Pourquoi le pari de la déflation est risqué

Pourquoi le pari de la déflation est risqué

deflation ou inflation

Article de Clint Siegner, publié le 4 janvier 2016 sur SafeHaven.com :

« En ce début d’année 2016, les investisseurs des métaux précieux s’inquiètent de voir le dollar poursuivre sa marche en avant et ainsi pénaliser l’or et l’argent. La Fed suggère qu’elle relèvera ses taux au cours de l’année tandis que les matières premières, le pétrole en tête, continuent de chuter. Les plus grands bénéficiaires des largesses de la Fed, les marchés actions et l’immobilier américains, vacillent. L’éventualité d’une récession grandit aussi bien aux États-Unis qu’à travers le monde.

Des tas de raisons pourraient mener à une baisse des chiffres officiels de l’inflation et à un dollar encore plus fort en 2016 mais ne pensez pas une seule seconde que les prix à la consommation ou le coût de la vie vont baisser. Cela n’a jamais été le cas, cela n’a pas lieu en ce moment et cela n’arrivera jamais de façon prolongée grâce à la création de la Fed en 1913. C’est la raison pour laquelle les déflationnistes ont tort. (…)

Le scénario pessimiste pour les métaux précieux se base sur un raisonnement simple : si l’or et l’argent sont des matières premières, ils suivront la tendance générale. Si nous devions assister à une crise de la liquidité similaire à celle de 2008, quasi tout sera vendu alors que les investisseurs ont besoin de cash pour leurs appels de marge ou fuient le dollar en tant que valeur refuge. (…)

Aujourd’hui, la situation est différente qu’en 2008

Le scénario pessimiste part du principe que l’histoire et en particulier celle de 2008 se répétera. Ou que ceux qui poussent les métaux précieux à la baisse pourront continuer de le faire. Ou les deux peut-être, mais se fier à ces suppositions pourrait être une grossière erreur.

Tout d’abord, le dollar est déjà à un niveau record alors que les matières premières et les métaux précieux ont déjà été massacrés. Cette situation est totalement à l’opposé de celle de l’été 2008 et même si les actions et les matières premières ont été malmenées en 2008, l’or a terminé l’année sur une progression modeste grâce à son statut de valeur refuge contre la menace d’un effondrement économique.

Les bas cours de l’or et de l’argent ont déjà produit des déséquilibres entre l’offre et la demande de métal physique. La pénurie de l’offre en 2016 devrait exacerber les problèmes de stocks rencontrés au COMEX et dans d’autres bourses d’échange. Les stocks d’or fondent comme neige au soleil alors que les investisseurs sentent la bonne affaire surtout en Asie où ils prennent livraison. Les inventaires d’argent ne sont pas dans une meilleure situation. (…) Avec des prix en dessous des coûts de production, la production des mines devrait baisser significativement cette année.

Si les marchés des métaux précieux anticipent comme ils sont censés le faire, ils devraient se préparer à une réponse de la Fed au dollar fort ainsi qu’au malaise économique. En 2008, les investisseurs ignoraient combien de temps la Fed était prête à intervenir. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. La Fed noiera la déflation en créant de la nouvelle inflation.

Les marchés dépendent totalement des stimuli de la Fed. Les investisseurs s’attendent à une intervention encore plus massive lorsque le besoin s’en fera sentir. Soit tout ce qui sera nécessaire pour empêcher le grand nettoyage des forces correctrices pour assainir l’économie. (…)

Les investisseurs des métaux précieux devraient se réjouir du fait que l’or et l’argent ont montré une certaine résilience récemment, malgré les forces déflationnistes. L’année dernière : les deux métaux précieux se sont mieux comportés que le pétrole et la plupart des autres matières premières. Oui, les cours ont baissé d’environ 11 % mais cette chute s’est élevée à 36 % pour le pétrole et à 22 % pour le cuivre. (…)

En bref : ne pariez pas sur une déflation significative. La Fed ne le permettra pas vu qu’elle peut créer des dollars d’un simple claquement de doigts. Jusqu’à ce qu’elle mette le système au tapis. »