qui devrait s’accélérer cette année. En plus de ces conditions financières plus tendues, le dollar a grimpé d’environ 10% par rapport à son plus bas du mois d’août.

À court terme, la tendance actuelle et la saisonnalité positive seront probablement suffisantes pour porter le marché. Mais alors que le calendrier tourne, les choses pourraient changer. Le marché anticipe beaucoup de choses pour 2017 : accélération de la croissance, un secteur financier plus sûr et une éventuelle réforme de la fiscalité des entreprises (aux États-Unis). La suffisance, cependant, ne fait pas partie de la liste.

Article de Russ Koesterich, publié le 30 décembre 2016 sur le blog de BlackRock